GODZILLA (2014)

Etats-Unis, Japon – 2014
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Fantastique, Catastrophe
Réalisateur : Gareth Edwards
Acteurs : Ken Watanabe, Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Elizabeth Olsen, Sally Hawkins, Juliette Binoche…
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 123 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos True HD Anglais, DTS HD Master Audio 7.1 français, italien, allemand…
Sous-titres : Français, allemand, italien, coréen…
Editeur : Warner Bros. Entertainment France
Date de sortie : 26 mai 2021
LE PITCH
En 1999, la centrale nucléaire de Janjira fut mystérieusement détruite, entraînant de nombreuses pertes dont l’épouse et collègue du superviseur Joe Brody. Des années plus tard, Brody fait équipe avec son fils, officier de la Navy, sur les lieux mêmes de la catastrophe, afin de découvrir la vérité sur cet accident. Ils sont alors témoins du réveil de terribles menaces contre l’Humanité, menaces que seul la non moins terrible créature Godzilla pourrait contrer…
Monster
Sept ans avant Godzilla Vs Kong, l’évènement monstre était tout simplement Godzilla, tentative risquée de recréer le mythe du monstre japonais dans le cadre du blockbuster américain. Et avec ces quelques années de distance, la nature unique du film s’affirme plus que jamais.
Depuis 1954 et l’apparition du premier chef d’œuvre d’Ishirô Honda, le cinéma américain a toujours montrée une grande fascination pour la licence du lézard atomique… Sans jamais vraiment savoir qu’en faire comme l’on montré les différentes occidentalisations et remontages des classiques nippons (dont un King of the Monsters caviardé de Raymond Burr), mais aussi le catastrophique remake de 1998 signé Roland Emmerich. Une identité culturelle unique, liée à la fois au traumatisme nucléaire et à l’imagerie fondamentalement naïve des yokai traditionnels, qui font de Godzilla une créature particulièrement compliquée à capturer pour un cinéma toujours à la recherche d’un spectaculaire pour le spectaculaire, portée par une suspension d‘incrédulité beaucoup moins souple et, disons-le, un besoin d’héroïsme clair et, mieux encore, patriotique. Premier projet estampillé MonsterVerse, sans que cela soit encore totalement envahissant, le film de 2014 n’échappe pas totalement à cette occidentalisation obligée, le scénariste Max Borenstein (tiré par le haut par les modifications de Frank Darabont) mettant inévitablement en avant un jeune soldat de l’armée américaine, porté autant par le mystère de la mort de sa mère au japon, que son devoir envers sa nation et sa famille. Pas franchement aidé par le charisme fade d’Aaron Taylor-Johnson, le héros du film, qui se retrouve propulsé systématiquement au cœur de chaque action, est le point faible du métrage, artefact d’un projet binaire et popcorn qui refera surface dans les films suivants.
ゴジラ
Aujourd’hui largement loué pour son exceptionnellement intense Rogue One, le réalisateur Gareth Edwards a déjà signé Monsters lorsqu’il se retrouve attaché au nouveau Godzilla. Rien d’étonnant tant le premier était déjà un vibrant hommage aux vrais kaiju eiga, en retrouvant leur concordance des échelles et leur jeu des perspectives qui replaçait l’humain au ras du sol. Un dispositif qu’il approfondit encore dans Godzilla, et sublime même grâce à une production plus luxueuse (et donc des choix plus forcément dictés par le budget), replaçant constamment l’humanité en bas du cadre, simples témoins, victimes ou grain de sable, devant le déferlement de force de la nature. Les contre-plongées ne sont pas accentuées, elles sont vertigineuses, faisant des terribles MUTO, créatures dévorants la radioactivité, des titans réduisant la civilisation en cendres. Godzilla, lui, se manifeste tel un dieu, un monstre inaccessible, rédempteur et vengeur. Ne se refusant rien, Gareth Edwards verse même dans des choix sacrilèges pour un Blockbuster américain, multipliant les ellipses en plein moments de bravoure, baignant les séquences les plus spectaculaires dans la pénombre la plus opaque, ne laissant apparaître de Godzilla que des parties partielles du corps (pattes, crocs, têtes…) ou en mouvements, éclairées temporairement par des parachutistes en chute libre. La forme complète et glorieuse de cette modernisation réussie (merci Wetta) imaginée pour les 60 ans de la licence, n’apparait à l’écran que lors d’un plan final iconique et jouissif.
Film catastrophe plus que divertissement estival, ce Godzilla réussit même à traiter de la menace nucléaire, et en particulier des déchets, d’une manière pertinente et sans lourdeur moralisante. Autre preuve que Gareth Edwards a véritablement la volonté de s’inscrire dans la grande tradition de la saga de la TOHO… ce qui ne sera plus vraiment d’actualité avec les productions suivantes Kong : Skull Island, Godzilla 2 et Godzilla vs. Kong, balançant chaque dollar à l’écran avec une ostentation crasse.
Image
Film à la photographie particulièrement sombre, Godzilla manquait parfois d’intensité en Bluray, obligeant le spectateur à scruter douloureusement l’écran lors de quelques scènes symptomatiques. Mine de rien le passage à l’UHD offre un véritable gain de ce coté-là tant par l’adjonction de couleurs et lumières boostées par le système HDR, que par une maîtrise des noirs et des matières beaucoup plus pointues. Cela ne veut pas dire que la photographie du film a été dénaturée, mais tout simplement que le dispositif occultant est désormais uniquement volontaire. Légère upscale d’un master source 2K, cette mouture 4K est ainsi marquée par un gain assez subtile, mais néanmoins bien réel avec une colorisation plus chaude, un relief plus naturel et une définition admirable.
Son
Aucune retenue avec le Dolby Atmos True HD de la version originale, qui retrouve alors toute la puissance déployée en salle. Précis, fluide et limpide à chaque instant, il se montre surtout particulièrement tendu dans ses dynamiques, écrasantes, ses sensations d’enveloppement, parfois étouffantes, et le retentissement de ses basses. Placé au cœur du chaos, assailli de toutes part, le spectateur en sort rincé.
Interactivité
Pas de nouveaux suppléments sur le disque UHD, mais l’édition reprend naturellement le Bluray de 2014 et donc son petit lot de bonus pas vraiment transcendants. Les petits documenteurs d’ouvertures, explorant plus avant les rattachements au MonsterVerse, ne satisferont que les fans de celui-ci, tandis que le making of, découpé en quatre segments, se perd bien souvent dans les échanges promo et les louanges basiques. Heureusement quelques images du tournage viennent rehausser un peu les échanges. On espérait sans doute un peu mieux pour une proposition dite « Ultimate ». Cela dit le visuel du box rigide est assez réussi et le boîtier contient quelques jolies photos et une superbe affiche.
Liste des bonus
« MONARCH déclassifié », de nouvelles informations inédites révélant les secrets autour de l’existence de Godzilla (14’), « Le légendaire Godzilla », coulisses du film avec l’équipe et les acteurs (39’), Un livret collector, Artcards, Poster.