ELIO

Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Science-fiction, Comédie, Animation
Réalisateur : Adrian Molina, Madeline Sharafian, Domee Shi
Acteurs : Yonas Kibreab, Zoe Saldana, Brad Garrett, Jameela Jamil, Shirley Henderson, Matthias Schweighöfer…
Musique : Rob Simonsen
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Audio 7.1 + Français, Anglais, Japonais…
Sous-titres : Français, Néerlandais, Japonais…
Durée : 98 minutes
Editeur : Disney – Pixar
Date de sortie : 22 octobre 2025
LE PITCH
Elio, un jeune garçon de 11 ans, rêveur et passionné d’espace, a du mal à trouver sa place sur Terre jusqu’au jour où il est mystérieusement téléporté dans le Communiverse, une organisation intergalactique rassemblant des représentants aussi étranges que fascinants de galaxies lointaines. Là, il est rapidement pris pour l’Ambassadeur officiel de la Terre, ce qui n’est pas sans conséquence pour sa tranquillité…
Starman
Il semble loin le temps où chaque sortie d’un nouveau Pixar, même quand il ne s’agissait pas d’une suite, créait immanquablement l’évènement. Elio n’a malheureusement pour lui pas profité de cette phase d’engouement, souffrant d’une sortie salle finalement bien discrète et peu médiatique. Un peu triste pour cette très jolie aventure spatiale qui n’est pas sans rappeler parfois quelques E.T. ou Explorers.
Comme un certain Avalonia, sorti directement sur Disney + en 2022, Elio se veut de prime abord comme une grande aventures de science-fiction pour toute la famille. L’esthétique annoncée est des plus colorées, parsemée de voyages spatiaux qui en mettent pleins les mirettes, et de créatures extraterrestres bizarroïdes mais charmantes, plus touchantes et gaffeuses que véritablement effrayantes. La fameuse planète réunissant les représentants des civilisations spatiales pacifistes fait immanquablement penser à un concept Star Trek revisité par Disney. On sent même que pour compenser l’étrangeté de ces designs d’un autre monde (entre blocs de pierre qui parle, méduses terriennes et autres blobs souriants), le versant humain a été considérablement standardisé, assurant une 3D toute proprette et qui du même coup manque un peu de caractère. Le voyage n’en reste pas moins très agréable et joyeux, avec ses immanquables poursuites, ses petits dangers et surtout ses grandes émotions. Si l’habillage n’est pas des plus risqués, le studio s’efforce cependant ici de retrouver ce qui faisait autrefois la force des productions Pixar : l’introspection.
Let all the children boogie
Le petit divertissement imaginé par Madeline Sharafian (le superbe court-métrage Mon Terrier), Adrian Molina (Coco) et surtout Domee Shi à l’origine de l’azimuté et personnel Alerte rouge), recentre à nouveau sa narration sur le voyage intérieur de son héros, Elio donc, gamin étreint par la solitude depuis la mort de ses parents. Un enfant pas comme les autres, marginal, curieux et constamment les yeux tournés vers l’espace, espérant que la vie existe là-haut afin d’y trouver une place qu’il ne pense plus avoir sur terre. Il y a certes un grand méchant dans Elio, en l’occurrence un ver conquérant enfermé dans son armure technologique, mais la véritable instance dramatique reste la faculté du héros à se découvrir le meilleur ami le plus étrange qui soit (Glordon, fils pacifiste du vilain) et surtout à renouer avec Olga, sa tante qui fait de son mieux pour l’élever. Classique en effet, mais joliment mené grâce à une écriture des personnages pleines de tendresse et de douceur, qui valorise constamment la culture de la différence, la justesse du dialogue et le cocon (littéralement) familial, où pour une fois l’humour retrouve naturellement sa place, non pas comme intermède gag, mais bien comme un reflet de l’imaginaire fantasque et des maladresses des deux nouveaux meilleurs copains de l’espace. Le film est même parsemé de vraies petites trouvailles comme lorsqu’ils joue avec les codes de la SF parano (toute la trame secondaire autour du clone tournant presque au body horror), où met brillamment en perspective la place retrouvée d’Elio au sein d’une famille « terrienne » tout en soulignant les méfaits de la pollution orbitale dans une scène d’échappée de notre atmosphères des plus funs.
Effectivement ce qui était autrefois l’ADN même des grandes productions Pixar devient exceptionnel ici, et comme En Avant, Luca ou Élémentaire, Elio ressemble parfois à un best of Pixar ou en tout cas une nouvelle tentative de retrouver la bonne formule. Mais il faut lui reconnaitre qu’il y parvient plus d’une fois, faisant espérer que les trois réalisateurs associés du film, déjà prometteurs, marquent un nouvel élan pour un studio qui ne demande qu’à retrouver, lui aussi, sa place.
Image
Sans grande surprise, mais avec toujours autant de plaisir, Disney fournit une copie 4K Native d’une richesse impressionnante. Le traitement 3D est constamment décuplé par la finesse de la définition, la profondeur des plans et la finesse des détails et des textures déployées. C’est constamment pointu et délicat, généreux et précis avec une nette explosion des teintes, gradations et jeux de lumières et transparences une fois que le héros découvre le monde extraterrestre. Le Dolby Vision fait ici des merveilles décuplant l’étrangeté du voyage.
Son
Comme toujours seule la version originale profite d’un mixage Dolby Atmos. Et comme toujours la piste assure pleinement le spectacle avec une large ouverture des canaux, des intensités ultra dynamiques et surtout des atmosphères particulièrement opulentes, constamment habitées et bondissantes. Les dialogues et les musiques sont bien parfaitement à leur place, fermes et claires. Le doublage français, très sympa, en Dolby Digital + 7.1 s’en sort plutôt bien et délivre un spectacle des plus convaincants lui aussi.
Interactivité
Il est toujours un peu étrange de voir qu’un éditeur comme Disney, justement spécialisé dans les programmes familiaux et produisant régulièrement quelques bonus en direction des plus jeunes choisit systématiquement de les laisser en vost. La rencontre entre les deux jeunes doubleurs et un véritable astronaute, le petit cours de dessin et le décryptage des nombreux clins d’œil glissés durant le film restent donc à distance de la plupart des petits français.
Pour les plus grands on trouve un petit making of vite emballé (avec quelques images de recherches visuelles tout de même) et surtout quelques scènes coupées assez étonnantes. Deux se tournant plus largement sur la relation chahutée d’Elio avec les autres enfants (une poursuite en vélo très risquée et une épreuve façon American Gladiators au centre de vacances) ont été entièrement finalisées mais détachaient trop le récit de son récit principal, et quelques autres, pour le coup à des étapes d’animation beaucoup plus aléatoires, témoignent d’une ancienne version du scénario où Lord Grigon était loin d’être le méchant que l’on connait.
Liste des bonus
« À l’intérieur du communivers : Le monde et les personnages d’Elio » : Coulisses du film (10’), « Dans les étoiles : Questions-réponses intersidéral » : Yonas Kibreab et Remy Edgerly rencontrent avec un véritable astronaute (10’), « Cours d’art astronomique : Ooooo et Glordon » : Tutoriel dessin avec Nicolle Castro, artiste principale du storyboard (5’), Clins d’œil extraterrestres et anecdotes (4’), Bêtisier (3’), Scènes coupées (19’).







