EDWARD AUX MAINS D’ARGENT

Edward Scissorhands – Etats-Unis – 1990
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Fantastique
Réalisateur : Tim Burton
Acteurs : Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest, Anthony Michael Hall, Vincent Price, Kathy Baker…
Musique : Danny Elfman
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS 5.1 Français, Espagnol, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Espagnol, Italien…
Durée : 105 minutes
Éditeur : 20th Century Studios
Date de sortie : 5 novembre 2025
LE PITCH
Edward est la création d’un savant génial. Il ne possède pas de vraies mains, mais des lames très tranchantes à la place des doigts. Il peut réaliser avec ses instruments de véritables oeuvres d’art, qui vont provoquer la curiosité et l’enthousiasme de toute la ville. Mais il est capable de blesser et de faire mal quand il ne se contrôle plus…
« With These Hands »
Troisième long métrage de Tim Burton après Beetljuice et Batman, Edward aux mains d’argent n’a pas fait que concrétiser l’engouement des spectateurs pour son univers, mais a aussi définitivement inscrit son auteur parmi les grands cinéastes de son temps, trouvant même écho du côté de la critique la plus sérieuse. Sans doute son plus beau film, et l’un des plus personnels, conte de fée romantique toujours aussi déchirant, fable sociale qui n’a pas perdu de son mordant.
Avec l’immense succès de Batman, film phénomène dont on mensure aujourd’hui difficilement la folie qu’il provoqua en 1989, Tim Burton est devenu l’enfant prodige, cet artiste étrange, en marge, mais qui semble avoir tout compris au public. L’occasion pour ce dernier de donner enfin vie à l’une de ces silhouettes longtemps dessinées aux coins de ses carnets : un petit bonhomme au regard perdu et aux mains remplacées par des ciseaux. Un film profondément habité par les souvenirs d’enfance du cinéaste qui a grandi dans l’une de ces fameuses banlieues proprettes qui firent la fierté de l’Amérique, mais dont le jeune garçon observait déjà les aspects les plus factices, la petite monstruosité ordinaire derrière les grands sourires de la politesse forcée. Edward c’est sans doute un peu Tim, les cheveux hirsute, l’air toujours un peu hagard, la tête ailleurs, qui n’arrivera jamais vraiment à trouver sa place dans ce petit monde dont il ne peut comprendre les codes. Et si Burton rejoue bien souvent les grands tableaux du roman de Frankenstein (et plus particulièrement la fameuse version Universal), c’est toujours pour rappeler que le fameux monstre, crée ici par un scientifique bienveillant interprété par un Vincent Price bienveillant, a toujours été la première victime de l’histoire.
Larmes de cristal
Comme ce dernier, malgré une tentative d’apporter un peu de poésie à ce décor aseptisé par ses sculptures arboricoles, ses talents de coiffeurs expérimental, il sera finalement rejeté par le voisinage méfiant et xénophobe, replaçant la populace face à sa peur presque primaire de ceux qui ne leur renvoient pas un reflet parfaitement défini et normalisé. Edward aux mains d’argent est la chronique d’une société terrible, brutale et injuste où l’âme pure et bonne d’Edward ne peut survivre. Une tragédie douce-amère, où malgré tout Tim Burton réussit à faire persister à merveille cette esthétique anachronique du conte gothique, jouant avec humour sur les mécaniques dociles de l’être civilisé moderne (les maisons qui se ressemblent toutes, les départs au travail, les affres de la femme au foyer…), faisant contraster cette lumière toujours trop crue avec une étrange demeure en ruine en haut d’une colline ou cette neige, provoquée par Edward lorsqu’il sculpte la glace, qui envahit l’espace et recouvre la laideur. Une séquence presque angélique, délicatement chorégraphiée par les notes délicates de Danny Elfman (l’une de ses plus belles bandes originales certainement) et qui frôle l’extase émotionnelle lorsque Edward et la jolie Kim (Wynona Rider, fantasme de tous les ados de l’époque) finissent enfin par briser cette barrière d’incompréhension qui les séparait. Il n’est pas rare dans Edward aux mains d’argent que Tim Burton touche simplement au sublime, capturant aussi joliment la candeur d’un idylle adolescent bouleversant, aussi tragique ou presque que celui de Romeo & Juliette puisque à nouveau interdit par la cruauté d’un monde adulte aveugle et dépassé.
Jusque-là surtout considéré comme un bel éphèbe et une idole des teen, Johnny Depp concrétise sa performance du Cry-Baby de John Waters et divorce définitivement de l’aura de 21 Jump Street en s’incarnant dans la peau de cette curieuse créature à la beauté étrange, à la poésie décalé, drôle malgré elle, touchante, inquiétante mais constamment et profondément humaine. La première d’une longue collaboration entre les deux hommes et qui résonne encore et toujours comme une fantastique évidence.
Image
Pas vraiment d’informations officielles sur les origines de ce nouveau master 4K même s’il parait rapidement évident qu’il est basé sur la même restauration que l’édition Bluray sortie il y a dix ans et ayant profité d’un scan 4K des négatifs originaux. Mais le master a été légèrement retravaillé, approfondissant admirablement les contrastes, le piqué et la profondeur des plans. Surtout, associé à une présence appréciée du Dolby Vision / HDR10, la copie développe considérablement, sans jamais trahir, les oppositions de couleurs misent en place par Tim Burton. Les décors du monde quotidien sautent plus que jamais aux yeux, tandis que les intérieurs du manoir de Edward, plus proches que jamais d’un noir et blanc argentique, délivrent quelques petits trésors de finesses. Attention, le film est toujours aussi habité par ce grain d’origine, parfois très présent dans les séquences sombres ou les transitions, ces fameuses aspérités pleines de charmes des anciens tournages sur pellicule.
Son
Pas vraiment de changement pour le doublage français, très agréable et respectueux, qui s’installe sobrement sur sa piste DTS 5.1 de l’édition HD précédente. Pour la version originale la piste DTS HD Master 4.0 est toujours présente sur le Bluray, mais l’UHD lui propose une toute nouvelle prestation Dolby Atmos. Sans grande révolution, elle reste toujours autant axée sur les équilibres avant, mais distille quelques petites ambiances plus marquées (bruits de la rue, plateau télé…) et surtout partage avec une pureté décuplée les magnifiques compositions de Danny Elfman.
Interactivité
Rien de neuf à se mettre sous la dent ici. Le making of est toujours la même featurette promo ultra courte et le commentaire audio de Tim Burton manque toujours d’un peu de consistance (le monsieur n’est pas fan de l’exercice). Le plus intéressant est donc toujours cette bande sonore séparée consacrée à la bande originale de Danny Elfman avec des commentaires ajoutés du compositeur. Le documentaire complet c’est pour quand ?
Liste des bonus
Commentaire audio de Tim Burton (VOST), Bande originale isolée avec commentaire audio de Danny Elfman entre les morceaux (DD2.0, VOST), Making of (4’), Bande annonce.







