DUO À TROIS

Bull Durham – Etats-Unis – 1988
Support : Bluray
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Ron Shelton
Acteurs : Kevin Costner, Susan Sarandon, Tim Robbins, Trey Wilson, Robert Wuhl, William O’Leary…
Musique :
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français Dolby TrueHD 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 108 minutes
Editeur : BQHL Éditions
Date de sortie : 29 mai 2025
LE PITCH
Tandis que le championnat de baseball reprend, les sportifs retrouvent le chemin des stades. À la fois professeure de lettres et ardente supportrice du club des Bull Durham désormais en fâcheuse position au classement, Annie Savoy se prépare à sélectionner comme chaque année le joueur le plus prometteur de son équipe favorite, de manière à l’initier tant aux plaisirs de l’amour qu’à la littérature. Cette fois, son cœur balance entre un grand benêt plein d’avenir et un joueur d’expérience sur le déclin. Alliés sur le terrain mais rivaux dès qu’ils le quittent, le débutant et le vétéran cherchent à séduire Annie…
Une équipe de rêve
C’est le film qui a révélé Tim Robbins, relancé la carrière de Susan Sarandon, concrétisé celle de Kevin Costner, et permis au réalisateur Ron Shelton (Blue Chips, Les Blancs ne savent pas sauter…) de devenir un spécialiste du film de sport. Et pourtant en France, personne ou presque ne parle de Duo à trois. Un film sur le baseball soit, mais aussi une comédie de mœurs étonnante et bourrée de charmes.
On ne mesurera jamais sans doute en France l’importance du Baseball sur la culture et le quotidien des américains. Un rendez-vous quasiment religieux pour des milliers d’entre-eux, accrochés à leurs équipes, leurs joueurs, suivant des après-midis entières des matchs aussi long qu’un péplum hollywoodien, mais tout aussi capable de se passionner pour la ligue de seconde division où se croisent les vétérans en fin de carrière et les jeunes espoirs ayant encore besoin de faire leurs preuves. C’est justement une partie du sujet de Duo à trois, imaginé alors par Ron Shelton, remarqué pour son excellent scénario pour Under Fire, mais qui connut justement au préalable une carrière de sportif dans l’un de ces clubs régionaux et qui nourrie constamment le film de ses propres expériences et souvenirs. On est en effet ici très loin des habituels films sur le sport traitant essentiellement de la compétition, de l’esprit d’équipe à outrance, de la gagne individuelle et basé sur un quelconque suspens autour d’une compétition évènement. Bien plus réaliste et terre-à-terre, Duo à trois capture à merveille l’atmosphère toute particulière des stades locaux, des quelques fans éparses mais assidus, mais aussi et surtout l’esprit qui anime les joueurs eux-mêmes sur le terrain, dans les vestiaires et en-dehors, abordant le métier avec plus de professionnalisme que de compétitivité.
En direct des gradins
Il y a une bonne dose de didactisme ici, une tentation presque documentaire parfois, mais aussi beaucoup d’humanisme et de simplicité dans l’écriture. La rencontre entre le receveur vétéran, se sachant tout à fait sur la pente descendante, joué par Kevin Costner (qui va enchainer avec son autre films sur le baseball : Jusqu’au bout du rêve) et un jeune espoir, lanceur puissant et un peu crétin, incarné par Tim Robbins, sonne ainsi, malgré les petites accentuations de la comédie, souvent juste et vrai. Car finalement, au-delà de la trajectoire personnelle, c’est véritablement l’amour du sport qui culmine. Superbe idée d’ajouter au milieu de ce duo, une femme, inconditionnelle et théoricienne allumée du baseball, et qui choisie chaque année un partenaire, sexuel, qu’elle va aider elle aussi à sa façon à progresser. Un personnage hors normes, fort, libre et gentiment culotté qui secoue le récit et la relation entre les deux hommes, faisant effectivement glisser le film vers le triangle amoureux décalé. Susan Sarandon avec son accent du sud appuyé, sa démarche séductrice, sa liberté de ton et ses désirs affirmés est tout simplement formidable et offre effectivement une autre dimension au film, plus mature, plus complexe, qui se dirige, alors qu’elle se rapproche de Costner, vers une vision plus mélancolique et romantique de vies prêtes à refermer, enfin, une joyeuse parenthèse.
On ne peut qu’être touché par cette illustration chaleureuse et tendre du monde du baseball, mais aussi par la célébration constante de ses abords les plus modestes où les nombreux matchs montrés à l’écran s’attardent presque plus volontiers sur les échecs, les balles ratées et les engueulades que sur les rares moments de gloire. Une approche dont Ron Shelton se fera rapidement le spécialiste avec des propositions comme Blue Chips, Tin Cup, Les Adversaires mais aussi et bien sûr son autre film culte (et en France aussi celui-là) Les Blancs ne savent pas sauter.
Image
Il semblerait que BQHL ait réussi à mettre la main sur la plus récente copie existante du film, soit une restauration produite en 2018 par Criterion et produite à partir d’un scan 4K des négatifs 35mm. On est donc forcément très loin ici en qualité de l’ancien DVD MGM connu en France, avec un nettoyage très soigné du moindre photogramme, une stabilisation globale évidente et un grain qui retrouve ses instances naturelles et organiques. On s’étonne ici de redécouvre des plans travaillant fortement la profondeur de champs et des décors fourmillants de petits détails à nouveau révélés, tandis que la photographie presque automnale préserve une certaine ambiance nostalgique. A noter tout de même que le film affirme une image d’une certaine douceur, légèrement vaporeuse, typique de son époque.
Son
Version originale et française sont disposées dans un DolbyTrue HD 5.1 plutôt agréable. Les dialogues gardent leur importance tandis que quelques effets de spatialisation, essentiellement pendant les matchs et pour les effets de foule, donnent un peu de largesses au spectacle. Clair et confortable même si, à l’instar de de l’édition US, on aurait aimé pouvoir choisir avec la stéréo d’origine.
Interactivité
Plus que rare en France, à la télévision ou sur n’importe quel support vidéo, Duo à trois s’offre enfin une édition plus qu’honorable. Techniquement tout d’abord mais aussi du côté des suppléments en reprenant une bonne partie des bonus des éditions collector US. On retrouve ainsi un premier making of rétrospectif, sans doute produit à l’époque du DVD, où le réalisateur accompagné de ses acteurs principaux, mais aussi de quelques véritables joueurs des Bull, reviennent généreusement sur l’aventure du film, du projet initial à l’impact important qu’eu le métrage sur le monde du baseball et sur leurs carrières respectives, à grands renforts d’anecdotes et récits d’un tournage presque protégés dans le véritable stade de l’équipe. Un second segment plus récent met beaucoup plus en avant Ron Shelton qui évoque justement son passé de joueur, ses liens avec le sport et les films du genre, et rejoue quelques récits déjà entendu dans le segment précédent. Les plus curieux pourront aussi visionner un mini-documentaire sur le petit monde de la seconde division du baseball professionnel, avec son ambiance familiale, ses weekends nourris de hotdogs et ses sportifs aux carrières encore indécises.
BQHL se fend aussi d’un petit supplément maison avec la présentation du film par Stéphane Moïssakis qui met surtout l’accent sur le statut particulier du film aux USA, considéré comme un petit classique moderne, choyé par ses trois têtes d’affiches et de nombreux spectateurs américains, alors qu’il passa relativement inaperçu en France à cause justement de sa particularité culturelle principale : le baseball.
Liste des bonus
« Un film d’une grande popularité » : Entretien avec le journaliste Stéphane Moïssakis (20’), Retours sur le film avec l’équipe (29’), Zoom sur Kevin Costner (2’), Zoom sur le baseball (3’), Regards des professionnels (15’), « Un show spectaculaire » (19’).






