DRAGONS

How to Train Your Dragon – Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Aventure, Fantastique, Animation
Réalisateur : Dean DeBlois
Acteurs : Mason Thames, Nico Parker, Gerard Butler, Nick Frost, Gabriel Howell, Julian Dennison, Bronwyn James…
Musique : John Powell
Image : 2.39 et 1.90 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital Plus 7.1 Français et Espagnol
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol
Durée : 125 minutes
Editeur : Universal Pictures Home Entertainment
Date de sortie : 22 octobre 2025
LE PITCH
Sur l’île escarpée de Beurk, où depuis des générations Vikings et dragons s’affrontent sans merci, Harold fait figure d’exception. Effacé, écrasé par la stature de son père, le chef de la tribu, Stoïk, ce jeune rêveur défie des siècles de tradition en se liant d’amitié avec un dragon nommé Krokmou. Leur lien improbable va révéler la vraie nature des dragons et remettre en question les fondements mêmes de la société viking.
How to copy a Dragon
Hasard des calendriers (ou peut-être pas tant que ça), ce remake live du film d’animation Dreamworkds Dragons est sorti sur les écrans deux semaines à peine après celui de Lilo & Stitch. Deux copies de films d’animations des années 2000 tout à fait réussis, issus de deux studios concurrents pourtant imaginés et réalisés à l’origine par le même duo Chris Sanders et Dean DeBlois. Et les différences sautent d’autant plus aux yeux.
La démarche de Dreamworks tient forcément uniquement au départ de purs élans mercantiles. Observant le succès (immérité) des nombreux remakes lives du Studio Disney, il n’est pas illogique que ce dernier ait voulu lui aussi profiter d’une part du gâteau. Surtout que dans ces cas-là, le projet est presque offert clefs en mains avec une histoire déjà écrite, un univers, des personnages et des designs plus ou moins déjà conçus et un succès préexistant pour rassurer tout le monde. Surtout que ce Dragons a tout pour agacer puisqu’il cultive ouvertement une volonté de copier à l’extrême son modèle, rappelant au poste de réalisateur le même Dean DeBlois déjà aux commandes sur la trilogie en 3D, réengageant Gerard Butler (autrefois doubleur) pour le rôle du chef viking et père dépassé et faisant plus ou moins réenregistrer toute sa sublime partition au compositeur John Powell. Des notes d’intentions, mais pas que, puisque cette mouture 2025 renvoie constamment au film original suivant son script pas à pas, reproduisant docilement des plans et séquences entières comme par peur de manquer la petite magie initiale… Et le pire, c’est que cela fonctionne plutôt bien. Là où on aurait été enclin à critiquer ce manque flagrant d’imagination, la proximité avec le film d’animation trouve ici un équilibre sensible assez désarmant puisque l’âme même du projet survit par-dessous tout. Il y est donc toujours question d’un jeune homme, viking soit, qui peine à trouver sa place dans un monde de grands pourfendeurs de dragons et qui grâce à son ouverture d’esprit et sa curiosité va faire basculer l’ordre établi et ouvrir ses proches à une meilleure voie, celle de la collaboration.
Cœur de dragon
Rien de plus classique on le sait, tout comme l’incompréhension existante entre le père et le fils, la défiance initiale avec la belle et farouche Ingrid, mais la fraicheur de l’histoire fonctionne toujours parfaitement, littéralement habitée il est vrai par cette belle amitié entre l’adolescent Harold et le furie nocturne Krokmou, dragon espiègle et attendrissant où l’on reconnait encore et toujours la science de Chris Sanders (Le Robot sauvage) pour la création de bestioles immédiatement accrocheuses. Du cinéma cocooning en somme, mais qui surprend aussi, il faut bien l’avouer, par les apports du tournage avec acteurs. Si on peut être dubitatif devant quelques costumes ou le décor du village qui ne semblent pas loin parfois d’un espace du Parc Astérix, le traitement beaucoup plus réaliste des dragons en images de synthèse apporte quelques sensations plus épiques, tout comme d’ailleurs la description évocatrice des paysages insulaires nord irlandais, constamment aux lisières de la grande Fantasy. On apprécie aussi la personnalité plus ancrée des jeunes acteurs Mason Thames et Nico Parker, ainsi que la prestation chaleureuse de Gerard Butler qui soulignent plus nettement l’aspect teen-comedy du film.
Solide techniquement et efficacement mis en scène par Dean DeBlois, le nouveau Dragons se regarde effectivement avec beaucoup de plaisir, apportant sa petite pierre à l’édifice sans trahir le petit bijou de 2010. Malgré tout, était-ce vraiment indispensable ?
Image
Avec sa copie Native 4K, Dragons propose un spectacle technique des plus impressionnants. La copie est bien entendu immaculée et ultra pointue, soulignant le moindre détail ou relief de l’image avec une rare ferveur. Les décors naturels sont constamment mis en valeurs tandis que l’univers vikings (décors, costumes, accessoires…) rivalise de textures et de teintes variées. Tout est admirablement géré jusque dans la cohabitation très fréquente des créatures en images de synthèses et leurs partenaires humains. On notera aussi une superbe étendue des couleurs, riches et puissamment contrastée, qui réussit à trouver le ton juste entre le réalisme recherché et les petits excès du conte. La copie reprend au passage les changements de formats (du 2.39 au 1.90 pour les scènes les plus spectaculaires) tels que vues dans les salles IMAX. Pas une ombre au tableau.
Son
C’est encore une fois seule que la version originale peut se vanter de profiter d’une prestation Dolby Atmos. Un mixage qui en met plein les oreilles, faisant vibrer la moindre scènes, rebondissant sur le moindre mouvement de caméra et distillant des atmosphères sonores toujours riches et naturelles. Ce sont bien entendu les séances d’envols qui font les meilleurs effets avec une ouverture des canaux décoiffante. Il faut dire que c’est aussi dans ces moments là que la musique relevée de John Powell donne ses plus beaux frissons.
A coté, la piste Dolby Digital + 7.1 du doublage français aurait pu paraitre bien terne, mais elle s’en sort plutôt bien avec une dynamique bien marquée et des ambiances très bien placées.
Interactivité
Du coté de ses bonus, Dragons fait aussi la différence avec le concurrent Disney, ne se contentant pas de la petite featurette juste polie et louant le film original, suivi de petits courts de dessins et autres bonus accessoires, mais s’efforçant de véritablement conter toute la production du film. Par le biais d’un solide making of tout d’abord, certes très classique mais rondement mené et abordant toutes les étapes de fabrications (adaptations, décors, costumes, choix des acteurs, SFX, tournage…) suivi de featurettes plus thématiques venant préciser quelques détails sur la construction du village ou la recréation des dragons. Même le bêtisier parait plutôt sympa. Le réalisateur Dean DeBlois est au passage très présent de bout en bout, revenant pour présenter deux scènes coupées, existantes dans le film d’animation mais écartées ici pour des questions de rythmes, et surtout pour un commentaire audio très complet et didactique avec sous-titres français.
Liste des bonus
Commentaire audio de Dean DeBlois, Scènes coupées (5’), Bêtisier (3’), Making of (45’), Building Berk (8’), Fit for a Viking (5’), Forbidden Frienship (6’), Test drive (3’).







