DÉTOUR MORTEL

Wrong Turn – Etats-Unis, Allemagne – 2003
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Rob Schmidt
Acteurs : Desmond Harrington, Eliza Dushku, Emmanuelle Chriqui, Jeremy Sisto, Kevin Zegers, Lindy Booth…
Musique : Elia Cmiral
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 84 minutes
Editeur : ESC Editions
Date de sortie : 7 mai 2025
LE PITCH
Au volant de sa voiture, Chris s’engage dans un petit chemin de terre pour contourner un embouteillage. Alors qu’il s’enfonce à vive allure dans la forêt, il heurte violemment une Range Rover bloquée au milieu de la route. Ses jeunes occupants partaient camper pour le week-end lorsque leurs pneus ont étrangement éclatés. Le groupe s’enfonce dans les bois chercher de l’aide lorsque apparaît une cabane. Tétanisés par l’horreur de ce qu’ils découvrent à l’intérieur, ils n’ont pas le temps de fuir que les occupants arrivent…
Peur primale
Désormais à l’origine d’une triste saga de sept films, Détour mortel (Wrong Turn), avait fait son petit effet lors de sa sortie au début des années 2000. Après une décennie de néo-slashers et de cinéma d’horreur plutôt soft, la petite série B remusclait le propos en renouant avec un héritage plus craspec et brutal, celui des 70’s.
Réalisateur des très oubliables Saturn et Crime + Punishment, le jeune Rob Smidt voulait effectivement retourner aux sources d’un cinéma d’horreur plus viscéral et frontal que celui, cynique et sophistiqué des années 90. L’imagerie léchée, la jeunesse dorée, les banlieues rutilantes sont enfin délaissées pour un petit lâché de gibier en pleine forêt. Six jeunes adultes d’élevage, plutôt beaux et en pleine santé, se retrouvent donc sur le terrain de chasse d’une famille de monstres congénitaux, sortes d’ogres modernes trucidant du voyageur à la pelle et s’en repaissant avec délectation. De véritables ogres, dont la visite du domicile restera le passage le plus réussi du film, renouant avec la forme du conte, mais avec un réalisme scabreux et sanglant on ne peut plus efficace. Rob Smidt n’invente rien, cite allègrement Massacre à la tronçonneuse, La Colline a des yeux, Délivrance ou Survivance, mais le fait avec un certain savoir faire et une déférence appréciable. L’image est craspec à souhait, nos jeunes héros peuvent se faire découper en tranche, décapiter ou transpercés de part-en-part de flèches bien placées, et Détour mortel met constamment en avant la traque, le survival franc et direct, quitte effectivement dans sa seconde partie à tourner à la course-poursuite un peu trop classique.
Randonnée à risques
Un léger essoufflement pas si gênant car la réalisation carrée et bien montée fait largement son office, installant régulièrement une ambiance bien lourde et éprouvante, avant de reprendre son souffle pour une énième fuite. Classique donc, mais cette confrontation entre la nouvelle jeunesse et une branche oubliée de la misère américaine, poussant les premiers à retrouver des instinct plus féroces et primitifs (on va ainsi les voir grimper aux arbres, tendres des pièges comme dans Predator, ou utiliser arcs et flèches) pour échapper à leurs pires cauchemars, ouvrait la voie à un véritable renouveau du genre. Le remake de Massacre à la tronçonneuse par Marcus Nispel ne sortira que quelques mois plus tard, suivis par celui de La Colline a des yeux, le choc du premier Saw ou celui de Hostel, tous plongeant jusqu’aux coudes dans l’horreur douloureux, gore et malaisant. Si après tout cela Détour mortel a pris forcément un petit coup de vieux, ses exactions sanguinolentes paraissant désormais bien moins extraordinaires, il n’en reste pas moins un petit survival tout à fait appréciable, sans gras et sans adolescents têtes à claque, et qui sait donc aller à l’essentiel, sans concessions.
Il profite aussi avant tout des talents indiscutables des membres du Stan Winston Studio, et le boss en première ligne, qui délivrent des designs particulièrement réussis pour les trois monstres familiaux, mélanges exacerbés de toutes les déformations congénitales médicalement connues. Les véritables stars du film, et de quoi effectivement faire naitre un joli contraste face aux charmes de Desmond Harrington et l’énergique Eliza Dushku (Faith dans Buffy contre les vampires). Bien entendu ces deux-là, ne reviendront pas dans les multiples suites qui suivront, avec des budgets et des ambitions de plus en plus réduites : ils avaient piscine.
Image
Si Détour mortel n’était jamais sorti sur Bluray en France, il était disponible sur ce support depuis un bon moment déjà dans d’autres pays. En l’occurrence, le premier master HD a été produit en 2009 à partir de la même source vidéo que le DVD, upscallé et retravaillé à l’aide de divers filtres numériques (DNR à tout va…) pour un résultat peu probant. Le souci c’est que c’est là la première et la dernière copie HD. Déjà très limite il y a quinze ans, elle s’avère aujourd’hui plus embarrassante encore avec ses arrières plans constamment flous, son grain bruité, son absence de piqué et ses détails terriblement limités. C’est propre certes, mais cela donne un aspect constamment artificiel à un film qui se réclamait justement d’un certain héritage cinéma, plus brut, granuleux et intense. ESC ne peut pas faire grand-chose ici… En espérant qu’un jour les ayants droits investissent dans une véritable restauration et une copie HD digne de ce nom.
Son
Heureusement les pistes DTS HD Master Audio 5.1 redonnent un peu de muscle à cette édition en assurant des partitions bien musclées, dynamiques et percutantes, s’appuyant fermement sur les pires bruitages, les montées crescendo de la musique et les hurlements bestiaux. Cela ne fait pas toujours dans la dentelle, mais c’est on ne peut plus efficace.
Interactivité
Présentée sous la forme d’un digipack dans son fourreau cartonné, l’édition Bluray de Détour Mortel reprenant sobrement l’intégralité des bonus disposés sur le premier DVD collector distribué en France par CTV en 2004. En plus d’un commentaire collectif malheureusement pas des plus palpitants, l’ensemble est donc en SD avec un mélange de petits makings promotionnels (images de tournages, interviews basiques des acteurs…), une toute petite poignée de scènes rallongées et surtout un regard beaucoup plus soutenu porté sur le travail de Stan Winston et ses équipes. Il y a forcément un sujet sur le travail de maquillage et de SFX effectué pour le film, mais aussi deux mini-docs sur le bonhomme où l’on discute de ses débuts dans le métier, de sa vision du monde des effets spéciaux et de ses techniques, et dans l’autre de ses plus grandes réussites, d’Aliens à Jurassic Park en passant par Monster Squad. Rien de bien neuf pour les amateurs, mais cela reste toujours sympa.
Liste des bonus
Commentaire audio de l’équipe du film, Making of promotionnel d’époque (4’), Interviews des acteurs (5’), Les coulisses des effets spéciaux (9’), « Stan Winston : Le seigneur des monstres » (5’), « Stan Winston sur Détour mortel » (5’), « Stan Winston Land » (28’), « Dr Stan & Mister Winston » (20’), Behind-the-scene (9’), Scènes coupées (7’), Bande-annonce.







