COMPÉTITION OFFICIELLE

Competencia oficial – Espagne, Argentine – 2021
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Mariano Cohn, Gastón Duprat
Acteurs : Penélope Cruz, Antonio Banderas, Oscar Martínez, José Luis Gómez
Musique : Eduardo Cruz
Durée : 114 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Espagnol DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Éditeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 02 novembre 2022
LE PITCH
Un homme d’affaires milliardaire décide de faire un film pour laisser une empreinte dans l’Histoire. Il engage alors les meilleurs : la célèbre cinéaste Lola Cuevas, la star hollywoodienne Félix Rivero et le comédien de théâtre radical Iván Torres. Mais si leur talent est grand… leur ego l’est encore plus !
Miroirs et alouettes
Sorti de manière bien maline quelques jours à peine après que les cadavres de champagne aient été nettoyés dans les coulisses du Festival de Cannes, Compétions officielle vient égratigner la surface lisse et photogénique du cinéma sérieux et honorable. Loin des blockbusters et des grands divertissements, mais certainement pas des egos surdimensionnés.
Nouvelles coqueluches du cinéma espagnol, Mariano Cohn et Gastón Duprat ont déjà abordé le monde de l’art, de la littérature ou du design par le biais d’une certaine acidité avec L’Artiste et Citoyen d’honneurs, mais ils viennent ici toucher directement à leur propre art. Et avec une autodérision certes nécessaire, mais assez courageuse lorsqu’elle brosse le portrait de Lola Cuevas (Pénélope Cruz froide allumée) grande auteur de cinéma, auréolée de quelques palmes et dont la gestation sombre dans l’obsession. Souvent célébrée dans les papiers et par les amateurs, sa minutie maladive dans la construction de son film, son comportement outré d’artiste totale aux discours idéologiques prétentieux se vautrent bien entendu tout autant dans la misanthropie, la manipulation et l’impolitesse totale. Pas grand monde à sauver ici que ce soit le cher mécène industriel qui se met en tête de financer un « grand film » pour laisser une image plus souhaitable que celle du requin que l’on imagine (il optera de la même façon pour un pont à son nom), ou bien entendu les deux acteurs stars Félix Rivero et Iván Torres. L’un est une célébrité internationale, people et instinctif, l’autre est un artiste de la scène, reconnu par ses pères, peu par le public et pratiquant d’une méthode des plus cérébrales. Et les deux forcements qui doivent interpréter des frères ennemis, vont se vouer une guerre à coups de pics, moqueries et critiques acerbes, venant titiller au passage la réalité de leurs deux comédiens Antonio Banderas (le « latino de service » à Hollywood ?) et Oscar Martínez.
On stage
Un jeu d’acteurs impressionnant souvent moins drôle que particulièrement subtile dans le mélange constant du niveau d’interprétations passant de leur rôle d’acteurs à celui des personnages tout en émotions qu’ils interprètent dans la fiction, mais aussi une certaine mise à nue que l’on devine derrière leurs postures et leurs nervosités. Dans Compétition officielle c’est d’ailleurs l’enjeux principal de la réalisatrice expérimentale, qui les enferme plus ou moins le temps de quelques lectures et répétitions dans le décor d’une fondation ultra moderne, le plus souvent vide et tout en ligne épurée, à des exercices artistiques, presque des crash-tests, qui tombent autant dans le ridicule que le sadisme. Une grande bataille d’égos, quelques réflexions sur la futilité et la vacuité de ce petite monde du cinéma mais malheureusement la comédie, toute en finesse, ne décoléra jamais vraiment, se contentant d’enchainer les « sketchs » plus ou moins mémorables (la répétition sous une pierre de 5 tonnes, les prix et statuettes qui passent à la meuleuse, Antonio Banderas qui annonce qu’il est atteint d’un cancer foudroyant…) sans jamais les inscrire dans une dynamique plus profonde, plus rageuse qui viendrait déboussoler un dispositif épuré, froid et toujours plongé dans un calme en retenue. Le final, prévisible, vient même d’une certaine façon contredire l’une des belles idées du film dans le film qui imaginait deux frères opposés mais interchangeables. De grandes performances d’acteurs mais finalement un peu aux services d’eux même justement.
Image
Pas grand-chose à redire d’une copie HD héritée d’une source numérique déjà bien pointue. Les cadres sont d’une limpidité constante, la définition on ne peut plus précise et la colorimétrie affirme avec vigueur le travail tout en contrastes des cinéastes qui jouent des matières ultra modernes et des effets de lumières pour construire des cadres géométriques. Rien à redire.
Son
Pas de doublage pour le film, pas de raison de se priver de la chaleur et de la vélocité de la langue espagnole, qui plus est servie par trois acteurs en grande forme, avec un DTS HD Master Audio 5.1 tout à fait clair et limpide. Equilibré et dynamique dans la restitution des dialogues, il offre aussi quelques effets plutôt fins de spatialisation jouant sur la nature volontairement vide des décors.
Interactivité
Seuls trois petits items accompagnent le film et ces derniers dépassent difficilement les deux minutes de promo internet. Réalisateurs et acteurs évoquent brièvement le sujet du film, le ton général et leur personnage puis rentrent à la maison.
Liste des bonus
Entretiens avec l’équipe du film.