CALIFORNIE EN FLAMMES

California Conquest – Etats-Unis -1952
Support : Bluray & DVD
Genre : Aventure
Réalisateur : Lew Landers
Acteurs : Cornel Wilde, Theresa Wright, Alfonso Bedoya, Lisa Ferraday, Eugene Iglesias, John Dehner…
Musique : Mischa Bakaleinikoff
Durée : 79 minutes
Image : 1.37 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Editeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 06 février 2021
LE PITCH
Les années 1840. Si la Californie vit toujours sous domination mexicaine, Don Arturo Bordega et ses partisans se battent pour quelle intègre la jeune fédération des États-Unis. D’autres puissances étrangères manœuvrent aussi pour se l’accaparer, en particulier la Russie qui, pour déstabiliser la région, s’appuie sur la rapacité de bandes armées…
Man on fire
Longtemps disparu des écrans et des vidéothèques et attendu par les amateurs de western depuis une trentaine d’année, Californie en Flammes ressort en DVD et Blu-ray grâce à l’éditeur Sidonis Calysta. L’attente valait-elle le coup ? Pas vraiment…
Produit à faible budget, Californie en Flammes fait partie de ces petites séries B tournées à la chaine par les studios pour gagner facilement de l’argent et réalisées par des metteurs en scène capables d’enchainer des tournages télé ou ciné sans se fatiguer. Et dans ce domaine Lew Landers, le réalisateur du film qui nous intéresse ici, fait partie du haut du panier. Comme son compère George Sherman, Landers a réalisé plus d’une centaine de films et d’épisodes de séries télé, et principalement des westerns, qui ont énormément nourris les « Matinees » américaines et marqué plusieurs spectateurs. Notamment un jeune Joe Dante qui créera un personnage de journaliste nommé Lew Landers dans deux de ses films les plus célèbres, Hurlements et Gremlins. Et Californie en Flammes se situe exactement dans l’esprit de ces films du samedi matin dans un joyeux mélange de Western et de film de cape et d’épée.
À l’ouest rien de nouveau
Et quand on dit western, cape et épée, on pense forcément à Zorro et le film de Lew Landers partage avec le héros masqué de nombreux points communs. Un état Californien en mutation, un héros d’origine noble, luttant à l’épée contre l’oppresseur accompagné de son valet, il ne manque au personnage principal que la cape, le masque et le chapeau. L’affiche du film, elle, s’éloigne aussi du western classique pour émuler celles des films de pirates, avec le héros torse-nu, sabre dans une main et l’héroïne dans l’autre bras. Le film n’est pas avare en scènes d’action et sa courte durée 1h18) permet un rythme soutenu : courses-poursuites, fusillades, combats à l’épée, complot, héros sans peur et sans reproche et héroïne forte et courageuse, tous les ingrédients sont là. Beaucoup d’influences du cinéma d’aventure donc, mais qui, hélas, pâtissent d’un faible budget qui empêche tout souffle épique à l’image. Les décors trop étroits rendent les duels à l’épée très statiques et sans cascades virevoltantes, les décors naturelles se cantonnent à des coins de collines sans jamais de plans larges pour les magnifier et la bataille finale très molle situe son climax dans une explosion qui se révèle assez pathétique quand elle a lieu. L’histoire quant à elle, bien qu’inspirée d’un évènement historique réel, frôle la propagande dès les premières minutes quand le héros fait l’éloge des Etats-Unis à son domestique et lui explique l’importance de devenir américain. On a connu plus subtile comme message politique.
Sortie la même année que Le Train Sifflera Trois Fois et Les Affameurs, Californie en flammes ne joue évidemment pas dans la même catégorie que les films de Zinnemann et Anthony Mann mais démontre bien que le genre du western commençait à changer et à questionner son mythe et le film de Lew Landers n’en n’est que plus anachronique.
Attendu par les amateurs, la ressortie de Californie en flammes confirme plutôt que son culte était surtout dû à son indisponibilité depuis une trentaine d’année et que si il a été oublié depuis tout ce temps c’est qu’il ne propose en fin de compte rien de mémorable.
Image
Quelques soucis de définitions parfois avec certains plans manquants de piqué mais c’est plutôt du bon travail de restauration dans sa globalité compte tenu de la rareté du film et qui ne sera surement pas retravaillé avant un bon bout de temps.
Son
Le bluray est proposé avec deux pistes VO et VF en DTS-HD audio 2.0. La piste VO est bien mixée, les voix sont claires et les nombreuses fusillades et duels d’épées ressortent très bien. La piste VF, elle, accuse un sérieux coup de vieux avec des voix nasillardes et des sons étouffés.
Interactivité
Comme tous les films de la collection western de Sidonis Calysta, Patrick Brion se fend d’une présentation du film. Il loue le charme désuet du film et les carrières oubliés de Cornel Wilde et Theresa Wright et l’impressionnante filmographie (par la quantité) du réalisateur Lew Landers. Le second bonus est une curiosité puisqu’il s’agit d’une interview télé, datant des années 80, de Cornel Wilde qui revient sur la carrière de l’acteur mais aussi sa vie privée. Un entretien très intéressant et rempli de nombreuses anecdotes sur le Hollywood de l’âge d’or.
Liste des bonus
Présentation de Patrick Brion (9’) – Interview de Cornel Wilde (26’).