BUGSY MALONE

Etats-Unis, Royaume-Uni – 1976
Support : Bluray
Genre : Comédie Musicale
Réalisateur : Alan Parker
Acteurs : Scott Baio, Jodie Foster, Florence Dugger, John Cassisi, Martin Lev, …
Musique : Paul Williams
Durée : 89 minutes
Image : 1.66 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD 2.0 Mono
Sous-titres : Français
Editeur : Éléphant Films
Date de sortie : 18 novembre 2025
LE PITCH
Dans le New York des années 20, Fat Sam règne en maître sur le cabaret « Le Grand Schlem » jusqu’au jour où Dan Le Dandy et son gang débarquent armés du « Splurge Gun », une mitraillette lanceuse de crème. Fat Sam, la meneuse de revue Tallulah et le rusé Bugsy Malone arriveront-ils à renverser Dans Le Dandy ?
East Side Story
Et donc, pour sa première réalisation pour le grand écran, le britannique Alan Parker signait une comédie musicale parodiant les films de gangster des années 30 avec un casting entièrement composé d’enfants, le tout mis en musique par Paul Williams, compositeur et acteur principal du cultissime Phantom Of The Paradise de Brian de Palma, sorti deux ans plus tôt. Bugsy Malone n’a pas volé sa réputation d’OVNI cinématographique !
La question est en réalité la suivante : Bugsy Malone propose-t-il au public davantage qu’une aimable sucrerie tous publics qui joue à chat perché avec la suspension d’incrédulité ? Et la réponse est sans ambiguïté : non ! À vrai dire, Alan Parker n’essaie même pas. C’est à prendre ou à laisser. Ce qui est tout à son honneur, témoignant pour le coup d’un courage admirable. Ce qui nous laisse aussi sur les bras un film exigeant du spectateur un engagement total et sans conditions. Ouvrez vos chakras, retrouvez votre âme d’enfant et profitez du spectacle ! Écrit par Alan Parker en personne, le scénario remplace les sulfateuses par des mitraillettes qui projettent de la crème pâtissière (!) et les automobiles d’époque par des voitures à pédales (!!), déroulant au premier degré une intrigue limpide, usant et abusant sans le moindre cynisme de tous les clichés inhérents au genre. Rivalités entre chefs de la pègre, « fusillades », embuscades, femme fatale, amourette impossible, corruption, complots, montage de unes de journaux démontrant l’appétit de la presse pour les faits divers violents, bras droits fidèles et nobodies rêvant de gloire et de richesse, … rien ne manque à l’appel. Alan Parker étale avec un sourire en coin sa connaissance encyclopédique des codes du film noir et du film de gangster période James Cagney et Howard Hawks. Des codes qu’il détourne avec juste ce qu’il faut d’intelligence, histoire d’échapper au malaise qui pourrait résulter de la collision entre un univers foncièrement violent et par ailleurs très sexualisé avec des actrices et des acteurs dont l’âge varie entre 9 et 12 ans. Toutefois, pour quiconque resterait hermétique à l’idée d’un tel film (et ce fut malheureusement notre cas, les goûts et les couleurs, tout ça), le risque de trouver le temps long se pose là.
Il était une fois en Amérique
S’il peut laisser de marbre, Bugsy Malone ne manque heureusement pas d’arguments pour faire passer le temps sans trop regarder sa montre. Bouclé en un peu moins d’1h30 – génériques compris – le film d’Alan Parker profite pleinement d’un rythme soutenu et de rebondissements en pagaille. Bugsy Malone est un long-métrage qui ne manque pas de matière et dont la cohérence est à mettre au crédit d’un cinéaste qui sait parfaitement où il va.
La très belle reconstitution du New York de la Prohibition est joliment mise en valeur par une photographie qui navigue entre des teintes à la Norman Rockwell et un naturalisme du plus bel effet. Argument de vente central de ce qui est avant tout une comédie musicale, la musique de Paul Williams n’est pas avare de pépites pop et jazzy aux refrains accrocheurs. On citera en particulier les excellents « Bugsy Malone », « Bad Guys » et « You Give A Little Love », tout à fait représentatifs du don inné de Paul Williams pour les mélodies pétillantes et douces amères. Un cocktail musical reconnaissable entre mille.
Forcément dépendant du décalage consistant à faire jouer à des enfants des rôles d’adultes, le casting ne s’en sort pas si mal. Pour peu que l’on s’adapte à un cabotinage permanent, certaines performances ne manquent pas d’intérêt. Scott Baio sait s’y prendre pour rendre son personnage d’anti-héros débrouillard à la fois crédible et attachant. Son duo avec la toute mimi Florence Dugger, plutôt touchante en chanteuse rêvant d’une carrière à Hollywood, fonctionne bien mieux que prévu. C’est un peu moins évident pour John Cassisi, un peu agaçant en Al Capone d’opérette. Forcément attendue mais pas aussi présente que ne le laisse penser les différentes affiches et bandes annonces, Jodie Foster survole avec aisance ses petits camarades de jeu, sa maturité d’actrice ne faisant aucun doute.
Refusant tout compromis sur sa note d’intention, Bugsy Malone est un premier film à la fois simple comme bonjour et incroyablement exigeant. Il ne suffit pas d’aimer L’Ennemi Public, Paul Williams et les tartes à la crème pour accepter le postulat what the fuck. Ou peut-être que si. Allez savoir.
Image
Privé d’une authentique restauration, le master proposé est globalement solide, en dépit de quelques points blancs et d’accrocs bien visibles. La définition est d’un très bon niveau et les couleurs aussi. Le grain et les textures sont mêmes franchement surprenantes pour une expérience on ne peut plus satisfaisantes et qui sait tirer avantage d’un look volontairement retro. Une belle surprise, malgré des réserves.
Son
Un doublage raté et un mixage sans relief exclut d’emblée la version française, sérieusement à la traîne. La version originale fait largement mieux mais sans convaincre de bout en bout. La stéréo reprend des couleurs lors des passages musicaux mais les ambiances sont calfeutrées derrière les dialogues pour aboutir parfois à un résultat un peu confus. Bien que difficilement perceptible, un petit souffle vient jouer les trouble-fêtes pour peu que l’on pousse le volume. Propre mais sans éclat.
Interactivité
C’est un petit peu décevant. La présentation de ce bon vieux Jean-Pierre Dionnet se concentre bien plus sur le devenir du casting après la sortie du film et pas assez sur l’œuvre en elle-même, donnant l’impression de s’égarer dans des digressions à l’intérêt discutable. Sorti de ce seul module informatif, le reste fait doublon. Trop gadget pour susciter l’intérêt et destinée aux fans du film, la fonction karaoke s’efface devant une piste isolée qui restitue l’intégralité du score. Et c’est tout. Le blu-ray US édité par Paramount proposait pour sa part des entretiens avec Paul Williams et le producteur David Puttnam, des bonus certes brefs mais autrement plus consistants sur le fond.
Liste des bonus
Présentation de Jean-Pierre Dionnet, Fonction karaoké sur les chansons avec sous-titres adaptés, Musique isolée, Bandes-annonces.





