BRICK

Etats-Unis – 2005
Support : Bluray
Genre : Policier
Réalisateur : Rian Johnson
Acteurs : Joseph Gordon-Lewitt, Nora Zehetner, Lukas Haas, Noah Fleiss, Matt O’Leary, Emilie de Ravin…
Musique : Nathan Johnson, Larry Seymour
Durée : 110 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Éditeur : Studiocanal
Date de sortie : 01 novembre 2020
LE PITCH
Lycéen solitaire, Brendan Frye est recontacté par son ex-petite amie peu avant sa mystérieuse disparition. Il se met en tête de la retrouver en menant sa propre investigation. Brendan va s’enfoncer au plus profond de l’underground de son lycée et remuer certains secrets aussi dangereux qu’inquiétants…
L’Art du parpaing
Aujourd’hui cinéaste adulé (ou détesté) à Hollywood après le triplé Looper, Star Wars The Last Jedi et A couteau tiré, Rian Johnson avait fait sensation dès son premier long-métrage, Brick, polar neo noir matinée de teen-comedy à Sundance. Mais avec quelques années de distance, l’essai ressemblance plus que jamais à une œuvre de jeunesse.
Petite production indépendante tournée dans les rues de San Clemente et dans le lycée même de Rian Johnson, Brick est certainement le fantasme premier d’un jeune cinéphile qui après quelques courts métrages passe enfin dans la cour des grands. Rédigé dès sa sortie de l’école de cinéma, longuement mûris et nourri de références évidentes, le film impressionne d’emblée par la virtuosité de sa mise en scène, capable de s’emparer des cadrages classiques, symptomatiques même des grands polars américains, pour mieux les déstabiliser par des effets de montages ultra modernes, des variations de rythmes ou des intentions beaucoup plus signifiantes. Brick est sans détour un film post-moderne, conscient de sa culture, des codes mêmes du genre auquel il s’attaque, mais qu’il réinvestie dans un décor beaucoup plus contemporain, un paysage plus réaliste. Même s’il s’en défend, Johnson est constamment ici dans l’obsession méta du jeune metteur en scène bouillonnant et dont l’idée principale est tout simplement d’offrir une relecture par le menu du Film Noir dans le milieu lycéen des années 90.
Comme une pierre
Brick mélange ainsi les souvenir de cinéma et les souvenirs tout court de l’adolescence de son auteur, hésitant un peu maladroitement entre l’ironie et le second degré des années 2000 (Scream est passé par là), et une distance discordante où les compressions d’espaces, les regards fugaces et les pauses planantes capturent l’absurdité temporelle de l’adolescence… Jusque dans les postures, les codes vestimentaires et les attitudes désenchantées héritées du drame télévisé plus ou moins inspiré. Entre Beverlly Hills 90210 et Angela 15 ans : un fossé en sommes. Le rebelle antisocial interprété par un Joseph Gordon-Lewitt pénétré se transforme en détective éreinté aux mèches tombant devant les yeux, la star du lycée devient une femme fatale forcément manipulatrice, le leader sportif une grande gueule castagneur, le doyen de l’établissement en juge autoritaire tandis que tous les élèves, voir le voisinage, se prenant pour des dealers à la dure, des gangsters en marcel et bonnet vissé sur la tête. A forcer de jouer sur les deux tableaux, de rester fixé à une trame digne du Grand Sommeil et de calquer ses personnages sur leurs modèles en noirs et blanc, Brick perd de sa substance et de sa crédibilité, se teinte de parodie, rendant la moindre révélation inutile et les rares instants d’émotions assez vains.
Frère lointain de Donny Darko mais aussi et surtout plus récemment du fantasmatique Under The Silver Lake de David Robert Mitchell, Brick est certainement trop conscient de lui-même, confondant l’exercice de style, la virtuosité technique et l’habilité de son pitch avec l’arrogance de l’étudiant en histoire de l’art.
Image
Même si beaucoup espéraient la superbe copie restaurée 4K sous la supervision du réalisateur, cette copie un peu plus datée reste de facture assez correcte. La profondeur est admirable tout autant que la maîtrise du grain de pellicule jusque dans les séquences les plus sombres, et les teintes glacées ne manquent pas de contrastes.
Son
Bizarrement aucune trace ici du mix 5.1 de l’édition proposée aux USA par Kino. On se tourne alors vers le choix unique d’un DTS HD Master Audio 2.0 français et anglais. Le doublage n’était pas des plus mémorables on lui préfère donc volontiers le second, parfaitement clair et équilibré et réussissant à apporter un soupçon de dynamique qui souligne sobrement mais efficacement l’atmosphère film noir du métrage.
Interactivité
L’édition française ne comprend malheureusement aucun bonus là où la galette américaine profitait d’un documentaire audio très complet du réalisateur, une vingtaine de minutes de scènes coupées et une poignée d’interviews…
Liste des bonus
Aucun.






