BRELAN D’AS

France – 1952
Support : Bluray & DVD
Genre : Policier
Réalisateur : Henri Verneuil
Acteurs : Raymond Rouleau, John Van Dreelen, Michel Simon, Arlette Merry, Nathalie Nattier…
Musique : Hans May
Durée : 118 minutes
Image : 1.37 16/9
Son : Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Coin de Mire Cinéma
Date de sortie : 09 avril 2021
LE PITCH
Trois enquêtes. Trois variations sur le crime. Trois histoires rendant hommage au savoir-faire des fins limiers de la littérature policière.
Le flingue et la plume
Bien avant de devenir le réalisateur du mythique Peur sur la Ville, Henri Verneuil fit ses débuts dans le court métrage et le film à sketches. D’abord plus particulièrement tourné vers la comédie (ce qui lui offrira sa rencontre avec Fernandel et ses premiers succès) mais aussi, déjà, le genre policier. On ne se refait pas.
Deuxième film de Verneuil, Brelan d’As est donc un film à sketches rendant hommage au genre policier dans sa forme littéraire. Dans son introduction, un narrateur nous invite donc à réfléchir sur ces histoires à énigmes qui occupent nos nuits et nos jours tandis que la caméra filme le quotidien de citadins absorbés par leur roman, qu’ils soient au travail où à la terrasse d’un café. Une présentation courte mais limpide, suivit par trois histoires mettant en scène trois fins limiers de ces romans populaires. L’inspecteur Wens, d’abord, création de l’auteur belge Stanislas-André Steeman, dans une histoire intitulée L’Alibi de Monsieur Wens. Le fameux Lemmy Caution de Peter Chenney ensuite, juste avant qu’il ne soit incarné par Eddie Constantine, dans une histoire originale de son auteur (Je suis un tendre) écrite spécialement pour le film. Et enfin le célèbre Maigret de Simenon dans une sale affaire de meurtre avec pour témoin un très jeune enfant de choeur (Le Témoignage d’un Enfant de Chœur).
Trois variations policières par trois auteurs à succès filmées par la caméra déjà inspirées de Verneuil et les dialogues, affûtés comme des rasoirs, d’André Tabet (qui signera un nombre impressionnant de dialogues célèbres de Becker à Oury en passant par Molinaro).
Des palaces aux bas-fond
La première de ces trois histoires nous propose donc d’élucider un crime survenu dans la haute société. Une femme, riche, est donc retrouvée morte, assassinée, dans un ascenseur, alors qu’elle rend visite à son mari avec qui elle est d’ailleurs séparée. Dit mari bien évidemment héritier direct de toute sa fortune en cas de décès. L’inspecteur Wens (Raymond Rouleau, parfait), un ancien policier reconverti en détective, se charge alors de l’enquête. Une première histoire légère (malgré un crime) et bourrée d’humour, dont les dialogues percutants font mouche. Les affrontements verbaux entre Wens et le mari suspecté en étant les meilleurs moments.
Changement de décor avec l’histoire mettant en scène Lemmy Caution, agent du FBI et tombeur de ses dames créé par l’auteur britannique Peter Cheyney, embarqué dans une histoire de bijoux volés dans laquelle il va croiser tous les codes du roman noir : poursuite endiablée, échanges de coups de feux avec des gangsters patibulaires, beautés vénéneuses… Le plus américain des trois segments, le moins réussi aussi. La faute à un scénario original (signé Cheyney lui-même) qui manque de surprise même si, encore une fois, les dialogues font mouche et la caméra de Verneuil épouse parfaitement les codes du genre. Et puis John Van Dreelen, dans le rôle de Caution, n’a pas le charisme de Constantine, qui lui volera définitivement le rôle l’année suivante.
Enfin, le troisième et dernier segment met à l’honneur le célèbre commissaire Maigret, interprété cette fois par Michel Simon, dont l’unique prestation dans le rôle fera tout de même dire à Simenon lui-même qu’il incarnait le personnage à la perfection, lui donnant un air de croquemitaine. On ne peut plus vrai dans ce cas présent, étant donné que le célèbre limier se casse les dents sur le témoignage d’un jeune enfant de chœur (le talentueux Christian Fourcade qui fera une belle carrière et incarnera même Bonaparte enfant sous la direction de Guitry) témoin d’un meurtre, qui a l’air bien minuscule face à lui. Le contexte se situe dans les quartiers très populaires, voire pauvres, que Verneuil restitue très bien à l’écran. On y sent la misère et l’humidité mais aussi, dans l’écriture, la très grande humanité de Maigret, qui reprend l’un de ses hommes lorsqu’il interroge le gamin de manière un peu trop musclé ou sa très grande simplicité lorsque, amoindri par la grippe, il sort dans la rue en pyjama après une nuit ruisselante de fièvre mais prolifique dans l’élucidation d’une partie de l’énigme.
De la haute bourgeoisie aux venelles sombres et tortueuses, en passant par les milieux interlopes des réseaux mafieux, Brelan d’As propose donc trois variations policières qui plairont sans aucun doute aux aficionados de romans policiers. Une bonne raison, parmi d’autres, comme celle de découvrir un Verneuil nettement moins connu que certains autres, de faire l’acquisition de cette nouvelle galette signée par les spécialistes du cinéma français de Coin de Mire.
Image
Comme toujours chez Coin de Mire, la restauration est impressionnante et nous fait découvrir le film comme jamais auparavant. Les noirs sont profonds, les blancs immaculés, les contrastes saisissants et l’image, sans aucun doute pour la première fois depuis l’existence de la bobine, fourmillantes de détails.
Son
Même si le son s’en sort comme toujours un peu moins bien que l’image, la restauration de l’unique piste mono en DTS-HD Master Audio est elle aussi du bel ouvrage. Ainsi la quasi intégralité des dialogues s’entendent très bien sans peu ou pas de ces voix aigües et/ou nasillardes souvent présentes dans les très vieux enregistrements.
Interactivité
Comme toujours chez Coin de Mire, le packaging est superbe et la possibilité de visionner le film avec (ou sans) ses actualités et réclames d’époque reste toujours aussi sympathique. Concernant le film lui-même, une seule bande annonce.
Liste des bonus
La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d’époque, un livret reproduisant des documents d’époque (24 pages), 10 reproductions de photos d’exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l’affiche d’époque (29 x 23 cm).