BLANCHE NEIGE

Disney’s Snow White – Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Conte de fée
Réalisateur : Marc Webb
Acteurs : Rachel Zegler, Gal Gadot, Andrew Burnap, Ansu Kabia, Colin Michael Carmichael, Emilia Faucher…
Musique : Jeff Morrow, Benj Pasek, Justin Paul.
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos TrueHD Anglais, Dolby Audio 7.1 Français, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Néerlandais, Allemand, Italien…
Durée : 109 minutes
Editeur : Walt Disney France
Date de sortie : 23 juillet 2025
LE PITCH
Blanche-Neige est une princesse d’une très grande beauté, ce qui rend jalouse sa belle-mère. Celle-ci demande quotidiennement à son miroir magique de lui dire qu’elle est la plus belle ; mais un jour, le miroir affirme que la plus belle femme du royaume est Blanche-Neige. La reine décide alors de la tuer mais le garde chargé de cette tâche ne trouve pas le courage et abandonne Blanche-Neige dans la forêt.
« Comme une belle journée d’hiver »
Énième réinterprétation d’un classique de son catalogue de film d’animation, Blanche neige aurait dû, par l’importance historique de l’original, devenir l’événement cinéma 2025 pour Disney. Mais sabordé par des polémiques d’une bêtise crasse et abandonné par un studio finalement frileux, le film n’a connu qu’une carrière bien timide, un peu honteuse et un peu injuste.
La pertinence de revisiter ses propres films d’animation déjà tous inspirés de contes ou d’ouvrages connus de tous reste, en dehors des causes commerciales, une question pour le moins douteuse et bancale. Cela étant dit, dans la déjà longue liste de tentatives où seuls Cendrillon (très libre et signé Kenneth Brannagh) ou Dumbo (très libre et signé Tim Burton) surnagent aisément, s’attaquer au premier long métrage animé du studio et le maitre étalon du genre pour toute l’industrie américaine depuis 1939 avait effectivement une certaine pertinence… Surtout si la production profitait justement de ces presque cent ans de décalage pour moderniser l’entreprise. Inattaquable techniquement, doté de tableaux plus que mémorables et d’une direction artistique toujours aussi impressionnante, Blanche neige et les sept nains est dans le fond un pur objet de son époque, valorisant une héroïne soumise et gourde au possible trouvant le bonheur en faisant le ménage pour sept nains à l’hygiène très particulière, attendant patiemment qu’un gentil prince viennent la marier pour enfin trouver son bonheur. Le film de 2025 secoue efficacement tout ça et opte pour une jeune princesse bien plus pro-active s’opposant ouvertement à la méchante belle-mère (qui au passage ne représente plus cette vilaine européenne qui réclame son indépendance), pousse Prof, Atchoum, Simplet et les autres à briquer leur logis comme des grands et s’entiche d’un jeune rebelle façon Robin des bois qu’elle choisira elle-même d’embrasser après être revenue miraculeusement à la vie. Un regard rafraichi et bien sympa pour les petites filles d’aujourd’hui à qui le film propose un modèle bien moins ringard.
Le ver dans la pomme
Reste qu’au-delà de cet effort tout à fait louable, ce Blanche neige est tout de même bien loin du chef d’œuvre, sans doute éreinté par de nombreuses réécritures, un tournage sous tension, des reshoots en veux-tu en voilà, et de toute façon une certaine difficulté à broder autour d’un canevas d’un classicisme rabâché. Le réalisateur Marc Webb (The Amazing Spider-man) fait de son mieux à coups de travellings dans tous les sens, de cameras circulaires censées élever le rythme et la poésie, mais le cahier des charges Disney reste d’une lourdeur pachydermique avec ses nouvelles chansons déjà oubliées (seuls les versions longues de Hé Ho et Sifflons en travaillant marquent joliment le coup), son histoire qui se traine avec une bonne demi-heure de trop et surtout une incapacité constante à célébrer efficacement la splendeur des décors (essentiellement en durs) et des costumes, tournant rapidement à la comédie musicale façon Broadway mais déjà kitch. Un film constamment incertain dans son mélange de contemporanéité et d’hommages à tout va, où l’objet se prend systématiquement la beauté de son modèle dans les dents : la fuite dans les bois et la transformation en sorcière en sont des exemples frappants. Et si Rachel Zegler donne corps à une Blanche neige tout à fait convaincante (de ses petites mimiques à l’ancienne à ses petites notes d’ironies), Gal Gadot elle, malgré son éclatante beauté, doit composer avec une nouvelle vilaine Reine qui loin de l’inquiétante froideur d’autrefois se lance à son tour dans des morceaux musicaux excessifs qui ridiculisent tristement le personnage.
Pas de quoi faire frémir les gardiens du temple qui seront ravis de pouvoir dire que le film de 2025 n’a en rien entaché l’importance du standard animé et que son échec était prévisible. Juste une petite précision, l’échec relatif du film n’a rien à voir avec les prises de paroles de Rachel Zegler (qui en plus d’être d’origine colombienne a l’outrecuidance d’avoir une opinion morale et politique) ou avec la volonté d’offrir une vision plus progressiste, voir féministe, mais simplement avec l’inutilité du concept initial (le passage au live) et sa mise en forme bien trop basique et maladroite.
Image
On ne s’attendait pas à moins. La copie de Blanche neige est bien entendu immaculée et sublime à chaque instant un film qui ne cesse de tendre vers les couleurs et les sensations de l’animation. Le mélange de personnages live et de nombreux éléments en synthèses (personnages, animaux, décors…) se fait ici avec énormément de naturel, comme une évidence, tandis que le doublet HDR10 / Dolby Vision vient faire exploser les couleurs et la précision de la restitution. Superbe, pointu, coloré, vif et jamais mis à mal au contraire par des noirs impérieux, des contrastes musclés et une multitude de détails qui sautent constamment aux yeux.
Son
La Rolls sonore Dolby Atmos se met au service de ce film musical offrant de superbes sensations d’enveloppements et de puissance à chaque numéro chanté. Les voix s’emportent avec fluidité tout autour de l’assistance, les performances sont constamment dynamiques, tout autant que les segments plus calmes jouant admirablement de ses ambiances de conte de fée. Les dialogues sont toujours clairs et bien balancés. Bon ça c’est en anglais, le doublage français en Dolby Audio se montre plus modeste, certes très agréable, mais bien moins immersif.
Interactivité
Rien que du très classique du coté des suppléments de l’édition qui nous offre un petit making of grandement porté sur l’hommage au film de 39, un sujet consacré aux anciennes et nouvelles chansons et un autre plus intéressant sur les excellents costumes du film signés Sandy Powell, tous mélangeant quelques images des coulisses et des interviews enthousiastes des producteurs, réalisateurs et actrices. On y trouve aussi un petit bêtisier anecdotique et trois scènes coupées avec une introduction supplémentaire pour la méchante reine et une version légèrement plus longue de l’arrivée dans la forêt pour Blanche neige qui auraient tout à fait pu être maintenus dans le montage final.
Liste des bonus
« Vaillante, fervente, brave et dévouée » : Le making of de Blanche-Neige (12’), « Des chansons entraînantes » (9’), « Des costumes de contes de fées » (9’), Bêtisier (2’), Scènes coupées (2’).







