BLACK PHONE 2

Etats-Unis, Canada – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Scott Derrickson
Acteurs : Ethan Hawke, Mason Thames, Madeleine McGraw, Jeremy Davies, Arianna Rivas
Musique : Atticus Derrickson
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais et Allemand, DTS HD Master Audio 5.1 Français, italien et castellan.
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien, Néerlandais…
Durée : 113 minutes
Editeur : Universal Pictures Home Entertainement
Date de sortie : 25 février 2026
LE PITCH
Depuis son enlèvement, Finney, aujourd’hui âgé de 17 ans, éprouve beaucoup de mal à reprendre le cours d’une vie normale, alors que rien ni personne ne saurait arrêter Gwen, sa sœur de 15 ans. Mais le sinistre téléphone se met à sonner dans les rêves de l’adolescente, où elle voit sans cesse trois garçons se faire pourchasser dans un camp de montagne appelé Alpine Lake. Déterminée à mettre fin à ces cauchemars et à en percer le mystère, Gwenn persuade son frère de se rendre sur place, malgré le blizzard qui frappe la station.
En double appel
Production Blumhouse oblige, le succès de Black Phone se prolonge par un second opus d’autant plus étonnant que le principal représentant du mal avait été définitivement « vaincu ». Le studio n’est plus à ça près. Mais une fois n’est pas coutume, il semblerait que ce soit véritablement le réalisateur Scott Derrickson (Sinister, Doctor Strange) qui soit à l’origine du projet… avec un angle plutôt étonnant en prime.
Pas vraiment le plus grand réalisateur de sa génération, affichant une filmographie des plus inégales, Scott Derrickson s’est cependant affirmé avec deux vraies réussites dans le cinéma d’horreur : le terrifiant Sinister et le surnaturel Black Phone. Adapté d’une nouvelle du talentueux Joe Hill, ce dernier réussissait à marier psycho killer, fantastique et chronique adolescente faussement nostalgique avec une certaine finesse et une atmosphère particulièrement pesante. Sans compter sur la prestation mémorable d’Ethan Hawke en prédateur méconnaissable ! Mais comment rebondir après un final franchement définitif et sans réelle porte ouverte ? Véritable suite directe pourtant, Black Phone 2 s’appuie dès lors presque exclusivement sur les étranges pouvoirs dont faisaient preuve Finney, capable de parler aux enfants morts via le fameux téléphone du titre, et Gwen sa sœur dont les rêves sont parsemés de visions prophétiques. Deux adolescents désormais, toujours hantés par les évènements et la figure du tueur sadique, mais qui vont être rappelés à leur destin par les images d’un camp de vacances enneigé peuplé d’anciennes victimes du « grabber ». Hanté est véritablement le mot tant cette première moitié repose essentiellement sur une menace insistante, diffuse, oppressante, relevée de quelques tableaux fantomatiques bien scabreux, dans lesquels l’antagoniste va se faire de plus en plus présent, défiant la mort pour envahir les songes de Gwen.
« Ce numéro n’est pas attribué… »
Il y a vĂ©ritablement quelque chose du Freddy Krueger des Griffes de la nuit dans ce jeu entre le cauchemar et le rĂ©el, oĂą le rĂ©alisateur rejoue de sa fracture esthĂ©tique pour dĂ©limiter visuellement les deux « univers » : le gros grain et les couleurs abimĂ©es de la pellicule super 8 venant souligner le glissement vers l’ailleurs. Surtout Black Phone 2 reste Ă distance de la simple surenchère, s’attardant sur l’état psychologique des deux hĂ©ros (Mason Thames et Madelein McGraw sont toujours aussi attachants), rejoints ici par le jeune Ernesto, frère d’une des victimes du premier film et fiancĂ© en devenir de Gwen. On retrouve cette fragilitĂ© de la jeunesse, ses petites notes d’humour et de pics intrafamiliaux… Une orientation vĂ©ritablement rafraichissante pour une suite de film d’horreur mais qui malheureusement va peu Ă peu s’enfoncer dans une forme de latence, embourbĂ©e dans un scĂ©nario peu convaincant d’« origin story » avant de se laisser happer par les facilitĂ©s du slasher avec un croquemitaine aux capacitĂ© trop variables… et particulièrement douĂ© en patinage sur la glace. Dommage le basculement offert par une lente avancĂ©e au sein d’une tempĂŞte de neige sur le A brick in the Wall de Pink Floyd, le dĂ©cor isolĂ© de la colonie habitĂ©e par ses vieux secrets, le traitement fantastique proche une nouvelle fois des textes de Stephen King, le vacarme sonore et mystique qui brouille les perceptions, auguraient une sequel des plus inventives et inĂ©dites.
Mais progressivement le film perd de sa force et de sa tension, jusqu’à un final chaotique et prĂ©cipitĂ© oĂą mĂŞme les rares apparitions d’Ethan Hawke peinent Ă retrouver la force d’évocation du premier film. On n’était vraiment pas si loin d’une nouvelle très bonne surprise.Â
Image
Black Phone 2 travaille tout son long au moins trois esthétiques bien tranchées. La photographie bleutée et excessivement sombre des séquences autours du camp de vacances dans la neige, les moments plus naturalistes et plus chaud dans la ville d’origine de la première partie et les nombreuses séquences de rêves qui elles, sont capturées en super 8 pour provoquer un afflue de grain et des teintes volontairement délavée. Du numérique 4K à la pellicule rétro, le transfert s’en sort cependant haut la main, apportant constamment une précision et un relief imposants, maitrisant ses contrastes et sa colorimétrie, avec une richesse et une finesse plus éclatante encore sur disque UHD grâce aux traitements HDR10 / Dolby Vision.
Son
Propre et efficace, le doublage français assure la performance grâce à un DTS HD Master Audio 5.1 bien dynamique et enveloppant. Il se fait cependant assez facilement damer le pion par le Dolby Atmos de la version originale. Plus naturelle, forcément, mais aussi nettement plus souple et généreuse sur les ambiances, que ce soit pour un morceau de Pink Floyd qui semble sortir des ténèbres ou une tempête de neige éreintante qui semble entrer dans la pièce. Pointu et terriblement immersif.
Interactivité
Les suppléments proposés pour Black Phone 2 s’avèrent relativement standard avec trois featurettes qui composent in fine un petit making of sympa d’une trentaine de minutes, évoquant bien entendu le plaisir de revenir pour un second opus, la nouvelle voie du scénario, l’évolution des personnages et de l’univers du film, ainsi que des questions plus terre-à -terre autour du tournage, des décors et des effets spéciaux. Des sujets nettement plus développés dans l’excellent commentaire audio de Scott Derrickson qui de scène en scène va refaire tout le fil de la confection du film, revenant sur sa conversation avec Joe Hill qui lui aura donné l’idée de la suite, l’écriture, les différentes esthétiques, la direction d’acteur, les références… Très complet et passionné. Les disques UHD et Bluray contiennent aussi une petite sélection de scènes coupées, s’apparentant surtout à des petites apartés « adolescentes » autour de la trame principale.
Liste des bonus
Commentaire audio du rĂ©alisateur, Scènes coupĂ©es (8’), A l’autre bout du fil : Le casting de Black Phone 2 (10’), Une histoire sculptĂ©e dans la glace (10’), FigĂ© dans le temps (10’). Â







