BARFLY

Etats-Unis – 1987
Support : Bluray & DVD
Genre : Comédie dramatique avinée
Réalisateur : Barbet Schroeder
Acteurs : Mickey Rourke, Faye Dunaway, Alice Krige, Jack Nance, J.C. Quinn, Frank Stallone…
Musique : Jack Baran
Durée : 99 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : ESC Éditions
Date de sortie : 07 août 2024
LE PITCH
Henry fréquente assidûment le Golden Horn, un vieux bar miteux de L.A. Entre deux pintes, il se bagarre et rentre parfois chez lui en sang, fatigué d’une journée à se soûler et ne rien faire. Mais là, parfois, il prend sa plume et son âme s’envole.
Souvenirs d’un pas grand-chose
Il y a des films qui sont destinés à ne pas se faire. Barfly est de ceux-là. Mais à force d’obstination, et par un savoureux mélange d’alignement d’étoiles et de talents se rencontrant au bon moment, le miracle a parfois lieu. La sortie du bluray chez ESC est une bonne occasion de retourner y prendre un verre.
A priori, rien ne prédestinait Barbet Schroeder et Charles Bukowski à travailler ensemble. Car même si le réalisateur iranien tombe amoureux des écrits de l’écrivain poète dès la fin des années 70, et que celui-ci lui livre presque clés en main un scénario original, tout joue contre lui lorsqu’il veut le porter à l’écran. Il faut dire que la vie de l’écrivain est loin de l’image du Hollywood des années 80, plus rose bonbon et palmiers que bar mal famés et souvenirs d’enfance maltraitée. La misère et l’alcool sont les deux mamelles d’une vie d’errance sauvée in extremis par l’écriture et un talent inné pour manier les mots. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est chez les deux énervés israéliens Menahem Golan et Yoran Globus que Schroeder et Bukowski finissent par échouer. Ou plutôt réussir. Et pas qu’un peu.
Fleurs de biture
Henry, le héros de Barfly (littéralement pilier de bar), est évidemment un avatar de Bukowski. Un loser magnifique, crasseux et alcoolisé en permanence, qui passe son temps ancré à une gargote de Los Angeles, comme une vieille proue de navire délavée. Entre deux restes de conscience, il prend un malin plaisir à titiller l’un des barmen jusqu’à le rendre fou et se battre avec lui dans l’arrière-cour, avec comme seuls spectateurs, les poivrots et les poubelles. Une fois au tapis, il rentre presque en rampant et s’endort dans sa misère. A son réveil, il écrit quelques mots sur de vieux papiers. Des mots qu’il a même envoyé à un journal et qui, depuis, le recherche en vain. Un soir, le hasard de ses errances va l’amener jusqu’à Wanda, une femme tout aussi ivrogne et paumée que lui. Ils vont s’aimer, se détester et surtout, boire. Dans le rôle d’Henry, menton prognathe, cheveux gras, dos courbé et démarche hésitante, Mickey Rourke fait parfaitement illusions (à l’époque, il était au sommet de son sex appeal) et tient le film à bout de bras, à peine aidé par une Faye Dunaway malheureusement un peu éclipsée par le script mais toujours aussi magnétique. Un script d’ailleurs plutôt mince, qui se contente presque du minimum, mais auquel le savoir-faire de Schroeder donne vie sans le moindre artifice, mettant en avant le simple talent des acteurs et arrivant à faire apparaître, comme un halo scintillant, ce qui se cache derrière la crasse et l’autodestruction.
Un diamant brut totalement impossible à réaliser aujourd’hui. Une autre bonne raison de le (re)découvrir.
Image
Le grain d’origine est sauvegardé et les détails pullulent, mais on aurait aimé un peu plus de définition et de luminosité.
Son
Deux pistes, anglaise et française, identiques en termes de qualités techniques : un DTS-HD 2.0 pas fou mais dont les balances sont plutôt correctes. Les dialogues sont parfaitement audibles, sans chuintements, quant à la musique elle est malheureusement un peu trop discrète.
Interactivité
Près de deux heures de bonus, dont une longue interview de Barbet Schroeder qui revient sur la genèse du projet, son amitié avec Bukowski et ses difficultés à trouver le chemin des salles obscures. Une interview par Jean Douchet, un making of et des extraits VHS avec Bukowski himself. De quoi faire une boulimie autour du film.
Liste des bonus
Un livret (32 pages), Barbet Schroeder par Barbet Schroeder (119’), A propos de Barfly (40’), Je bois, je joue, j’écris (12’), Extraits des Bukowski Tapes (2’).