ASTÉRIX & OBÉLIX CONTRE CÉSAR

France, Allemagne, Italie – 1999
Support : Bluray & DVD
Genre : Comédie
Réalisateur : Claude Zidi
Acteurs : Christian Clavier, Gérard Depardieu, Roberto Benigni, Michel Galabru, Laetitia Casta, Claude Piéplu, Daniel Prévost, Pierre Palmade, Arielle Dombasle, Sim, Jean-Pierre Castaldi…
Musique : Jean-Jacques Goldman, Roland Romanelli
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Anglais
Durée : 109 minutes
Éditeur : Pathé
Date de sortie : 27 septembre 2023
LE PITCH
Toute la Gaule est occupée. Toute ? Non ! Un petit village résiste encore et toujours à l’envahisseur ! A coup de potiron magique et d’effets spéciaux survitaminés, les irréductibles Astérix et Obélix protègent les gaulois des stratagèmes de l’ignoble Détritus !
Les galères d’Astérix
Alors film le plus cher jamais tourné en langue française, superproduction associant les voisins italiens et allemands (friands eux aussi de la BD) et vendu comme une prouesse technique autant qu’une adaptation live attendue depuis des lustres, Astérix & Obélix contre César faisait l’évènement en 1999. Qu’en reste-t-il plus de vingt ans après ?
Il faut rendre à César que cet opus avait le courage (ou l’orgueil) d’être le premier. Goscinny avait toujours jugé que le passage a des acteurs réels était tout simplement impossible, oui mais voilà depuis la fin des années 70 c’est Albert Uderzo qui dirige la « marque » et malgré des ventes toujours faramineuses, force est de constater que le génie s’évapore peu à peu. Pas étonnant dès lors qu’il ait immédiatement donné son feu vert au scénario de Claude Zidi, figure incontournable de la comédie bien de chez nous (Les Sous-doués, Banzaï, Les Ripoux, La Totale…), dialogué par Gérard Lauzier collègue de BD (Tranches de vie) et réalisateur balourd à ses heures. L’objet est un étrange, et mauvais, agglomérat de multiples albums (Le Devin, La Serpe d’or, La Zizanie…) entortillé dans quelques bribes inédites et où se superposent à l’arrivée plusieurs trames parallèles : la romance entre ce brave Obélix et la jolie Falbala (Laeticia Casta), une vague histoire d’impôts et de caisse d’or dont on abandonnera les conséquences en cours de route et le complot mené par le fourbe Detritus (Roberto Begnini) pour devenir César (l’allemand Gottfired John, invisible) à la place de César. La sauce a forcément beaucoup de mal à prendre, surtout que les acteurs (tout le gratin de la franchouille) laissés en roue libre sont ouvertement invités à faire chacun de leur côté leurs petits numéros persos à grand renforts de grimaces et de gesticulations.
Nos ancêtres les ringards
Si Gérard Depardieu en Obélix est physiquement une évidence et finalement La bonne surprise du film, Christian Clavier en Astérix se croit dans un nouvel épisode des Visiteurs et notre ami italien agite les bras et parle fort comme à la cérémonie cannoise. Pourtant au vu des soins impressionnant alloués à la reconstitution du village gaulois, l’ébauche de réalisme pas si bête sur les costumes et détails historiques, les prouesses alors plutôt novatrices de l’équipe de Pitof sur les effets numériques (250 plans ! le luxe) et surtout la superbe photographie signée par la pointue Tony Pierce-Robert (Les Vestiges du jour, Chambre avec vue…. excusez du peu), il y avait largement matière à signer une comédie familiale ambitieuse et réjouissante. Malheureusement le film traine constamment la patte, balance les bons gags avec parcimonie, s’essaye à un merveilleux ridicule et n’essaye même pas d’apporter un soupçon de grand spectacle à une BD filmé au raz de la case. La mise en scène de Zidi, bien plate, reste calée sur les acteurs, et s’attarde plus que de raison sur des séquences qui s’étirent à l’infini. La loooongue épreuve façon Fort Boyard d’Astérix dans l’arène romaine et ses animaux mortels devient un chemin de croix pour un spectateur en fin de course, achevé par l’interminable épilogue (déjà) atteignant le bon quart d’heure de vide et de flottements.
Des faiblesses, des errances et une autosatisfaction lourdingue que le jeune producteur Thomas Langmann (fils de Claude Berri), justement à l’origine du projet, n’hésitera pas à exacerber encore pour son terrifiant Astérix aux jeux olympiques en 2008. Heureusement entre les deux, Chabat aura signé son petit miracle. Ouf.
Image
Entièrement restauré en 2022 avec un nouveau scan 4K des négatifs, Astérix & Obélix affirme d’éclatantes nettetés et propretés. Plus aucun défaut n’apparait à l’écran et surtout un travail admirable a été apporté à la colorimétrie, plus vive, profonde et généreuse que jamais. Le réétalonnage a permis aussi au passage de mieux intégrer les éléments en images de synthèses, certes datés, mais ici homogénéisées au mieux avec le reste du film. Le petit grain de pellicule, la profondeur et les nombreuses matières (costumes, décors…) sont dessinés avec une précision particulièrement pointue.
Son
Très efficace même si, comme le film, essentiellement axé sur les dialogues, le DTS HD Master Audio 5.1 donne un peu plus de volume à un film qui peut en manquer. Le son est bien clair et fermement restitué, les échanges sont fluides et dynamique avec quelques effets plus spatiaux sur les ambiances du village ou les projections de romains.
Interactivité
Peut-être qu’un petit documentaire rétrospectif aurait pu remettre le film en perspective avec les essais suivants ou revenir sur les engagements risqués d’alors. Rien de neuf cependant, on retrouve les deux documentaires tournés alors pour la télévision et disponibles sur les DVD. Le principal reste « L’envers du décor » qui suit pas à pas la construction des principaux décors, la mise en place des effets spéciaux numériques (alors encore assez inédits) et le tournage de certaines scènes clefs entrecoupées de morceaux d’interviews du producteur Claude Berri ou des acteurs.
Classique mais très informatifs et généreux sur les images de coulisses, il est complété par une série d’entretiens avec une grand part de l’équipe du film (et donc des version longues des inserts croisés dans le précédents) qui parlent autant de la production, de la réalisation, de la ressemblance avec les personnages, de la composition de la musique (Goldman très discret comme d’habitude) ou de voir son œuvre être adapté en live avec Albert Uderzo.
Liste des bonus
« L’Envers du décor » : making of (25’), Entretiens avec l’équipe du film (25’).