ARRÊTE-MOI SI TU PEUX

Catch Me If You Can – Etats-Unis – 2002
Support : 4K UHD & Bluray
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Leonardo Dicaprio, Tom Hanks, Christopher Walken, Nathalie Baye, Martin Sheen, Amy Adams, Jennifer Garner…
Musique : John Williams
Durée : 140 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français, Anglais
Editeur : Paramount Pictures France
Date de sortie : 3 décembre 2025
LE PITCH
Années 60. L’histoire vraie d’un véritable imposteur recherché dans le monde entier. A 17 ans, il se fait passer pour un pilote de Boeing, un avocat, un médecin et détourne des millions de dollars. Il fait enrager le meilleur agent du FBI. Qui est le chat ? Qui est la souris ?
Quand la légende dépasse la fiction
Compris très vite comme une comédie douce-amère, Arrête-moi si tu peux se juge par la profondeur de son histoire. Que l’on connaisse de près ou de loin le cinéma de Steven Spielberg, il apparaît bien vite que ce film est l’un de ses projets les plus personnels.
Il est maintenant de notoriété publique de savoir qu’adolescent le futur cinéaste des Dents de la mer a joué les rôles d’imposteurs en s’octroyant un bureau vide dans les studios Universal afin de se faire passer pour un jeune producteur en devenir. Avec son visage imberbe et ses allures de jeune américain, il est difficile d’adhérer entièrement à la mythologie qu’il s’est lui-même créée. Quoi qu’il en soit, c’est par ce biais plus ou moins véridique qu’il a pu rencontrer Sid Sheinberg du département télévision du studio. Croyant en sa bonne étoile, il lui a donné sa chance, bien lui en a pris . Grâce à ce rôle de passeur, Steven Spielberg a su créer sa légende personnelle pour le mener vers la reconnaissance publique et critique de cinéaste à stature mythologique. Il n’est pas surprenant que le metteur en scène se reconnaisse dans l’histoire de Frank Abagnale. Lui seul pouvait l’adapter avec toutes les complexités sous-jacentes de son sujet. Un ado prend l’identité d’un pilote de ligne, médecin et avocat entre ses 16 et 19 ans. Le film le touche personnellement ; des parents qui divorcent, un enfant qui se réfugie dans ses rêves, un père de substitution… Le jeune Abagnale se retrouve finalement recruté par le FBI pour démanteler les autres arnaqueurs. Le parallèle avec la vie de Steven Spielberg et son statut allant de jeune prodige à cinéaste confirmé et vénéré n’est pas fortuite.
Écrire l’histoire ou imprimer la légende ?
Avec le gentillet Le terminal qui lui fait suite, Arrête-moi si tu peux est une parenthèse, une bouffée d’oxygène post 2001 dans la carrière de Steven Spielberg. Il succède à Amistad, Il faut sauver le soldat Ryan, des sujets sérieux et engagés à La Guerre des mondes et Munich des films tout aussi revendiqués en réponse aux attentats du 11 septembre.
Leonardo DiCaprio est parfait en Frank Abagnale ; jouant de son insolence jeunesse, il aborde en profondeur les tourments de l’adolescence le propulsant vers l’âge adulte bien avant l’heure. Plus par dépit que par jeu, il enfile les habits de ses arnaques pour oublier son identité perdue. Il idéalise son père brillamment interprété par Christopher Walken en magouilleur comme image paternelle. La seule personne de confiance, représentant l’autorité perdue mais bienveillante sera contre toute attente le policier joué par Tom Hanks. Rôle qu’il interprète avec toute l’humanité qu’on lui connaît. Steven Spielberg s’amuse en mixant fiction et réalité. Derrière cette fausse comédie se trouvent les angoisses de son auteur et son besoin de reconnaissance. Lui qui longtemps fut dénigré par l’intelligentsia cinéphile du monde entier dû se contenter de son public entièrement dévoué. Si ce n’est pas pour le déranger (car après tout comme il le dit lui-même c’est pour le spectateur qu’il fait des films) le besoin de reconnaissance est un but qu’il a sans doute recherché toute sa vie. Un moyen de prouver à ses parents qu’il a réussi à exister malgré la rupture parentale qui faisait le ciment de sa vie. Fantasmée dans le film par la famille représentée par celle de Martin Sheen. Après avoir œuvré sur cette thématique une grande partie de sa carrière, Arrête-moi si tu peux sonne comme la conclusion de cette période. Le réalisateur n’a plus rien à prouver ; il s’affranchit, fait des films pour lui-même, au public et à la critique de le suivre. Il prouve une fois de plus qu’il est à l’aise dans tous les domaines, la légèreté côtoie la gravité intérieure de ses personnages. On ne peut que se reconnaître dans l’un ou l’autre, chacun vivant ses déceptions et ses victoires à sa manière. Spielberg en guise de thérapie se retrouve en Abagnale. Il est intéressant de voir son approche 20 ans plus tard avec Fablemans qui lui fera l’effet inverse, il traversera la pellicule dans l’autre sens pour créer sa propre légende.
Image
Le film gagne allégrement en finesse sans néanmoins être transcendant. Elle retranscrit bien l’ambiance typique des années 60 avec ses couleurs bien contrastées et la photo diffuse de Janusz Kaminski. Spielberg étant attaché à la pellicule, le grain est préservé dans le pur respect souhaité par son metteur en scène. Le master est d’une propreté immuable, élégamment accompagné par un traitement Dolby Vision / HDR 10 qui apporte des teintes plus soutenues et riches, sans dénaturer les sensations d’origines.
Son
La piste son française n’a rien de démonstratif. Elle reste équilibrée faisant la part belle aux ambiances sonores. Si on veut du DTS HD, il faut aller sur la version originale plus puissante et précise. Il n’y a malheureusement pas de plus-value avec le Bluray là où un Dolby Atmos aurait certainement été bienvenu.
Liste des bonus
Aucun.






