ARCHIVE

Royaume-Uni, Hongrie, États-Unis – 2020
Support : Bluray
Genre : Science-fiction, Drame, Thriller
Réalisateur : Gavin Rothery
Acteurs : Theo James, Stacy Martin, Peter Ferdinando, Toby Jones, Rhona Miltra…
Musique : Steven Price
Durée : 109 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, DTS 5.1 français, italien, espagnol…
Sous-titres : Français, anglais, italien…
Editeur : Universal Pictures Home Entertainment
Date de sortie : 03 février 2021
LE PITCH
- George Almore travaille sur une intelligence artificielle véritablement équivalente à l’intelligence humaine. Son dernier protype est presque prêt. Cette phase sensible est aussi la plus risquée. Surtout qu’il a un objectif qui doit être caché à tout prix : être réuni avec sa femme morte …
Faire son deuil…
Depuis l’apparition du Covid 19, beaucoup de choses ont changé dans nos existences. Le cinéma est également frappé de plein fouet, et les cinéphiles doivent faire le deuil des sorties en salle… Archive fait malheureusement partie de cette nouvelle catégorie de films à sortir directement en Vidéo. Un fait regrettable tant il aurait facilement pu trouver son public. Espérons pour Gavin Rothery et son premier film, qu’ils ne finissent pas directement à la case Archives…
Après avoir travaillé sur les effets visuels de Moon, l’ancien développeur de jeux vidéo Gavin Rothery signe avec Archive son premier long-métrage. Sorti en 2020, le film n’a eu droit qu’à une présentation confidentielle en salles, coronavirus oblige. L’édition de Universal Pictures est donc l’occasion de découvrir ce film de science-fiction, intelligent et intimiste.
Se déroulant dans une dystopie, Archive se concentre avant tout sur son personnage principal, interprété par Theo James (Divergente, Trahison d’État...), également coproducteur du film. Son personnage de génie de l’informatique solitaire et irascible est obnubilé par l’idée de faire revivre sa femme. N’arrivant pas à faire le deuil, et se sentant coupable de l’accident fatal, il communique avec elle via le système Archive qui permet d’avoir environ 200 heures de conversation possible avec les défunts… Bientôt arrivé au bout de ce décompte, il tente de faire revivre sa femme sous les traits d’un robot affublé d’une intelligence artificielle révolutionnaire.
Humain, trop humain
Au-delà de la performance technique et visuelle, le film de Rothery se distingue par sa profondeur et l’étendue des thèmes abordés. Difficile de pas voir dans notre George Almore, une sorte de Dr. Frankenstein prêt à tout pour faire revivre l’être aimé, quitte à se prendre pour Dieu. A bien des égards, on pensera au réussi Ex-Machina, qui déjà réactualisait cette image de savant fou. Quant à cette idée d’archivage des défunts, elle est aussi fascinante qu’inquiétante !
L’une des véritables réussites d’Archive tient dans la relation qu’entretient Almore avec ses prototypes, J1, J2 puis J3, version « humanoïde » de sa femme. En effet, J2, sous ses airs de robot des sixties, est une sorte de réincarnation de la femme défunte, avec ses souvenirs, ses doutes… Face à l’apparition de la concurrence J3, J2 deviendra jaloux et interrogatif envers son concepteur. Des moments assez déstabilisants puisqu’ici ce sont bien les robots qui seront les plus humains, les plus doués de sensibilité face à un roboticien obsédé, englouti par son désir de création. Tourné comme un huis-clos, le malaise devient de plus en plus palpable jusqu’à l’explosion finale, avec un twist renversant entièrement notre vision du film et nous interrogeant sur la réalité et le virtuel.
Il convient de noter la remarquable prestation de Stacy Martin qui interprète pas moins de quatre rôles ! Les trois prototypes et Jules, la femme décédée. On appréciera aussi les présence de Toby Jones (Neverland, Hunger Games..) et Peter Ferdinando, en agents de maintenance farfelus de l’Archive. Enfin, la B.O. De Steven Price, oscarisé pour la BO de Gravity, est des plus efficaces entre ambiance atmosphérique et musique électro « french touch » !
Image
Le Master Haute Définition du film est de grande qualité. Les scènes extérieures, tournées dans un paysage enneigé à la The Thing, sont sublimes et l’on regretterait presque qu’elles ne soient pas plus nombreuses. Rien à redire sur les couleurs et contrastes, on en prend plein la vue ! Au passage, soulignons le travail de Laurie Rose, directeur de la photographie.
Son
Difficile de faire la fine bouche avec ce DTS-HD Master Audio 5.1, proposé en VO. Tout y est très clair et aéré ; les moments musicaux, notamment lors de la danse de J3, sont véritablement immersifs. La VF est proposée en DTS 5.1, et ne pose pas de problème particulier.
Interactivité
On pourrait juger les bonus un peu maigres, mais les interviews, concentrées sur le film en lui-même, sont très intéressantes. On en apprend un peu plus sur les conditions de tournage, notamment le fait que peu d’effets visuels soient présents sur le film, Rothery préférant les effets pratiques.
L’éclairage fait par Stacy Martin sur les personnages qu’elle interprète vaut le détour aussi, entre la combinaison à enfiler, les 5 heures de maquillage par jour, et le sentiment qu’elle a eue de ne pas être vue comme un humain sur le plateau, à cause de cet attirail… Justement une des idées véhiculées par le film sur la perception d’une humanité chez les robots…
Liste des bonus
Trois interviews : Theo James (12′), Stacy Martin (14′) et Galvin Rothery (8′).