ANACONDA

Etats-Unis, Brésil, Pérou – 1997
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Luis Llosa
Acteurs : Jennifer Lopez, Ice Cube, Jon Voight, Eric Stoltz, Jonathan Hyde, Owen Wilson, Danny Trejo…
Musique : Randy Edelman
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS HD Master Audio Anglais, Français, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Chinois, Arabe…
Durée : 89 minutes
Éditeur : Sony Pictures
Date de sortie : 17 décembre 2025
LE PITCH
Afin de réaliser un documentaire sur une peuplade inconnue d’Amazonie, l’anthropologue Cale et son équipe s’enfoncent dans la jungle. Ils portent secours à Paul Sarone, chasseur de serpent dont l’embarcation est en panne. Il profite de la faiblesse de Cale pour prendre le commandement de l’équipe et s’enfoncer plus avant dans la forêt, à la poursuite du plus grand des reptiles, l’anaconda, qui broie ses victimes avant de les gober tout entières…
Crache ton venin !
Drôle de cas que cet Anaconda à la fois généreusement nommé aux Razzie Awards de 98, considéré par beaucoup comme un accident industriel, un nanar de luxe, et de l’autre côté responsable d’une mini franchise de trois suites lucratives et toujours soutenu par des accros aux séries B, premier ou second degré. Le fait que le remake sortant en cette fin d’année opte pour le détournement comique en dit beaucoup aussi.
Parce qu’un certain Jurassic Park montra qu’avec un peu de talent on pouvait redynamiser la série B d’aventure et la marier avec l’explosion des toutes nouvelles images de synthèses, les concurrents d’Universal s’imaginèrent tous pouvoir à leur tour produire leur propre film de monstre moderne. Un retour aux bons vieux films d’attaques animales mais avec désormais les contours d’un blockbuster estival. Ne serait-ce que pour le projet Anaconda, c’est le tout Hollywood qui fut évoqué tour à tour comme membre du casting, de Ben Stiller à Michael J. Fox pour le rôle du séduisant anthropologue, de Tommy lee Jones à Jack Nicholson dans celui du vieux mercenaire vicelard et du côté du premier rôle féminin se furent un temps Jennifer Aniston, Juliette Binoche, Nicole Kidman, Kim Basinger, Sandra Bullock ou Gillian Anderson qui furent en haut de la liste avant que la chanteuse Jennifer Lopez ne mette son grappin dessus. Preuve que la Columbia y croit dur comme fer, avec un budget alloué de 45 millions de dollar et l’implication, très couteuse il faut le dire, du nouveau studio d’effets spéciaux de Sony. Outre d’engouffrer une bonne partie des économies, ces fameuses images de synthèses très vite bien compliquées à gérer et à marier avec les, pour le coup, très convainquant animatroniques, sont l’un des premiers soucis du film, qui à force de montrer son serpent géant sous toutes les coutures (rattrapant au vol l’une de ses victimes, voyant son abdomen prendre la forme du corps d’une autre comme dans un cartoon…) décrédibilise le bestiaux de 15 mètre tout en empêchant de mettre en place une véritable tension. Spielberg l’avait compris : dans ce genre de film, trop de monstre, tue le monstre.
Cuit à l’étouffée
Réalisateur de bons gros actionners bas du front des 90’s comme Sniper et L’expert, le péruvien Luis Llosa a aussi le gros défaut de constamment hésiter entre proposer un véritable film d’aventure sombre, dur et poisseux et de se vautrer dans la série B volontairement crétine et primaire. Ainsi la superbe filmographie crépusculaire de Bill Butler (Délivrance, Rocky…) souligne l’intensité d’un tournage en situation sur les rives de l’Amazonie et l’omniprésence d’un monde sauvage angoissant, tandis que le film glisse doucement vers les souvenirs d’un Apocalypse Now ou d’un classique comme L’Étrange créature du lac noir. Des airs de survival rapidement rattrapés malheureusement par des personnages d’une bêtise consternante (et pourtant Owen Wilson ne fait même pas le clown), un scénario digne d’un vieux Z italien et une direction d’acteurs absente ou au mieux hasardeuse. La mention spéciale allant bien entendu ici au vétéran John Voight qui cabotine comme un sagouin à chaque apparition, jouant les vieux salopards aux airs reptiliens en multipliant les clins d’œil (au propre comme au figuré) aux spectateurs. Anaconda s’enfonce graduellement dans des eux de plus en plus boueuses jusqu’à multiplier les rebondissements improbables et ridicules dans une dernière bobine irrésistible… au 15eme degré.
Jamais vraiment honteux mais bien loin d’être réussi, Anaconda premier du nom coûta tout de même sa carrière au réalisateur qui retourna tourner des projets plus modestes et tranquilles dans son pays natal. L’objet se dota surtout d’un petit culte, surtout pour les amateurs de bis foireux et de concours de t-shirt mouillés… Les acteurs Jack Black et Paul Rudd font partie de ceux-ci. Curieux de voir ce que va donner leur hommage / détournement.
Image
On ne peut pas dire qu’Anaconda avait été particulièrement gâté en vidéo depuis sa sortie salles, les précédents DVD et Bluray reposant sur un master rapidement daté et mollasson. Cette ressortie 4K viendra certainement combler les espoirs des amateurs du film. L’image est désormais finement propre, doté de reflets filmiques (argentiques, grain…) et surtout d’une définition impérieuse. On aperçoit toujours quelques plans au nettoyage numérique plus marqués avec une très légère tendance aux contours bruités, mais dans l’ensemble le piqué est bien creusé et permet, avec l’adjonction de l’HDR / Dolby Vision, de booster véritablement une photographie anciennement à la fois terne et trop sombre. Les teintes se font plus chaudes et le réétalonnage permet même une meilleure intégration des images de synthèse.
Son
Belle upgrade aussi du côté des pistes sonores avec un Dolby Atmos qui dépote comme il faut, aussi subtile et délicate que le film lui-même. Les ambiances de la jungle sont parfaitement enveloppantes, les thèmes musicaux sont envahissants à souhait et les dialogues s’affirment avec clarté. Le DTS HD Master Audio 5.1 de la version doublée française s’en sort avec les honneurs, déployant une dynamique tout à fait efficace.
Interactivité
Pour une fois le film est présenté avec une poignée de bonus. Pas de rencontre avec Jennifer Lopez ou de making of à l’horizon mais deux conversations, l’une avec le réalisateur, l’autre avec le scénariste, qui permettent de délivrer quelques anecdotes sur les soucis techniques du film ou certains acteurs pas franchement à l’aise avec l’esprit de la jungle. Ce qui n’était pas le cas de John Voight. Les deux assument totalement le ton du film et les emprunts à quelques grands classiques. Le commentaire audio du critique américain donnera quelques clefs aux plus studieux, mais le plus surprenant reste la dizaine de minutes de scènes coupées, venant étoffer la caractérisation (si, si) des personnages durant la première partie du film.
Liste des bonus
Commentaire audio de Scott Harrison, There’s a Devil Indide Everyone : Directing Anaconda (19’), A perfect Killing Machine : Writing Anaconda (9’), Scènes coupées et rallongées (12’), Bandes annonces.







