AILLEURS

Away – Letonnie – 2019
Support : DVD
Genre : Fantastique, Animation
Réalisateur : Gints Zilbalodis
Acteurs : Aucun
Musique : Gints Zilbalodis
Durée : 74mn
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Audio 5.1 & 2.0
Sous-titres : Aucun
Editeur : Septième Factory
Date de sortie : 12 février 2021
LE PITCH
Un jeune garçon se réveille en haut d’un arbre. Son parachute lui a évité de s’écraser. Autour de lui, un étrange paysage qu’il ne reconnaît pas. Une fois au sol, un humanoïde géant venu d’un horizon lointain et mystérieux commence à le suivre…
Lost
Si le cinéma d’animation français s’est fait bien plus que remarquer ces dernières années (le magnifique J’ai perdu mon corps pour ne parler que de lui) le reste de l’Europe, en la matière, à quelques exceptions près (mais souvent en collaboration étroite avec les studios hexagonaux) est un peu en peine. Or, l’année dernière, c’est de Lettonie que va venir la surprise. Une surprise certes humble si on la place face aux blockbusters auxquels le genre nous a habitué, mais qui va permettre à son auteur, homme-orchestre presque seul à bord, de rafler un certain nombre de prix.
Gints Zilbalodis a 25 ans. Et c’est de lui qu’il s’agit. Après plusieurs courts métrages (dont Oasis, au concept de départ qui donnera Ailleurs) le jeune homme décide de passer au long. Pour cela, il reste sur sa trame de héros naufragé (ici rescapé d’un crash) qui va devoir parcourir des paysages de toutes sortes lors d’un périple autant initiatique qu’onirique. Sans le moindre dialogue, accompagné d’une musique dont Zilbalodis est aussi le compositeur, on suit alors son héros dans les quatre phases d’un voyage dont la conclusion est sensée le ramener chez lui. Concept de départ, scénario, réalisation, montage, musique… Tout ou presque (seuls les effets visuels sont confiés à un spécialiste) est fait par le même bonhomme. Un sacré tour de force, surtout quand on sait les armées de techniciens et d’artistes de tous bords désormais nécessaires à la conception d’oeuvres animées. Hélas, la force de Zilbalodis est aussi sa faiblesse.
Another World
Les premières minutes d’Ailleurs sont assez bluffantes. Son univers, mystérieux, à base de grandes étendues ornées de concrétions étranges et d’un colosse de matière noire qui semble vouloir « avaler » notre héros, nous prend et ne nous lâche plus. Esthétiquement et par son atmosphère, le film renvoie rapidement à plusieurs des influences dont son auteur se réclame logiquement. A commencer par l’univers du génial Fumito Ueda, à qui l’on doit les jeux vidéo hyper immersifs Ico et Shadow of the Colossus. Comme leurs héros, celui de Zilbalodis est muet, évolue dans un monde qu’il ne connaît pas et susceptible de lui être fatal. On pourra aussi penser au cultissime Another World d’Eric Chahi, dont l’animation hachée et les décors épurés (pour des soucis autant techniques qu’esthétiques) trouvent aussi leur écho ici. Mais là où ses deux prestigieux modèles assènent des scénarii mûrement réfléchis, le jeune letton oublie un peu de parer son concept de départ d’atours propres à le rendre encore plus fascinant et marquant. On se retrouve donc, au bout d’un moment, face à un concept art autant réussi que décevant. Et ce malgré une conclusion qui viendra certes mettre un terme à l’aventure de son héros mais qui n’en demeure pas moins insuffisante du simple point de vue narratif. Il y a fort à parier, au vu du nombre de prix et de la visibilité qu’Ailleurs a permis de gagner à Gints Zilbalodis, que sa prochaine œuvre profitera d’un budget et d’une écriture plus conséquente. On l’attend donc de pied ferme.
Image
Une galette parfaitement convaincante, qui rend justice à l’univers très coloré du film, avec des tons très lumineux, des blancs immaculés et des noirs à la profondeur insondable.
Son
Alors que la plupart des œuvres animées d’aujourd’hui cherchent à en mettre plein les oreilles, Ailleurs profite lui d’une ambiance sonore très délicate, presque ouatée, à l’instar du bruit du vent, de celui des vagues ou du chant des oiseaux que croise le héros du film. Au dessus de cette bande son viennent se coucher des partitions qui ne servent qu’à rythmer l’action. L’ensemble, que l’on peut choisir sur 6 canaux, est un véritable délice pour l’oreille et participe formidablement bien à l’immersion voulue par son auteur.
Interactivité
Une bande annonce et un unique court métrage : Oasis, dont Ailleurs est le prolongement direct. Sympa sans plus, mais on notera tout de même les évolutions techniques (et les progrès du jeune homme) entre les deux œuvres.
Liste des bonus
Court métrage Oasis, Bande annonce.