28 ANS PLUS TARD

28 Years Later – Royaume-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs : Aaron Taylor-Johnson, Jodie Comer, Ralph Fiennes, Jack O’Connell, Emma Laird, Erin Kellyman…
Musique : Young Fathers
Image : 2.76 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS HD Master Audio 5.1 Français, Anglais, Espagnol…
Sous-titres : Français, Espagnol, Mandarin…
Durée : 115 minutes
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 22 octobre 2025
LE PITCH
Cela fait près de trente ans que le Virus de la Fureur s’est échappé d’un laboratoire d’armement biologique. Alors qu’un confinement très strict a été mis en place, certains ont trouvé le moyen de survivre parmi les personnes infectées. C’est ainsi qu’une communauté de rescapés s’est réfugiée sur une petite île seulement reliée au continent par une route, placée sous haute protection. Lorsque l’un des habitants de l’île est envoyé en mission sur le continent, il découvre que non seulement les infectés ont muté, mais que d’autres survivants aussi, dans un contexte à la fois mystérieux et terrifiant…
Mutagène
Pas tout à fait 28 ans après le premier opus, 28 jours plus tard, Danny Boyle (Trainspotting, Slumdog Millionnaire…) et le scénariste Alex Garland (Men, Civil War…) reviennent à l’Angleterre des infectés. Un point final un peu tardif à une cette trilogie (qui va en définitive se conclure… sur une trilogie) qui aurait pu rejouer l’inévitable séquelle référentielle et nostalgique tant à la mode dans le cinéma commercial actuel. Il n’en est rien : déstabilisante, choquante, allumée et intense, cette fin du monde ne ressemble à aucune autre.
On aura donc jamais l’attendu 28 mois plus tard, les deux créateurs de la série ayant préférés laisser le concept se décanter pendant deux décennies pour mieux s’éloigner des premières foulées. Le monde d’après tel que dépeint dans 28 ans plus tard tient alors parfois bien plus d’un des derniers chapitres blockbuster de La Planète des singes que du pur film de zombie. Ces derniers ont largement évolué, se spécialisant même comme dans certains jeux vidéo, mais surtout semblent se doter d’une organisation propre, tribale, sauvage naturellement, mais sous l’égide d’un alpha, titan inarrêtable… et doté d’un braquemart tellement imposant qu’il en devient hypnotique. Une friandise à la limite du ridicule parmi d’autres qui, à l’instar des combattants en joggings colorés de l’épilogue, souligne à la fois que Danny Boyle n’est pas près de se prendre totalement au sérieux, mais aussi que plus que jamais les 28 repose essentiellement sur une description d’un monde totalement chaotique, baroque, hostile et insaisissable. Les premières minutes passées sur la petite île écossaise des survivants, presque paradisiaque, sont trompeuses, puisque juste de l’autre coté d’une route submersible, le monde n’a jamais cessé d’évoluer et de se transformer, opposant cette civilisation persistance à un certain retour à l’ordre naturel, à la sauvagerie.
La Mort en marche (rapide)
Mais Danny Boyle ne l’aborde pas comme un divertissement post-apo classique, reprenant déjà son dispositif esthétique là où il l’avait laissé, remplaçant les caméra mini-DVD d’autrefois par des iPhones boostés par des objectifs derniers cris et de multiples drones (avec quelques passages pellicule aussi), poursuivant cette esthétique assez brute, superbe mais certainement pas parfaite, multipliant les effets de styles ultra marqués (les mini-bullet time ultra intense) et agitant constamment son montage de diverses ruptures ou d’images d’archives (véritables conflits historiques, extraits de films médiévaux…) pour mieux troubler tous les repères. Un film qui ne se dompte pas facilement, partant dans une direction (le survival forestier post Walking Dead) avant de bifurquer vers une autre, puis une autre, alternant les sublimes scènes mélancoliques aux airs d’instants de grâce avant de s’engouffrer dans une frénésie hallucinée aux lisières du trip mystique.
On n’avait pas connu Danny Boyle autant en verve depuis des années. Ni aussi cohérent avec son matériau et son œuvre personnelle, déplaçant l’horreur post-11 septembre vers celle de la chute actuelle, pour mieux rappeler une fois encore le moteur essentiel à la survie : l’autre. Au milieu de ces multiples expérimentation visuelle et narrative, 28 ans plus tard prend peu à peu un chemin de traverse et se consacre à une illustration déchirante de l’amour d’un fils pour sa mère et sa difficile acceptation de la mort prochaine de celle-ci. Guidé par un Raph Fiennes inattendu en défenseur de la mémoire des morts (le décor de l’ossuaire est d’une rare majesté) ce voyage initiatique jusqu’au bout de soi et de l’existence renvoie de manière apaisée aux ultimes batailles de 28 jours et 28 semaines plus tard (réalisé par Juan Carlos Fresnadillo) et affirme la singularité de cette saga « zombie » définitivement pas comme les autres.
Toujours produit par Boyle et Garland, mais confié à la réalisatrice Nia Da Costa, déjà responsable d’un passionnant Candyman en 2021, le 28 Years Laters : The Bone Temple annoncé pour janvier 2026 risque à son tour de prendre les spectateurs à contre-pied. Et c’est tout ce que l’on espère.
Image
Doté d’un traitement visuel des plus étonnants, mélangeant allègrement différentes sources (pellicules, numérique, drone, iPhones…) et bousculant leur cohésion par un montage qui n’hésite pas a y glisser quelques images d’archives, 28 ans plus tard gagne fortement à être visionné au format 4K. Pour son traitement intense des noirs et explosif des teintes, puissantes, et de leurs variations, épaulées par le combo Dolby Vision / HDR10…Mais aussi par la fermeté impressionnante des images, pointues, creusées, profondes, offrant des segments presque contemplatifs impressionnants et des articulations entre la nature de chacune qui en deviennent plus organiques et percutantes. Idéal.
Son
Une fois encore la piste Dolby Atmos écrase toutes les propositions concurrentes (dommage pour la version française) délivrant une prestation extrêmement nerveuse, dynamique, vive et ample. Les atmosphères naturelles sont toujours particulièrement enveloppantes, fourmillante de détails et spatialement impactantes, mais les nombreuses scènes de poursuites, de jaillissements d’infectés de toutes parts et les bruitages beaucoup plus curieux sont tout aussi tétanisant. Dialogues clairs et équilibrés, musique solidement incarnée… L’expérience est irréprochable.
Interactivité
Pas de supplément sur le disque UHD, il faut donc se tourner vers les Bluray pour visionner les petites featurettes produites pour l’occasion. Une évocation du passage du 28 jours plus tard au monde et aux thèmes de 28 ans plus tard, un sujet sur les nouveaux personnages et leurs interprètes, le look sauvages des infectés et deux thèmes sur le dispositif techniques et les petites expérimentions visuelles, s’égrènent malheureusement bien trop vite pour véritablement passionner. Quelques infos et images des coulisses sont à grappiller mais cela ne remplace pas un véritable making of.
Liste des bonus
Days to Years (7’), Capturing the Chaos (5’), The Survivors (6’), Becoming the Infected (6’), Behind the Cameras (7’), Bandes annonces.






