THE STUDIO SAISON 1

Etats-Unis – 2025
Genre : Comédie
Réalisateurs : Seth Rogen, Evan Goldberg
Acteurs : Seth Rogen, Catherine O’Hara, Ike Barinholtz, Chase Sui Wonders, Kathryn Hahn, Keyla Monterroso Mejia, Dewayne Perkins, Bryan Cranston, Dave Franco, Zoë Kravitz, Martin Scorsese…
Musique : Antonio Sanchez
Durée : 310’
Distributeur : Apple TV
Date de sortie : 26 mars 2025
LE PITCH
Matt Remick est le nouveau directeur de Continental Studios, une société de production en difficulté. Alors que leurs films peinent à survivre et rester pertinents, Matt et son équipe tentent de vaincre leurs propres incertitudes tout en affrontant les artistes narcissiques et lâches dirigeants d’entreprise qu’ils croisent, sans jamais perdre de vue leur inlassable envie de faire de grands films.
Hollywood Boulevard
Arrivé de nulle part (si l’on peut considérer que la chaîne Apple est cet endroit), The Studio est la bonne surprise télévisuelle du moment. Alliant le cynisme au comique, cette série laissée au bon soin de Seth Rogen se veut moins potache que ce que l’on pourrait attendre de sa part.
A la fois scénariste, producteur et acteur, Rogen porte ce projet depuis quelques années déjà (aidé par son vieux pote Evan Goldberg). A force d’arpenter les studios, il a largement eu le temps de l’observer et d’en comprendre le système. Son exploration sous couvert de l’humour semble bien plus proche de la réalité que des paillettes uniquement là que pour en mettre plein la vue. Il s’octroie le rôle principal, celui d’un producteur propulsé en directeur de studio. Son nouveau poste veut s’imposer à lui, avec l’argent roi et des productions insipides à produire dont le seul objectif est d’alimenter les tiroirs caisses de la société. Lui, rêve d’art et d’Oscar et a bien l’attention de changer les choses. Donner à ses productions une stature de film indépendant. Une stratégie loin de plaire au PDG et aux actionnaires. Et Seth Rogen de dénoncer tout cet univers, ses coulisses, coups foireux et réunions mercantiles comme autant de passages obligés éloignant ce directeur des chefs d’œuvres imaginés.
L’art ou l’argent, il faut Choisir
Seth Rogen prend sa série très au sérieux, il la traite comme le film que son protagoniste rêve de faire. Il soigne sa mise en scène, lui offre de splendides plans séquence (voir l’épisode 2 qui en est le thème), une photo léchée, un casting investi ; un traitement semblable au Tonnerre sous les tropiques de Ben Stiller. Et, cerise sur le gâteau une bonne poignée de guests dans leur propre rôle, bien loin du gimmick anecdotique qui s’amusent comme des petits fous. La plus magistrale d’entre elles et la plus iconique, est celle de Martin Scorsese. Le réalisateur, garant des studios à l’ancienne, à la cinéphilie encyclopédique, joue de sa stature d’intouchable. Son interprétation semble si proche de sa vie réelle. Il a beau être l’admiré Marty dans le milieu, ça ne l’empêche pas de se faire manipuler par les studios qui lui volent et plagient ses idées. Zoé Kravitz, elle aussi, y joue de son image en star faussement détachée des récompenses faisant croire que seul l’art compte…jusqu’au Golden Globe. Un défilé de stars que l’on n’a pas vu depuis la cultissime série Entourages produit par Mark Walberg pour HBO. Ce ne sont pas les seuls à se prêter au jeu. Ron Howard (en réalisateur sympa mais fourbe), Steve Buscemi (en star oubliée), Zack Snyder, Paul Dano… Rogen tire à boulets rouges avec un plaisir déconcertant pour mieux démonter l’hypocrisie du milieu, avec une mention spéciale sur un épisode centré sur un casting potentiel de blockbuster où la fausse-bonne conscience des studios est dénoncé d’une manière jubilatoire. Il n’en oublie pas les coups bas pour atteindre les sommets et les caprices des uns et des autres. On y verrait même l’ombre d’un Billy Wilder, excusez du peu, pour son auscultation du métier. Chaque épisode est un moment décisif de la vie d’un studio. Seth Rogen semble nostalgique de l’histoire des studios à l’ancienne ; une facette que l’on ne soupçonnait pas forcément chez lui, il nous en offre une vision actualisée et jubilatoire.
The Studio n’est pas une parodie, malgré son humour omniprésent, c’est une déclaration d’amour au septième art ou plutôt à l’image de ce qu’il devrait être, un medium artistique avant d’être financier. Vivement la saison deux !







