SUPERMAN

Etats-Unis – 2025
Genre : Aventure, Science-Fiction
Réalisateur : James Gunn
Acteurs : David Corenswet, Rachel Brosnahan, Nicolas Hoult, Edi Gathegi, Anthony Carrigan, Nathan Fillion, Isabela Merced…
Musique : John Murphy, David Fleming
Durée : 129 minutes
Distributeur : Warner Bros Pictures
Date de sortie : 9 juillet 2025
LE PITCH
Trois ans après s’être révélé au monde sous l’identité du super-héros Superman, le dernier fils de Krypton doit encaisser sa première défaite face aux sbires du milliardaire psychopathe Lex Luthor. Discrédité puis emprisonné, Superman ne peut compter que sur l’aide de Loïs Lane et du Justice Gang…
Make Superman Great Again !
Voilà bien un film qui aurait pu sombrer sous le poids de ses ambitions, à savoir relancer la franchise Superman mais aussi tout l’univers DC sur grand écran en rassemblant tous les suffrages (et un max de pognon) dans une Amérique divisée et à vif. Et pourtant, Superman version James Gunn se révèle être un blockbuster aussi désinvolte que foisonnant, bordélique mais attachant et qui doit beaucoup à son acteur principal David Corenswet, meilleur interprète du boyscout à la cape rouge depuis … Christopher Reeve.
Plus de deux cents millions dollars en poche et carte blanche pour redorer le blason de DC Studios et replacer le film de super-héros au centre de l’échiquier hollywoodien. Désormais rompu aux défis en tous genres (cf la trilogie des Gardiens de la Galaxie, le reboot de Suicide Squad ou la série Peacemaker) James Gunn n’était sans doute pas un choix évident pour tenir la barre du nouveau Superman et on pouvait même légitimement se demander si son cinéma très coloré, (faussement) immature et anarchiste serait vraiment compatible avec les envolées héroïques du plus grand et du plus sage des super-héros. Comme dirait un certain Jack Slater, monumentale erreur. Car c’est à la fois ignorer l’humanisme sincère qui irrigue la filmographie de Gunn et oublier la richesse de l’univers qui entoure Superman, sans cesse étoffé depuis sa création en 1938 par le duo Jerry Siegel / Joe Shuster.
Faisant fi de toute introduction en bonne et due forme (point d’origin story à l’horizon, exit Krypton et la jeunesse à Smallville) Superman cuvée 2025 nous plonge directement au cœur de l’action et d’un monde qui côtoie les super-héros (ou métahumains) depuis quelques siècles. C’est un choix narratif risqué et qui bouscule gentiment les habitudes mais Gunn y trouve la clé d’un récit dynamique et bon enfant qui parvient à capturer l’optimisme, la naïveté et la folie des comics, multipliant personnages loufoques et péripéties azimutées, tout en gardant la durée de son film en dessous des 130 minutes, un exploit à l’heure où le moindre blockbuster Marvel atteint le plus souvent les 3 heures de projection.
L’homme de fer a un cœur en or
Tout n’est pas rose pour autant, et le film souffre fréquemment de la voracité de son auteur. La caractérisation s’effectue ainsi le plus souvent à l’emporte-pièce (Lois Lane et Lex Luthor en tête, en dépit du talent de Rachel Brosnahan et de Nicolas Hoult), les pauses se font rares et la narration n’est pas aussi organique et légère qu’elle voudrait l’être. Sur la forme, ce n’est pas toujours ça non plus avec une caméra qui substitue maladroitement le grand angle au cinémascope des films précédents. Enfin, et c’est le plus gros reproche que l’on puisse faire au long-métrage, la musique de John Murphy et David Fleming ne propose qu’une relecture cheap et souvent dégueulasse des symphonies de John Williams, à vous en faire saigner les oreilles.
Malgré ces défauts, James Gunn peut compter sur le charme et le talent de son nouveau Kal-El, David Corenswet. Aperçu en projectionniste séducteur, objet de tous les fantasmes de Pearl (alias Mia Goth) dans le film du même nom, réalisé par Ti West, ce natif de Philadelphie se révèle être le meilleur successeur à ce jour de feu Christopher Reeve, empruntant d’ailleurs à ce dernier quelques tics de jeu bien placés. D’abord moqué sur la toile en raison de photos de tournage fort peu aguicheuses (et le fait que le fameux slip rouge soit de retour), Corenswet fait taire tous les doutes en quelques secondes. Naïf, bienveillant, naturel, imposant lorsque la situation l’exige, l’acteur est le cœur et l’âme de ce nouveau film, faisant oublier en quelques sourires sincères le physique de demi-Dieu torturé d’Henry Cavill dans les films de Zack Snyder.
C’est un retour aux bases bienvenu et salutaire. Qu’il se retrouve aux prises avec le chien Krypto (l’idée la plus saugrenue mais aussi la plus jouissive du film), avec la belle mais tenace Lois Lane ou avec sa némésis Lex Luthor, David Corenswet transcende chaque seconde à l’écran, justifiant à lui seul le prix du billet.







