PREDATOR : KILLER OF KILLERS

Etats-Unis – 2025
Genre : Action, Science-Fiction, Animation
Réalisateurs : Dan Trachtenberg, Joshua Wassung
Acteurs : Michael Biehn, Doug Cockle, Rick Gonzalez, Damien C. Haas, Lauren Holt, Lindsay LaVanchy…
Musique : Benjamin Wallfisch
Durée : 85 minutes
Distributeur : Disney +
Date de sortie : 6 juin 2025
LE PITCH
Les trois plus grands guerriers de l’histoire de l’humanité : une Viking, un ninja du Japon féodal et un pilote de la Seconde Guerre mondiale font face au tueur des tueurs.
Tableau de chasse
Relancée avec un certain brio par le Prey de Dan Trachtenberg, la franchise Predator tourne le regard vers le cinéma d’animation. Un long métrage inattendu qui confirme la nouvelle voie de l’univers des Yautja, toujours aussi présents dans l’histoire de l’humanité : ici l’ère des Viking, le Japon féodal et la Seconde Guerre Mondiale. La chasse est ouverte !
Remarqué pour son réussi 10 Cloverfield Lane (savant détournement du Cloverfield initial en mode huis-clos psychologique) mais aussi un épisode de Black Mirror, Playtest, bien sadique, Dan Trachtenberg a démontré de belles ambitions avec le projet Prey, ramenant la série des Predator au pur survival, mais aussi en faisant clairement bouger les lignes : retour dans le passé avec comme terrain de jeu l’Amérique naissante et rôle principal offert à une jeune femme, indienne de surcroit. Nouvel espoir pour les adorateurs de la franchise, bien refroidis par les deux AVP et le navrant The Predator de Shane Black, ce dernier n’a pas l’intention d’abandonner le bébé et travail activement sur un nouveau long métrage stand alone, Predator : Badlands qui cette fois-ci ferait du Yautja le personnage principal. Mais en attendant, ce dernier a trouvé le temps de produire un autre long métrage inédit, et gardé secret durant de longs mois : Killer of Killers. Un projet qui a l’instar de La Bataille des Rohirrim pour Le Seigneur des Anneaux ou Les Sirènes des Abyss pour The Witcher opte ainsi pour le format animé, avec ici une esthétique fortement influencée par les contours, et textures patinées de la série Arcane… Des designs et des animations confiées aux équipes de The Third Floor, studio spécialisé dans les prévisualisations (permettant d’allier plus aisément tournage réels et images de synthèses) et supervisés par le coréalisateur Josshua Wassung. Une note importante puisqu’ils s’agit là du premier travail complet du studio sur un long métrage et que l’on reconnait constamment à l’écran sa mécanique bien rodée du money shot et des cinématiques spectaculaires… avec, en particulier dans la partie asiatique, des petits airs d’Animatrix pas déplaisants.
Guerre tribale
Cela tombe bien, l’essentiel du film repose justement sur l’action. Présenté quasiment comme une anthologie, un film à sketch, Killer of Killers met donc en avants trois nouveaux combattants confrontés à une chasse des fameux prédateurs : 841 en Scandinavie, Ursa, guerrière viking pensait afin toucher du doigt sa vengeance contre le chef de tribu qui a tué son père lorsqu’elle tombe sur un alien massif trouvant en elle une cible de choix ; 1609 au Japon deux frères s’affrontent pour la dernière fois, l’un sous le masque d’un ninja, l’autre comme noble samurai alors qu’une créature décide de s’en prendre au vainqueur ; 1942, Torres jeune pilote de chasse de l’armée américaine découvre qu’un vaisseau venu d’ailleurs fait tomber en flamme les avions sans distinction. A chaque fois la structure est plus ou moins la même avec la mise en place et la présentation du contexte historique, la révélation du « meilleur » combattant humain avant que le prédateur ne pointe le bout de son nez et que le dernier round ne démarre véritablement. La furie barbare, l’homme d’honneur et le petit malin ont chacun leur propre predator, en techniques, armements et apparences, et rivalisent dès lors d’habilité et de stratégie pour s’en sortir vivant… jusqu’à ce que le quatrième chapitre ne démarre, en écho direct avec certaines pistes évoquées dans le Predators de Nimrod Antal et Roberto Rodriguez.
Une manière très intéressante d’étoffer le « lore » et d’ouvrir quelques perspectives à venir (quid du fameux Prey 2 régulièrement envisagé ?), qui montre bien que le film n’est pas qu’un spin off mais bien un jalon dans la nouvelle voie choisie par Dan Trachtenberg, toujours aussi intéressé au passage, comme McTiernan par le multilinguisme. Ce dernier n’en n’oublie cependant jamais les racines de Predator et reste parfaitement accroché à sa nature de série B, jouant sur quelques stéréotypes bien caractérisés en guise de héros, multipliant les démembrements et autres décapitations, montrant une belle imagination dans les nouvelles pièces d’équipement des créatures (le bouclier sonique, la chaine rétractable, le grappin aérien…) avec même en cerise sur le gâteau un petit coté space opera musclé bien négocié dans la dernière foulée.
Certainement moins profond, contemplatif et donc fascinant que Prey, Predator : Killer of Killers s’avère une proposition animée tout à fait recommandable. Un divertissement vif et assez fun, doté de quelques bonnes idées entre deux duels bien tranchants, et dont on devrait sans doute percevoir quelques répercussions dans les longs métrages à venir. Le très attendu Predator : Badlands est attendu pour novembre prochain.







