LUPIN THE IIIRD THE MOVIE : LA LIGNÉE IMMORTELLE

LUPIN THE IIIRD THE MOVIE 不死身の血族 – Japon – 2025
Genre : Aventure, Fantastique
Réalisateur : Takeshi Koike
Acteurs : Kan’ichi Kurita, Takaya Hashi, Akio Hirose, Mizukawa Katamari, Ainosuke Kataoka, Daisuke Namikawa…
Musique : James Shimoji
Durée : 92 minutes
Distributeur : Eurozoom
Date de sortie : 25 mars 2026
LE PITCH
Lupin III et ses compagnons se dirigent vers la mer des Bermudes, à la recherche d’une « île mystérieuse » absente de toutes les cartes du monde. Leur objectif : découvrir l’identité du cerveau qui envoie des assassins à leurs trousses, et mettre la main sur son immense trésor. Mais alors qu’ils approchent de leur destination, leur avion est pris pour cible par des snipers et s’écrase sur l’île de la mort.
Opération résurrection
Lupin, ex Edgar de la Cambriole pour les plus vieux, revient enfin au cinéma en France ! Treizième long métrage animé de la saga La Lignée des immortelles succède ainsi au très grand public Lupin The First et son habillage 3D, en opérant un revirement à 180 degrés vers une branche plus hallucinée de cet univers qui a toujours su jouer les cocktails changeants, mais explosif. Attention, le spectacle peut en surprendre plus d’un.
Héros mythique crée par Monkey Punch à la fin des années 60, ce descendant japonais non officiel de notre Arsène Lupin national (ce qui octroya quelques soucis de titrage en France) est une véritable institution du manga, mais a aussi connu quelques films lives, quelques centaines d’épisodes en séries animés, deux dizaines de téléfilms et presque autant en long métrage animés ! Un Everest dont on ne connait par chez nous qu’une partie trop réduite. La sortie d’un de ces films sur grand écran est donc forcément un petit évènement, même si cette nature exceptionnelle peut compliquer un peu les chose. La lignée immortelle en est un parfait exemple puisque comme l’indique le mot « The Movie » il s’agit bien de la conclusion de tout un arc narratif entamé en 2012 par la magnifique série Une femme nommé Fujiko Mine, et suivi par les OAV badass Le Tombeau de Daisuke Jigen, La Brume de sang de Goemon Ishikawa et les inédits chez nous Mine Fujiko no Uso et Zenigata to Futari no Rupan. Tous marqués par l’implication du réalisateur, designer et animateur stylé Takeshi Koike (Afro Samurai, Animatrix, Redline), ils proposaient un retour aux sources du personnage, plus proche du sérieux et des aspects violents et adultes de la première série, sous la forme d’une vaste prequelle réinventant les premières rencontres entre Lupin et ses célèbres acolytes, tout en disséminant des indices quant à l’existence d’une mystérieuse organisation dirigeant le monde dans l’ombre.
Le démon dans l’île
L’essentiel de la caractérisation des personnages et de la mise en place du background a donc déjà été largement faite lorsque La Lignée immortelle débute et les nouveaux arrivant vont devoir bien s’accrocher durant les dix premières minutes de résumé pour raccrocher les wagons. Surtout que la suite ne laisse pas vraiment le temps à l’introspection ou aux intermèdes humoristiques, le métrage se construisant comme une suite trépidante et haletante de scènes d’actions et de destructions apocalyptique dignes d’un climax de plus d’une heure. Le récit est ainsi entièrement circonscrit sur cette ile qui n’existe pas, peuplé d’ancien tueurs zombifiés, retournés à l’état tribal ou améliorés en cyborg increvables tandis que l’entité simiesque Muon, toujours accompagné d’une petite fille servant de traductrice, énonce son grand plan de destruction globale. Un petit quelque chose de James Bond, mais abordé comme un gros délire à la fois étrangement organique (la chair et le décor ne cessent de se reconstruire), franchement bis et aux débordements métaphysiques aussi tordus que déviants. On est ici assez loin finalement du charmant et presque léger Lupin The First sorti en 2019 et qui cochait lui toutes les cases attendues (humours, poursuites, braquage improbable…), Koike entrainant l’univers de Lupin vers des zones beaucoup plus sombres, tortueuses et paranos, s’amusant au passage à servir de presquelle à Lupin the Third : Le secret de Mamo, le tout premier long métrage de cinéma sorti en 1978 !
Programme chargé et roboratif donc, mais qui reste tout de même un spectacle de choix avec sa mise en scène bien nerveuse, ses fights percutants et chorégraphiés avec un hyperréalisme surprenant, ses scènes de destructions impressionnantes et toujours cette patte graphique très particulière de Koike, à la fois intensément moderne et plus proche que jamais du design de 1971. Le pont entre les époques est enfin achevé.







