LES CONTES MERVEILLEUX PAR RAY HARRYHAUSEN

Etats-Unis – 1949 / 2002
Genre : Conte, Animation
Réalisateur : Ray Harryhausen
Acteurs : Frédéric Ruiz, Marinella Hamm
Musique : Divers
Durée : 53 minutes
Éditeur : Carlotta Films
Date de sortie : 28 novembre 2018
LE PITCH
C’est au sortir de la Seconde Guerre Mondiale que Ray Harryhausen pose les fondements esthétiques de ses œuvres à venir qui inspireront, entre autres, l’univers de « Star Wars ». Optant pour une narration en voix off, le créateur des effets spéciaux légendaires de « Jason et les Argonautes » réalise ces cinq « contes merveilleux » à l’aide de marionnettes articulées selon les principes de la stop-motion, dont l’Américain va devenir le maître absolu.
Méchants loups, vilaines sorcières et jolies poupées
Consacré grand maître de la Stop Motion et créateur de spectacles inoubliables comme Jason et les Argonautes ou Le 7ème Voyage de Sinbad, Ray Harryhausen était avant tout un génie de l’animation. Voici une nouvelle preuve avec les cinq courts métrages féeriques réunis, et restaurés, dans un programme enchanteur.
Il n’est pas encore le technicien incontournable que l’on connaît lorsque de retour de la guerre où il a été incorporé à l’équipe de Frank Capra (il y signa un documentaire impressionnant sur Guadalcanal), Ray Harryhausen se lance dans une carrière d’animateur. Et il commence petit avec des courts métrages en forme de fables tournées sur des restes de pellicules récupérés dans les stocks de l’armée. Ils seront réunis dans un programme complet, Mother Goose Stories, qui malgré quelques premières prouesses va surtout lui permettre d’accéder à du matériel bien plus confortable. Ses premiers travaux «professionnels» commencent donc avec les classiques revisités que sont Le Petit Chaperon rouge, Hansel et Gretel, Raiponce, Le Roi Midas et enfin Le Lièvre et la tortue. De petits cartoons tournés sur 35 mm qui ont bien entendu la particularité d’utiliser la technique de la Stop Motion, soit des poupées animées image par image dans des décors réels. Des ancêtres remarquables de L’Étrange de monsieur Jack ou de Wallace & Gromit, particulièrement impressionnant pour leur maîtrise presque immédiate. Si parfois l’image a un peu vieillie, tout comme la narration en voix off un peu distante, la technique elle subjugue par la richesse sidérante de décors profonds, colorés et ultra détaillés, tout autant que la souplesse et le réalisme des mouvements de personnages aux designs très proches de l’école américaine (Disney entre autres).
Un ray de magie
Les costumes sont en tissus (merci maman Harryhausen), la nature est omniprésente, les décors changent à loisir et les trouvailles aussi bien visuelles que techniques pullulent. Les mouvements de caméra de plus en plus complexes, la mise en scène s’installe peu à peu sur plusieurs niveaux de plans, les effets spéciaux (la maison de la sorcière dans Hansel et Gretel, les objets qui se transforment en or dans Le Roi Midas) se multiplient, pour aboutir à de véritables célébrations d’une technique d’animation au rendu « physique » unique. Il aurait été intéressant de voir ce qu’aurait pu devenir la carrière de Ray Harryhausen s’il n’avait été appelé en cours de route par Willis O’Brien (le génie de King Kong) pour venir l’épauler sur Mon Ami Joe, premier long métrage qui va lui ouvrir la porte des studios. S’enchaîneront ensuite Le Monstre des temps perdus, Les Soucoupes volantes attaquent, Les Voyages de Gulliver… jusqu’au Choc des Titans en 1981, l’obligeant à délaisser ses petits contes et en particulier l’inachevé Le Lièvre et la tortue qui ne sera finalement terminé qu’en 2002 par deux animateurs passionnés (Mark Caballeros et Seamus Walsh) qui, sous la bonne garde du maître en personne, travailleront à partir des poupées et des décors originaux. Un petit trésor miraculé en somme qui comme les quatre autres opus qui constituent le programme, donne à voir un pendant plus enfantin, plus naïf et léger du cinéma de Ray Harryhausen qui devrait faire des merveilles auprès du jeune public et des scolaires.





