DESTINATION FINALE : BLOODLINES

Final Destination : Bloodlines – Etats-Unis – 2025
Genre : Horreur, Fantastique
Réalisateurs : Zach Lipovsky et Adam Stein
Acteurs : Kaitlyn Santa Juana, Teo Briones, Richard Harmon, Owen Patrick Joyner, Rya Kilhstedt, Anna Lore, Tony Todd…
Musique : Tim Wynn
Durée : 110 minutes
Distributeur : Warner Bros France
Date de sortie : 14 mai 2025
LE PITCH
Stefani Reyes fait toutes les nuits le même cauchemar dans lequel elle voit ses grands-parents et de nombreuses personnes mourir dans l’effondrement d’un restaurant panoramique, 50 ans auparavant. Contre l’avis du reste de sa famille, elle décide de retrouver sa grand-mère, une vieille femme excentrique et paranoïaque qui vit recluse depuis des années …
La mort aux trousses
Amateurs d’accidents sanglants et de concours de circonstances macabres, réjouissez-vous ! Après quatorze ans d’absence, la franchise Destination Finale reprend du service avec panache. Série B généreuse et divertissante, Destination Finale : Bloodlines fait mine de réinventer une mécanique parfaitement huilée et enfile comme des perles les mises à mort cartoonesques et gorissimes dans le sillage d’une scène d’ouverture d’anthologie.
Avec son épilogue malicieux renvoyant à la catastrophe aérienne du film original de James Wong sorti en 2000, Destination Finale 5 s’assumait un peu malgré lui comme la conclusion bienvenue d’une saga diablement attachante mais un peu en perte de vitesse. Coscénariste avec James Vanderbilt des deux derniers Scream réalisés par Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, Guy Busick ne bouscule que superficiellement la formule qui a fait le succès de Destination Finale. Comme par le passé, la prémonition effroyable d’un personnage clé permet donc de déjouer les plans de la Mort, laquelle pourchasse par la suite les survivants en tendant des pièges cruels prenant l’apparence d’accidents en tous genres, la mise en scène ayant à chaque fois à cœur de construire méticuleusement des réactions en chaîne de plus en plus élaborées. Pas question de remettre en cause ce qui fait tout le sel d’un Destination Finale, slasher sans tueur masqué ni boogeyman défiguré et rigolard et qui décime son casting d’anonymes dans un esprit au carrefour d’Alfred Hitchcock, Tex Avery et William Castle.
Aussi maigres soient t-elles, les nouveautés apportées par Final Destination : Bloodlines ne sont pas pour autant négligeables et prouvent qu’il y a quand même un espace pour innover au sein d’un concept aussi balisé. Tout d’abord, la sacro-sainte scène d’ouverture est cette fois-ci située dans le passé (l’année 1969, pour être précis, au carrefour d’une Amérique fantasmée et des luttes et désillusions à venir) et se présente sous la double forme d’un cauchemar et d’un flash-back. Ensuite, et plutôt que de se servir de l’intrigue et du body-count pour resserrer les liens entre des protagonistes qui ne se connaissent pas toujours, ce sixième opus fait le choix judicieux de se construire autour d’une famille qui va se détruire avant de se reconstruire dans des circonstances de plus en plus tragiques. Bien vu.
If you want blood (you got it)
L’humour (souvent noir, mais pas toujours), l’émotion et un casting surprenant en viendraient presque à nous faire oublier l’essentiel : la régularité des mises à mort et leur inventivité tant espérée. La jeune Brec Bassinger (aucun rapport avec Kim) et le très charismatique Richard Harmon s’imposent avec aisance comme les MVP du film et les nostalgiques de l’horreur 90’s et les fans de Tony Todd peuvent sans honte écraser une petite larme devant les adieux de l’acteur, visiblement très malade et totalement conscient de l’ironie macabre qui se tapit dans les moindres recoins de cette toute dernière scène.
Derrière la caméra, les duettistes Zach Lipovsky et Adam Stein ne trahissent que peu d’ambitions personnelles et s’échinent avant tout à livrer au public une série B qui ne fait pas dans la dentelle. On pourra toujours leur reprocher de s’inscrire dans un moule où domine le business as usual mais il est impossible d’ignorer leur savoir-faire, qu’il s’agisse de mettre en scène un barbecue qui dérape, une fin de journée périlleuse dans un salon de tatouage ou un passage douloureux par une salle d’IRM dans un hôpital. Forcément jouissifs, ces morceaux de bravoure n’arrivent pourtant pas à la cheville d’un long prologue qui justifie à lui-seul de profiter du film dans une salle de cinéma dernier-cri. Au terme d’une montée de tension virtuose, on assiste à un jeu de massacre spectaculaire où des centaines de convives sont jetés dans le vide, brûlés vifs, écrasés, démembrés et on en passe dans l’effondrement cataclysmique d’un restaurant panoramique qui a sans doute bénéficié des mêmes standards de construction que le building vedette de La Tour Infernale. Il faut donc voir pour le croire avec quelle précision la caméra explore le moindre détail, caractérise le moindre personnage et met en valeur chaque effet (numérique ou pas). Fermement inscrit dans l’inconscient collectif, l’accident routier de Destination Finale 2 fait ici enfin face à un concurrent sérieux.
On attend à présent de voir où nous emmènera un septième volet désormais inévitable. Faute d’une révolution, Destination Finale : Bloodlines place néanmoins la barre assez haute.







