AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES
Avatar : Fire and Ash – Etats-Unis – 2025
Genre : Science-Fiction, Aventure
Réalisateur : James Cameron
Acteurs : Zoe Saldaña, Sam Worthington, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Oona Chaplin, Kate Winslet, Cliff Curtis, Jemaine Clement, Jack Champion, Trinity Jo-Li Bliss, Bayley Bass, Britain Dalton
Musique : Simon Franglen
Durée : 197 minutes
Distributeur : 20th Century Studio
Date de sortie : 17 décembre 2025
LE PITCH
Après les événements d’Avatar : La Voie de l’eau, Jake Sully et Neytiri poursuivent leur lutte pour protéger Pandora, tandis que le conflit avec les humains s’intensifie et se complexifie. Les Sully entrent en contact avec un nouveau clan Na’vi, souvent appelé le Peuple des Cendres, une civilisation marquée par un environnement hostile, une relation plus ambivalente à Eywa et une vision du monde bien plus violente que celle des clans connus jusque-là.
Tel le phénix
Il aura fallu attendre plus de dix ans entre le premier Avatar et sa première suite. A peine trois ans entre le second chapitre et le présent De Feu et de Cendres tourné en prolongement et clairement conçu comme la conclusion de La Voie de l’eau. Une structure sérielle aux ressorts parfois redondants et chaotiques, mais où l’enthousiasme des premières découvertes revient enfin en force.
James Cameron a déjà expliqué comment le projet « Avatar 2 » s’est finalement scindé en deux longs métrages lors de l’écriture du scénario devant la masse colossale d’informations, d’évènements et de nouveaux personnages qui se bousculaient dans le récit. La Voie de l’eau et De feu et de cendres ne sont en effet qu’un seul et même chapitre, tournés en simultané d’ailleurs, de la grande saga des Sully. Ceci expliquant forcément la sensation durant une bonne partie du second film d’assister parfois à une longue introduction, mais aussi le maintien de l’action autour de la tribu des Metkayina pour un troisième film qui étrangement rejoue à sa façon de nombreux évènements et situations de son précurseur.
Deux films qui se répondent quitte parfois à être redondants, Cameron et ses collègues coscénaristes n’hésitant pas à réutiliser à plusieurs reprises la fameuse carte de l’enlèvement des enfants (déjà bien répétitif dans Avatar 2) par le Colonel Quaritch qui n’en finit plus de ne pas mourir pour relancer le mouvement, ou à rejouer le grand climax contre le baleinier géant, mais en le développant cette fois-ci plus généreusement en y intégrant des enjeux nettement plus globaux. On a connu James Cameron plus inspiré dans son storytelling, semblant constamment crouler sous les pistes et les trames quitte par exemple à délaisser après quelques minutes prometteuses passées en leur compagnie, les marchands Tlalim et leurs dirigeables organiques, où à oublier en dernière partie tout ce qui faisait le caractère particulièrement fascinant de la sublime Varang, prêtresse sanguinaires de la tribu des cendres : son indépendance et sa folie. Certaines des meilleures idées de De Feu et de cendres sont à peine esquissées, tout juste évoquées ou délivrées dans de grandes séquences spectaculaires mais qui peuvent manquer de consistance à l’arrivée.
De l’eau sur le feu
Là où cependant l’opus fait bien mieux que dans le précédent c’est dans l’affirmation totale du point de vue de la saga, qui oublie enfin totalement celui des humains, au profit des véritables autochtones de Pandora. L’envahisseur est essentiellement relégué au rang de menace, d’antagoniste venu massacrer une nouvelle planète, tandis que les Na’vis s’échappent du même mouvement de la manichéenne vision du peuple universellement pacifique et bon. Outre l’apparition d’une peuplade devenu destructrice suite à l’anéantissement de leur forêt par une éruption volcanique, le mal provient aussi du cœur des héros. Abimés par la mort du grand frère, Neteyam, les Sully doivent avancer avec un deuil qui semble infranchissable et qui distend par ricochet l’équilibre de la famille.
Même si James Cameron s’efforce de placer peu à peu le fils Lo’ak et la très mystique Kiri, en futurs héros d’Avatar, c’est une nouvelle fois Neytiri, sauvagement interprété par Zoe Saldaña, qui s’offre systématiquement les plus belles scènes, que ce soit lorsqu’elle exprime sa douleur incommensurable, sa haine envahissante pour les humains (et par ricochet le pauvre Spider) et sa renaissance ultime en guerrière toujours aussi belle et impitoyable. Plus complexe, plus fourni, plus sombre et plus haché dans son rythme, De feu et de cendres ne retrouve pas la beauté ample et contemplative du premier Avatar, mais semble enfin trouver la voie après le trop chaotique La Voie de l’eau et ses nouveaux personnages sortis du chapeau, et renouer avec des morceaux de bravoure autant dévoués à un spectacle renversant de générosité (les multiples batailles aériennes, la mission de sauvetage dans la ville humaine, le final ahurissant de démesure…) et constamment dévoué à l’émotion et l’évolution de ses personnages.
S’il n’a pas encore atteint les cimes des deux premiers long métrages, Avatar 3 a dépassé début décembre le fameux milliard de dollars engrangé au box-office mondial, s’imposant comme le plus gros succès commercial de l’année 2025 et un nouveau franc succès pour la franchise de James Cameron. Disney, via le 20th Century Fox n’a pas encore validé la mise en chantier d’Avatar 4 et 5 censés conclure le projet initial de la saga, mais il semblerait absurde que la firme laisse s’éteindre l’une de ses poules aux œufs d’or, et James Cameron l’une de ses œuvres qui lui tient le plus à cœur.
