LA FIANCÉE DE RE-ANIMATOR

Bride of Re-Animator – Etats-Unis – 1990
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Brian Yuzna
Acteurs : Jeffrey Combs, Bruce Abbott, David Gale, Claude Earl Jones, Kathleen Kinmont, Fabiana Udieno…
Musique : Richard Band
Durée : 98 minutes
Image : 1.78 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 mono, Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Éditeur : Ecstasy of Films
Date de sortie : 19 août 2020
LE PITCH
Après leurs méfaits commis dans la ville d’Arkham, le docteur Herbert West et son complice, l’étudiant Dan Cain, se sont réfugiés en Amérique latine. De retour dans leur pays avec un nouveau sérum particulièrement perfectionné, ils se proposent de réanimer la fiancée de Dan Cain dont il ne peut oublier la disparition avec le corps d’une jeune femme sur le point de mourir. Le résultat n’est pas tout à fait celui qu’ils attendaient, surtout pour la fiancée.
Emergency Room
Cinq ans après avoir transformé un hôpital en antichambre de l’enfer, Dan Cain et Herbert West reviennent jouer au savant fou dans la petite ville d’Arkham. S’écartant des ténèbres de H.P. Lovecraft, c’est désormais l’excentrique Brian Yuzna qui met le tout en forme, et forcément ça part dans tous les sens.
Longtemps attendue par les fans, la suite du premier Re-Animator aura été repoussée pendant cinq ans à cause de petites déconvenues commerciales avec la société de production. Mais en 1990, il est grand temps de s’y mettre et les nouveaux financiers, nippons nous dit-on, obligent même contractuellement sa mise en boite en quelques mois illico-presto. Adieu donc un premier projet ultra-ambitieux se déroulant dans les arcanes de la Maison Blanche et dans le voisinage d’un Ronald Reagan zombifié, à la poubelle une seconde mouture jugée bien trop sombres et sérieuse par Yuzna, mais surtout c’est l’absence de Stuart Gordon, occupé par Le Puit et le pendule et peu motivé par le potentiel limité d’une suite, qui se fait immédiatement remarquer. Seul maître à bord, producteur, scénariste et désormais réalisateur, Yuzna avoue sans détour que ce cumul des mandats et le calendrier particulièrement restreint, va provoquer quelques dégâts collatéraux. En première ligne du coté d’un scénario beaucoup moins bien construit que le premier film, aux enjeux trop flottants et où surtout les personnages ont franchement tendance à se perdre, pas forcément bien développés par des dialogues pas aussi mordants qu’autrefois, ni aussi crédibles que sous la direction d’un Gordon toujours à l’aise avec les acteurs. La grande victime restant Bruce Abbot, point d’ancrage du spectateur dans le premier film, désormais totalement dépassé par un Jeffrey Combs devenu LA star du film, autant par son interprétation jubilatoire du chirurgien obsessionnel adepte des petites expériences « on the side », que par son rapprochement plus direct avec la personnalité loufoque du metteur en scène Yuzna.
Un bon coup de jus
Il est certainement le premier à rire des mimiques d’Herbert West et des sculptures de chairs grotesques qui s’échappent sur leurs doigts. Voilà qui creuse un déséquilibre certain, pour un Bride of Re-Animator qui peine un peu à démarrer mais réussit certainement par emporter l’adhésion. La folie de Jeffrey Combs certainement, celle de Yuzna tout autant, mais aussi et avant tout la créativité hallucinante d’une bande de spécialistes des effets spéciaux livrant ici quelques prouesses comme seules cette décennie finissante aura su nous en offrir. Regroupant les troupes de KNB, les ateliers de Screaming Mad George et quelques autres, les SFX du film sont un véritable festival de création ulta gores, de puzzles humains révoltants comme un chien avec un bras, des zombies aux plaies purulentes, trois doigts et un œil (oui c’est tout), deux bustes fusionnés ou une tête décapitée profitant d’ailes de chauve souris pour voleter dans tous les sens en ricanants. Du Mary Shelley en plein bad trip, pas si loin finalement du précédant Society de Yuzna, et dont la plus belle réussite est, sans comparaison, cette sublime « fiancée » du titre, créature féminine tragique, aussi belle qu’effrayante, retrouvant la poésie et le romantisme baroque de son homologue chez Wales (La Fiancée de Frankenstein) avant de s’ouvrir la poitrine pour offrir son cœur encore palpitant.
Clairement pas maîtrisée mais sincère et donc assurément réjouissant, Bride of Re-Animator est un sacré capharnaüm aussi halluciné que l’esprit malade d’Herbert West.
Image
Le premier Re-Animator s’imposait avec un nouveau master 4K assez monstrueux, sa suite doit se « contenter » d’une restauration 2K. Pas si mal que cela, surtout lorsqu’on se concentre sur les éléments du montage R-Rated, restauré à partir d’un interpositif de première génération dans de très bonnes conditions. Les éléments sont extrêmement propres, lumineux et parfaitement dessinés en dehors de quelques ombres lors des plans composites qui paquettent un poil sur les bords. Un master idéal pour apprécier les rouges puissants et dégoulinants. Les choses sont un peu plus complexes avec le montage Uncut proposé sur son propre Bluray. Les éléments alternatifs et ajoutés, scrutant beaucoup plus frontalement les éléments gores et dérangeants, sont issus d’une copie positive moins fraîche, scannée aussi en 2K, où les couleurs sont légèrement moins stables et le grain plus proéminent. Faible prix à payer pour profiter enfin de ce montage plus bourrin encore.
Son
Passage un peu obligé pour les bons vieux classiques de l’horreur en HD, Bride of Re-Animator se voit désormais doté d’un mixage moderne n DTS HD Master Audio 5.1. On y descelle quelques intentions spatiales, pas toujours des plus naturelles, et des éléments frontaux légèrement lointains. On lui préférera largement les deux monos d’origines, anglais et français (avec ce fameux doublage qui aura fait le bonheur des clients de vidéoclubs) avec des DTS HD Master Audio parfaitement rafraichis, frontaux et équilibrés.
Interactivité
Un tout petit peu plus d’un an après le premier film, The Ecstasy of Films nous gratifie de sa suite dans des conditions toutes aussi réjouissantes. Nouveau Mediabook donc, comprenant deux Bluray et deux DVD (afin de proposer les deux montages du film sur les deux supports), avec une nouvelle fois deux visuels, l’affiche française et une illustration inédite de Paskal Miller, tous deux limités à seulement 600 exemplaires. Le superbe objet comprend bien entendu son petit livret piqué en son centre avec une prose bien documentée de Marc Toullec qui compose un petit making of assez efficace.
Les suppléments vidéo sont eux séparés en deux pour profiter au mieux de la place des deux disques HD. Des bonus hérités du camarades anglais Arrow Video avec pas moins de deux commentaires audios très collectifs (avec une préférence nette pour le premier) bourrés d’anecdotes et de private joke. On y trouve aussi un making of d’époque dans les coulisses du tournage scrutant essentiellement la mise en place des effets spéciaux à l’instar d’un B-Roll mettant en valeur le talent des petites mains des SFX ou du plus récent Splatter Masters, segment offrant la parole aux talents Robert Kurtzman, Screaming Mad George, Tony Doublin et John Buechler. Yuzna lui s’offre quelques minutes d’interviews, revenant sur les circonstances qui l’ont amené à prendre les commandes du projet, son envie de pousser plus loin le concept tout en reconnaissant quelques défauts dus essentiellement à un planning trop serré.
A tout cela s’ajoute les petites trouvailles de notre éditeur français. Soit deux courts métrages signés Marc Charley qui adaptent avec le plus grand sérieux, et beaucoup de soin, des nouvelles de H.P. Lovecraft. Une petite découverte loin d’être désagréable qui achève parfaitement cette très belle édition.
Liste des bonus
Commentaire audio avec le casting et l’équipe du film, Brian Yuzna, Jeffrey Combs, Howard Berger, Robert Kurtzman, Tom Rainone, Mike Deak, Screaming Mad George, John Buechler, Commentaire audio avec les acteurs : Jeffrey Combs et Bruce Abbott, Brian Yuzna Remembers Bride (10’), Splatter Masters (15’), Getting Ahead in Horror (24’), Making of d’époque (20’), Scènes coupées : Meg is Re-Animated (8’), Carnival Sequence (2’), Behind the Scenes Reel – Bout à bout de la préparation des SFX jusqu’au tournage des scènes de SFX (14’), La Tombe (6’) et La Transition D’Ulrich Zann (16’) réalisés par Marc Charley, Bandes Annonces, Livret de 40 pages par Marc Toullec.







