VALHALLA BUNKER T.2 : THUNDER AND LIGHTNING

France – 2025
Genre : Action, Comédie
Dessinateur : Fabien Bedouel
Scénariste : Fabien Bedouel
Nombre de pages : 64 pages
Éditeur : Comix Buro, Glénat
Date de sortie : 20 août 2025
LE PITCH
De sa base nazie surnommée le Valhalla Bunker, Tausend, la fille de Frau Winkler, se prépare à envahir le monde ! Mais avant, elle tente une expérience pour le moins audacieuse : cloner le Führer ! Pendant ce temps, Helmut, qui prétend vouloir se venger d’El Loco, se présente aux portes du bunker. Accompagné de sa clique de super-héros, Malone ne tarde pas à faire irruption dans le bunker aux commandes de son hélico, voyant d’un mauvais œil l’arrivée d’un nouveau Führer.
Les sous-doués cassent du nazi
Un an et des poussières après le premier tome de ce nouveau cycle, Valhalla Bunker s’offre un second tome bien calibré. Toujours aussi couillu, toujours aussi musclé, toujours aussi bis, Thunder and Lightning réveille le punk-à-chien qui est en nous.
Désormais seul aux commandes de l’aventure, l’illustrateur Fabien Bedouel avait prouvé dès les premières pages du précédent Sweet Revenge qu’il était aussi sans doute pour beaucoup dans la trame et la qualité des dialogues du premier triptyque Valhalla Hotel. Les retrouvailles de ce premier tome se firent donc des plus naturellement, avec un accent à nouveau bien prononcé sur la galerie de bras cassés censés servir de héros. D’un hôtel presque désaffecté à un gigantesque bunker planqué dans les montagnes blanches d’Alaska, la menace générale reste cependant bien la même puisque les neo-neo-nazi sont toujours prêt à repartir à la conquête du monde et à semer la destruction sur leur chemin. Mais si le lecteur se sent forcément en terrain connu, Bedouel ne ménage cependant pas ses efforts pour lui assener quelques idées bien allumées ou quelques retournements de situations qui coupent les jambes que ce soit par la trahison inattendue, et parfaitement débile, de Lemy, la proportion apocalyptique des nouveaux pouvoirs décuplés de Tausend décidément bien revancharde ou l’apparition d’un clone de Hitler… tellement ressemblant qu’il en est totalement abruti.
100 millions de volts
Une nouvelle fois pas question de se prendre au sérieux ici. Même si la mort nous menace tous et que le Troisième Reich ne peut faire rêver que les psychopathes, l’humour est omniprésent, constamment décalé, ironique ou à contre-temps et joue énormément sur la bêtise collégiale de tout ce petit monde, gentil et méchant, avec ce sens de la comédie blasée que l’on aime bien, quelque part entre Kamelott et OSS117. Pas de baisse de régime donc, et encore moins du coté des planches proprement dites qui après quelques phases d’accalmies pour laisser les vilains exposer généreusement leurs plans foireux, laissent vite place à de l’action qui dégazent, alternant la destruction massive et gratuite d’un petit village qui n’avait rien demandé, les Mexicains stand-off qui ne mènent nulle-part et un assaut halluciné en hélicoptère (rare moment de gloire pour le pauvre Malone). Le sommet de l’album restant cette hallucinante poursuite endiablée entre une armada de bikers nazis et chariot élévateur sans doute trafiqué en cachette.
Un nouvel album qui décoiffe toujours autant, affirmant une belle gueule bien carrée et un esprit de sale gosse toujours aussi affuté et assumé, pour cette grosse série B dont l’une des nombreuses qualités est encore et toujours de ramener les fachos à leur place… dans le caniveau.



