ULTRAMEGA T.2

Ultramega #5-9 – Etats-Unis – 2024 / 2025
Genre : Action, Science-Fiction, Super-héros
Dessinateur : James Harren
Scénariste : James Harren
Nombre de pages : 272 pages
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 24 septembre 2025
LE PITCH
La bataille entre les humains transformés en monstres gigantesques et les UltraMega continue. Un nouveau membre rejoint les rangs des UltraMega, mais comme on dit, un grand pouvoir engendre surtout violence et horreur !
Métamorphose !
Après une longue pause, la suite d’Ultramega, la création maousse costaud de James Harren (Rumble, Petits contes macabres, Abe Sapiens…) revient enfin pour un second volume et une conclusion apocalyptique à souhait.
Grosse sensation qu’Ultramega, création solo d’un James Harren surtout croisé dans le giron de Mike Mignola, et qui livrait grâce à ce creator own un hommage vibrant et grandiloquent à Ultraman et toutes sa clique de super héros nippons, ainsi qu’à une tripotée de monstres géants, nucléaires ou non. Un comic nourri jusqu’à l’indigestion de tokusatsu multipliant les références et les détournements pour obtenir une BD catastrophe surdimensionnée, ultra violente, terriblement noire et à la fois totalement déconnante. Un mélange assez particulier à l’arrivée et qui mettait en place un univers curieux et baroque, pas loin d’un royal rumble définitif et interplanétaire. Et ce n’est pas ce second volume qui va arranger les choses puisqu’après les ultimes révélations de la première partie (on laisse la surprise aux nouveaux venus), voilà qu’Ultramega saupoudre son épopée familiale de freaks et de combattants en costumes extensibles d’une pluie d’extraterrestres et d’une mythologie venue d’ailleurs. Le récit passe de l’un à l’autre en quelques pages, joue constamment sur de multiples échelles, enchaine les évènements et les personnages sans jamais se soucier que les lecteurs aient suivi au dernier carrefour.
En direct de la planète kaiju !
Il faut clairement avoir relu le premier tome pour espérer raccrocher les wagons tant sa suite démarre en quatrième vitesse. Et avoir le cœur bien accroché pour négocier les constants revirement et changement de trajectoire d’un scénario volontairement chaotique… mais chaotique tout de même. Nouveaux dieux géants, nouvelles alliances de héros, nouvelles batailles homériques et délirantes qui ravagent tout sur leur passage, quitte souvent à perdre un peu de vu des personnages qui ressemblent ici plus que jamais à des figurines projetées les unes contre les autres au gré de l’inspiration d’un auteur qui prend son pied. On peut alors rester un peu sur sa faim question implication dramatique et développement de personnages, il est cependant très difficile de ne pas kiffer le travail toujours aussi spectaculaire et décomplexé du dessinateur, multipliant les bastons énervées et destructrices qui, le décor n’étant plus souvent qu’un champ de ruines, développe tout son sens du détail de la charpie sur le corps des belligérants, souvent des bestioles aux mutations de plus en plus improbables. Des morceaux de chairs qui s’envolent, des transformations et déformations dans tous les sens, des ecchymoses qui font tout le visage et des coups qui font systématiquement mal, James Harren affirme son art de la destruction totale et son talent inouïe pour transmettre à l’image une énergie qui déborde systématiquement des cadres.
Ultramega aurait certainement pu bifurquer vers une aventure plus profonde et plus sérieusement développée (toutes les pistes sont là), mais en l’état cela reste de la très grosse artillerie. Et c’est déjà bien pas mal !



