UFO ROBOT GOLDORAK

UFOロボ グレンダイザー – Japon – 1975
Genre : Science-fiction, Action
Dessinateur : Gô Nagai, Yû Okazaki
Scénariste : Gô Nagai
Nombre de pages : 384 pages
Éditeur : Isan Manga
Date de sortie : 3 octobre 2025
LE PITCH
Suite à la destruction de la planète Euphor par l’empire de Véga, le prince Actarus s’écrase sur la Terre. Recueilli par le professeur Procyon, il vit désormais au ranch du Bouleau Blanc. Mais l’invasion de la planète Terre par l’armée de Véga est imminente, et pour Actarus, l’heure de la revanche a sonné ! Aidé de Alcor, il devra faire face aux attaques des terribles Golgoths, envoyés pour détruire le dernier survivant d’Euphor et de son mythique robot, Goldorak.
Rétrolazers en action !
Certains vont prendre un sacré coup de vieux : cette année le grand Goldorak a 50 ans ! Et pour fêter dignement l’évènement l’éditeur français Isan Manga propose la publication de l’intégrale de la série produite par le créateur Gô Nagai (Devilman, Cutey Honey…) et dédiée au plus grand des robots, avec ses quelques belles pages couleurs, une galerie d’illustration et de frontispices inédits et une traduction revue et corrigée. Cerise sur le gâteau, l’imposant volume format Deluxe est disponible en deux éditions, l’une avec les noms et les attaques originales, l’autre avec ceux du dessin animé mythique.
C’est la série par laquelle tout a vraiment commencé en France, ouvrant définitivement le paysage culturel à cette étrange invasion de « japoniaiseries » comme diront certains, connaissant un succès incroyable dès sa diffusion sur Antenne 2. Un robot gigantesque, au look inoubliable, qui se dériva en pas moins de 74 épisodes peuplés de Golgoths et de grands moments d’héroïsme. Une série pour enfant, pleine d’action, d’humour léger et… de scénarios ressassant rapidement les mêmes ressorts reposant sur l’opposition incessante entre notre héros, aidé par le brave Alcor ancien pilote du célèbre Mazinger Z, et des monstres mécaniques aux looks improbables. Une force spectaculaire indéniable, alliée à une certaine classe des designs, que l’on retrouve avec plaisir dans la minisérie publiée d’octobre 1975 à mars 1976 dans les pages de la revue TV Magazine en parallèle de la diffusion de l’anime. 19 épisodes supplémentaires écrits et dessinés par Gô Nagai en personne, puis illustrés avec un même talent par l’assistant Yû Okazaki.
Et l’aventure continue
Manifestement apparenté à un produit dérivé de la série animée, ce manga de 300 pages et des poussières en reste esthétiquement très proche avec des héros charismatiques (mais toujours ce sourire un poil sadique et ces yeux noirs typiques de l’auteur), des créatures aliens longilignes et expressives et surtout une poignée de golgoths qui vont tirer sur la fibre nostalgique de nombreux lecteurs. Débutant comme une adaptation directe dans les premières pages avec la description des origines d’Actarus et de Goldorak, le volume s’en détache pourtant très rapidement, rattrapé sans doute pas l’esprit débridé de son auteur, qui accentue rapidement l’aspect spectaculaire de son univers, en imposant des planches aussi imposantes qu’une attaque de Godzilla, où en appelant à la rescousse, comme pour rappeler que Goldorak n’est pas le seul véhicule disponible et déclinable en jouet, les presque aussi fameux Alcorak, Venusiak, Fossoirak ou Aquarak, pour des batailles toujours explosives. Fun, souvent doté que quelques scénettes humoristiques bon enfant (les chamailleries de Rigel et Mizar, le pauvre Alcor qui regrette de ne plus être le personnage principal…), ce Goldorak amorce aussi un virage évident vers un rapprochement avec les autres titres de la constellation Go Nagai, en pratiquant une violence crue, graphique, presque sadique. On est loin ici des épisodes vu maintes fois à la télévision, l’auteur s’efforçant de décrire et montrer frontalement les dégâts provoqués par l’invasion de Vega (des êtres réduits en cendres) ou par les combats de machines géantes (les civils écrasés sous les décombres). Surprenant. Heureusement tout cela s’achève sur un happy end bienvenu puisque si les premiers chapitres se présentent comme une succession de One-shot, les derniers segments font monter la pression avec des cliffhangers à la pelle et une grande bataille finale se déroulant sur la lune.
Un condensé de tout ce que les fans de Goldorak ont toujours aimé qu’il ne faut pas confondre avec une autre série consacrée à UFO Robot Grendizer et publiée à la même époque dans les pages de la revue Boken oh, Otomodachi. Toujours écrite par Gô Nagai, elle est cette fois-ci dessinée par Gosaku Ota et vient conclure la trilogie apocalyptique de robots géants entamée avec Mazinger Z et Great Mazinger. Espérons qu’Isan Manga nous propose rapidement une aussi belle édition pour cet autre incontournable du genre.




