THE LAST RONIN II : RE-EVOLUTION

TMNT The Last Ronin II : Re-Evolution #1-5 – Etats-Unis – 2024 / 2025
Genre : Action, Fantastique
Dessinateurs : Esau Escorza, Isaac Escorza, Ben Bishop, Kevin Eastman
Scénaristes : Kevin Eastman, Tom Waltz
Nombre de pages : 224 pages
Éditeur : Hi Comics
Date de sortie : 10 septembre 2025
LE PITCH
Quinze ans ont passé depuis les évènements de The Last Ronin. Une nouvelle génération de Tortues a grandi, mais ne s’est encore jamais frottée aux âpretés du monde. Lorsque New York plonge dans le chaos, conséquences d’une guerre de gangs pour le contrôle de la finance et de la politique de la ville, Casey Marie sent qu’il est temps de passer à l’action et de mettre les Tortues à l’épreuve. Ces dernières se montreront-elles à la hauteur de leurs aînées ? Parviendront-elles à maîtriser les étranges pouvoirs dont elles semblent avoir été dotées ?
Mutations temporelles
En cours d’adaptation pour le cinéma, The Last Ronin est rapidement devenu, dès le début de sa publication en 2020, un véritable incontournable de la saga des Tortues Ninjas, mais aussi un comics reconnu par tous pour ses qualités de réinvention et sa puissance tragique. Après un Lost Year jouant plutôt la carte de la transition, Re-Evolution vient relancer la machine de ce futur dystopique en apportant (enfin ?) un petit vent de fraicheur.
Imaginé à la fin des années 80 par Kevin Eastman, le concept de The Last Ronin (nom trouvé par le co-scénariste Tom Waltz) repousse l’histoire bien connue des Tortues Ninjas quelques années dans le futur. Loin des pizzas et des castagnes rigolotes, le comics explore un pendant beaucoup plus tragique de l’univers TMNT dans lequel à l’issue d’un énième combat contre le clan Foot, Splinter, Raphaël, Donatelo et Leonardo auraient été tués. Ne restait plus alors que Michelangelo, autrefois le plus déluré de la bande, devenu une figure solitaire, brutale et ne revenant in fine que pour un ultime baroud d’honneur alors que la ville de New York était à nouveau menacée. Un petit quelque chose de The Dark Night et de Ronin (tous deux de Frank Miller) mais aussi comme une conclusion possible, mais idéale, à l’ensemble de la série. Mais le joli succès éditorial ne pouvait, bien entendu, pas en rester là et après un album entre flashbacks et introductions des éléments à venir (Lost Years donc) cette branche à part des comics revient pour son authentique suite, la bien nommée : The Last Ronin II. Se déroulant quelques quinze ans plus tard, il plonge à nouveau la grande pomme dans la guerre civile alors que deux gangs s’affrontent constamment dans les rues et que les forces de polices sont dépassées. Heureusement veille une « résistance » menée par Casey Marie, la fille d’April O’Neil, et quatre créatures mutantes : de nouvelles tortues ninjas prêtes à leur tour à en découdre.
Les tortues du futur
Le premier volume fonctionnait comme la fin d’une époque, ce second volume lui en propose un nouveau rebond emporté par l’enthousiasme d’une nouvelle génération de héros. Uno, Moja, Odyn et Yi, deux garçons et deux filles, d’apparences bien plus diversifiées que leurs illustres modèles, plongent ici véritablement pour la première fois dans la mêlée et se découvrent même en cours de route quelques curieux pouvoirs. De la même façon, le premier tome se révélait plutôt calme et mélancolique, celui-ci plonge dans une action quasiment ininterrompue, multipliant les retours, les révélations avec une énergie presque juvénile, mais surtout une sensation de chaos généralisé. Re-Evolution semble alors être conçu comme le négatif de son modèle et comme un véritable rebond qui se détache même de la forme d’une one-shot pour s’engouffrer dans celle de la série à suivre : c’est bel et bien un premier tome. On peut louer la prise de risque, on peut apprécier les nouvelles pistes envisagées, mais on peut aussi se questionner sur la pertinence de transformer la marque « The Last Ronin » pour la rapprocher finalement des comics TMNT classiques. Cela n’enlève en rien à la qualité des illustrations toujours signées par la bande d’artistes regroupant les frères Escorza (Death Dealer, Taarna), Ben Bishop (Drawing Blood) et le patron Kevin Eastman (aux layouts et pour les excellents flashbacks), ici plus touffus et nerveux, mais tout à fait dynamiques et soignés, ni à l’efficacité du récit réussissant malgré son rythme haletant à offrir une personnalité singulière aux nouvelles tortues.
The Last Ronin II n’aurait certainement pas le même impact que son modèle, mais il en propose un prolongement qui évite clairement le piège du décalque. Les auteurs rebondissent sur leur idée première et ouvrent une toute nouvelle chronologie pour l’univers TMNT, introduit quatre nouveaux héros bien campés sans être écrasés sous leur lourd héritage. Plus classique certainement mais une proposition qui reste très solide.




