TEENAGE MUTANT NINJA TURTLES T.1 : RETOUR A NEW YORK

Teenage Mutant Ninja : Alpha & Teenage Mutant Ninja Turtles #1-6 – Etats-Unis – 2024 / 2025
Genre : Action
Dessinateurs : Chris Burnham, Joëlle Jones, Rafael Albuquerque, Cliff Chiang, Darick Robertson, Juan Ferreyra
Scénariste : Jason Aaron
Nombre de pages : 176 pages
Éditeur : Hi Comics
Date de sortie : 27 août 2025
LE PITCH
Les tortues ont quitté New York pour poursuivre leurs propres desseins. Raphaël est en prison. Michelangelo est devenu la star de sa propre série télé au Japon. Leonardo parcourt le monde en quête de paix intérieure. Donatello se livre à des combats clandestins contres des hommes riches à la recherche de sensations fortes.
Les quatre doigts de la main
Loin de la simple nostalgie et des enfantillages des différentes séries TV, Les Tortues Ninja ont véritablement connu un second souffle à leur arrivée chez IDW il y a quelques années. Premier recueil de la nouvelle relance de la série avec cette fois-ci Jason Aaron (Scalped, Wolverines & The X-Men, Avengers…) aux commandes, Retour à New York continue d’affirmer qu’il y a encore de très bonnes choses sous la carapace.
Initialement un comics aux limites de l’underground avec une volonté de pasticher le comics d’action et le « japonisme » des années 80, TMNT aura mis du temps à retrouver ce mélange très particulier entre humour second degré et univers pop sombre et parfois des plus adultes. Héritant d’une série entamée en 2011 et enquillant plus d’une centaine d’épisodes, sans compter les spin-of et autres bonus, ce relaunch s’inscrit cependant dans la continuité, préservant les conséquences du run de Sophie Campbell (la mort de Splinter, la paix affichée avec les foots, les mutants traqués, Leonardo transformé…) mais officie effectivement un nouveau départ. En dehors de ce contexte initial, le récit ne s’encombre pas trop de références et préfère se concentrer sur les répercussions persistantes : ceux qui autrefois étaient, malgré leur différences, indissociables ont perdu le contact les uns avec les autres. Ils semblent s’être perdus en cours de route. Raphael ne pouvait que finir par jouer les matons en prison ; Mickey avait déjà tout pour devenir une star, même au Japon ; Leonardo poursuit sa quête de paix intérieur… Et on imaginait mal comment Leonardo allait pouvoir se remettre d’un vieillissement accéléré et d’une carapace en métal sans sombrer dans la folie. C’est le plus marqué de tous, enfermé dans une arène clandestine de rednecks s’amusant à organiser des combats contre les pauvres mutants qu’ils ont capturés.
Elle est où ma pizza ?
Jason Aaron prend ici intelligemment le temps de mettre ses pièces en place et renoue avec les tortues une par une alors que la menace principale, une prise politique totalitaire de la ville de New York, s’amplifie de pages en pages. L’astuce de ces épisodes est aussi de marquer chaque étape par le travail d’un artiste différent, et que des pointures en l’occurrence : Chris Burnham (Batman Incorporated), Joëlle Jones (Catwoman), Rafael Albuquerque (American Vampire), Cliff Chiang (Paper Girls), Darick Robertson (The Boys), Juan Ferreyra (Rex Mundi). Tous accompagnent avec leur propre sensibilité et toujours un style très tranché, l’éveil de chacune des tortues ou les retrouvailles attendues dans le chaos de la ville américaine. L’alternance des dessinateurs fonctionne ici parfaitement et souligne les variations de points de vue sur les évènements (on ne vous cache pas que nos héros l’ont mauvaise et beaucoup à régler entre eux), toujours avec un sens de l’action et un humour limite tragique (Donatello qui parle à son rat mort…) qui fait honneur à la licence. Jason Aaron pour sa part reprend une structure de reconstruction éprouvée, mais offre véritablement une belle plume, comprenant à la perfection ces personnages archi-rabattus, leur univers et l’énergie attendue d’une telle série.
Construit comme un large tremplin pour des évènements à plus grande échelle en préparation, Retour à New York se lit d’une traite, parfois limite une petite larme à l’œil, et relance comme il se doit les aventures de ces Ninjas de moins en moins Teenage.




