TANK GIRL FOREVER

France – 2018
Genre : Comédie, Science-Fiction
Scénariste : Alan Martin
Illustrateur : Brett Parson
Nombre de pages : 104
Editeur : Ankama Editions
Date de Sortie : 05 février 2021
LE PITCH
Les mésaventures de Tank Girl se poursuivent. Après l’apparition d’une étrange lumière dans le ciel, Tank Girl découvre qu’elle est devenue une super-héroïne et que, comme tous les super-héros, elle va devoir faire face à son ennemie mortelle : BAD Seed AKA Barney ! Une aventure épique avec des super-pouvoirs, des secrets du passé et du hareng mariné…
Team X
Toujours à se balader dans les paysages australiens, la déglinguée Tank Girl a depuis longtemps quitté les rives de l’underground pour se mouvoir à la grâce d’un blindé dans des publications plus mainstream. Dernier opus en date, Tank Girl Forever s’amuse même à parodier les comics de l’âge d’or.
Depuis le volume Two Girls One Tank, la petite histoire éditoriale de Tank Girl a quelque-peu été bousculée. Exit donc les publications d’histoires courtes, chaotiques, non-sensiques, où venaient s’inviter de nombreux illustrateurs tentant de faire passer l’absence de Jamie Hewlett, le titre se voit désormais développé avec un format plus classique de mini-séries en quatre chapitres. Une façon de permettre la mise en place d’une chronologie plus classique, où vont s’ébattre Tank Girl et sa bande de copains (surtout de copines), évoluant de péripéties en péripéties, plus que d’anecdotes en anecdotes. Pourquoi pas. Une transition d’autant plus facilitée que la série s’est désormais dégotté un illustrateur fixe, Brett Parson, qui a su capturer avec beaucoup de talent les traits cartoony de cet univers tout en y apposant une lisibilité plus ronde, plus sobre. Du changement dans la continuité en somme qui se pare dans cet épisode très particulier d’une colorisation délavée, d’un filtre jaunâtre et d’un gros grain d’impression pour reconstituer la sensation des fascicules oubliés sur les vieux présentoirs.
Justice League of Australia
D’ailleurs même son découpage et son encrage s’inspirent joyeusement des grandes heures des comics, fausses couvertures bourrées de superlatifs et de cliffhanger époustouflants à l’appui. Une approche qui n’a rien de gratuite puisqu’elle accompagne la nouvelle lubie d’Alan Martin, scénariste historique, qui après avoir singé les films bis, la SF kitch et le film de guerre dans des volumes précédents, balance sans sommation ses créations dans un petit Mickey et les transforme en super-héros de pacotille. Jetgirl vole, Subgirl nage et Tankgirl est désormais parée d’une armure rustique avec rollers à chenilles et gros canon dans le dos. Bien entendu le ton est moins poli et bon enfant que chez Marvel et DC (surtout dans les 60’s) mais il faut reconnaître qu’une fois avoir fait le tour des sempiternelles vannes de camionneuses, Tank Girl Forever ne brille pas forcément par une originalité bouleversante. Finalement le changement de décor ne sert pour l’auteur qu’à nous resservir un peu toujours le même plat, qui en plus désormais s’étend plus abondamment sur une centaine de pages. Quelques flashbacks sur un personnage, Joannie (inventée de toute pièce) sont censés redonner un peu de relief à la relation conflictuelle ente Tank et Barney (désormais transformée en super-vilaine vénère) tandis que Booga, Dobson et Camp Koala se perdent dans la figuration.
Le temps du bordel post-apocalyptique punk et irrévérencieux semble bel et bien révolu. Pour le coup il nous manque un peu.