SYD BARRETT & LES PINK FLOYD : WISH YOU WERE HERE

Wish You Were Here: Syd Barrett e i Pink Floyd – Italie – 2015
Genre : Biopic
Scénariste : Danilo Deninotti
Illustrateur : Luca Lenci
Nombre de pages : 96
Editeur : Graph Zeppelin
Date de Sortie : 26 janvier 2021
LE PITCH
1968 : Les Pink Floyd sont un des groupes les plus en vogue et leur guitariste et leader, Syd Barrett, est un des musiciens le plus talentueux de sa génération. Mais une malédiction est sur lui et hante les Pink Floyd tout au long de leur carrière : l’abus de substance dont le LSD aura raison de son esprit ! Ingérable, il sera doublé puis remplacé par son ami, David Gilmour. Malgré la brièveté de sa carrière (1965-1968 avec Pink Floyd et 2 albums solo en 1970) nombreux sont les artistes qui se disent influencés par sa musique.
Almost There
Créateur des mythiques Pink Floyd et compositeur visionnaire, Syd Barrett est aussi synonyme d’artiste maudit, d’une étoile filante qui disparut derrière son œuvre collective (après quelques albums solo révolutionnaires tout de même), emporté par la consommation de drogue et la folie.
Une véritable légende de la musique et du rock qui mine de rien est passé de compositeur principal, guitariste et chanteur du groupe Pink Floyd à un pauvre bonhomme oublié dans la banlieue de Cambridge, occupant son temps entre la peinture et le jardinage. En cause non pas la jalousie des camarades, mais bien des blessures plus profondes qui l’empêchèrent de dépasser son incapacité à gérer la pression et donc un succès émergeant. Un comportement erratique, des passages dans un mutisme total, Barrett quitte l’enregistrement d’une émission, passe un concert entier à ne jouer qu’un seul accord, disparaît pendant plusieurs jours… Peu à peu le groupe est obligé d’apprendre à faire sans le moteur initial, le remplaçant sur scène par David Gilmour, puis s’engageant dans une voie sans Barrett qui réussira tout de même à produire deux fascinants albums solos, avant de s’enfermer définitivement dans sa schizophrénie. La légende dira qu’il réapparu brièvement, devenu chauve et adipeux, méconnaissable, alors que Pink Floyd s’apprêtait à enregistrer Wish You Were Here, la chanson déchirante que lui a consacré Roger Water.
Met you in the Dark Side of the Moon
Un fantôme, une figure insaisissable, mystérieuse et accompagnée de rumeurs et de mythes qui lui sont propre, auquel s’attaque courageusement les auteurs de cet album Wish You Were Here: Syd Barrett e i Pink Floyd (oui ils sont italiens). Un travail pas évident qui opte pour une structure très découpée, chapitrée par les différents petites épisodes connus. La rencontre de la première formation, les premières chansons, l’arrivée fracassante sur la scène psychédélique, le passage à la télévision, l’éloignement de Syd Barret… Loin d’être exhaustive, la BD tente de construire en creux le portrait de l’artiste, ne s’appesantissant que très peu sur sa véritable personnalité, sur les inquiétudes du reste du groupe ou sur la force de leur musique. Avec un petit quelque-chose du Gabriel Bâ de Comment aborder les filles en soirées, Luca Lenci esquisse ses planches comme pour donner corps à la fragilité du personnage, et segmente son découpage pour souligner la fragmentation de sa psyché. Si d’une certaine façon ses expériences médicamenteuses et son isolement progressif sont plutôt bien amenés, il reste un grand perdant dans cet album rédigé par Danilo Deninotti (Kurt Cobain « When i was an alien ») : la musique. Pas évident de retrouver la fougue, les ruptures de ton et les expérimentations psychés de Pink Floyd et Syd Barret, dans ces planches finalement plus mélancoliques qu’autre-chose. C’est bien entendu le point de bascule de ce type d’exercice, très rarement transformé… Si ce n’est par le Bowie de Mike Allred.