SURVIVAL : GUNA YALA

France – 2025
Genre : Aventure, Action
Dessinateur : Daniele Fabiani, Mack Chater
Scénariste : Christophe Bec
Nombre de pages : 64
Éditeur : Éditions Soleil
Date de sortie : 5 novembre 2025
LE PITCH
Suite à un crash, des hommes et des femmes se retrouvent piégés au coeur de la jungle de Guna Yala, en Amérique du Sud. Environnement hostile et impénétrable, l’air y est chaud et humide, suffoquant. Les araignées et serpents venimeux, les fauves, y sont légion. Comme les narcotrafiquants. Quiconque y met les pieds est coupé du reste du monde, sans réseau, sans espoir.
Les rescapés
Entamée en 2024 avec Warm Springs, la série concept bis de Christophe Bec arrive au bout de son premier cycle avec ce quatrième opus : Guna Yala. L’aventure tragique et fragile de quelques voyageurs prisonniers d’un enfer vert.
Scénariste prolifique s’il en est, Christophe Bec (Cartagho, Promethée, Olympus Moon…) est aussi un très grand amateur de série B. Il participa d’ailleurs activement à la regrettée collection de Glénat, Flesh & Bones, dans laquelle il ne fallait surtout pas avoir peur de se salir les mains. Même si le gore et le sexe sont un peu moins de la partie dans la collection des Survival, on y retrouve la même envie d’embarquer le lecteur dans un récit simple mais fort et d’enchainer sans faiblir les coups du sort, les morts brutales et la description toujours opérante d’une humanité dont la morale peut s’effriter en quelques instants. Les règles restent presque à chaque fois les mêmes avec la nécessité de résister et survivre dans un cadre particulièrement intense et dangereux, et l’envie d’offrir un divertissement musclé et méchant est intact. Comme son titre l’indique, Guna Yala nous emporte donc dans cette région sauvage du Panama où la nature indomptée recèle mille dangers sous chaque feuille, mais au milieu de laquelle une troupe de narcotrafiquant armés jusqu’aux dents reste les pires prédateurs.
Sans train d’atterrissage
Un bête crash d’avion là où il ne fallait pas (dû à un empoisonnement criminel et un moustique porteur d’un méchant virus… pas de bol), et les rares survivants doivent réussir à s’unir et retrouver le chemin de la civilisation sans se faire mordre par un serpent, piquer par une araignée venimeuse, bouffer par un jaguar et trucider par un barbouze qui passait par là. Le point de départ est assez classique, mais comme souvent le scénariste réussit à resserrer le tout et à multiplier les moments de tensions, avec une efficacité maitrisée. On pourra regretter que le récit choral ne permette pas vraiment de faire vraiment ressortir un ou deux personnages plus développés et que l’épilogue est d’un intérêt discutable, mais ce Survival sait se montrer cruel et sadique comme il faut, avec en particulier un retour de karma particulièrement violent pour la pauvre hôtesse de l’air. Quelques scènes marquantes entre horreur et récit d’aventure impitoyable qui auraient certainement gagné en puissance avec une mise en image plus percutante. Artiste comics plutôt discret et croisé par exemple sur des titres comme Contagion, Lazarus, Wolverine ou Aliens, Mack Chater délivre des planches au découpage trop basique et touffu et exploite un style assez réaliste mais rapidement brouillon et où les imperfections se multiplient au cours de la lecture. Étrangement d’ailleurs, celui-ci laisse la place à l’inconnu Daniele Fabiani pour les toutes dernières pages qui certes restent dans la même veine mais apporte un appauvrissement visuel supplémentaire.
Vraiment dommage car justement ce type de récit devrait essentiellement reposer sur l’exotisme des dessins et l’exploitation visuelle d’une atmosphère oppressante. Là on en est loin.


