SUPER BALL GIRLS T.1

スーパーボールガールズ – Japon – 2022
Genre : Science-Fiction, Comédie
Dessinateur : Akira Hiramoto
Scénariste : Muneyuki Kaneshiro
Nombre de pages : 128 pages
Éditeur : Editions Soleil
Date de sortie : 2 juillet 2025
LE PITCH
Eita Ichiyoshi est l’un de ces losers résignés et persuadés que sa condition ne pourra jamais s’améliorer. Mais le soir de Noël, lorsqu’il lance une étrange balle ramassée dans la rue, la fille de ses rêves apparaît, comme tombée du ciel ! Et ce n’est que le début des surprises ! Il se retrouve bientôt entouré de quatre incroyables nymphettes… Il voulait que sa vie change ? Il va être servi…
Viens faire des bulles
Jouant sur les fantasmes de nombreux jeunes garçons et les codes du manga de harem tant plébiscité, Super Ball Girls rebondit tous azimuts entre fan service et farce adolescente mais avec une petite pointe de noirceur qui rappelle que c’est bien là la nouvelle création de Muneyuki Kaneshiro (Jagaan, Blue Lock) et Akira Hiramoto (Prison School, Raw Hero).
Deux mangaka qui chacun à leur façon se sont admirablement glissés dans les genres à la mode pour mieux les dévier en cours de route. En particulier l’illustrateur Akira Hiramoto qui avec ses deux cartons précédents, Prison School et Raw Hero, s’est pleinement amusé à martyriser de pages en pages des protagonistes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à ses lecteurs lambda. Après le trip S&M et le dévoiement du sentai, il reste parfaitement à l’aise dans ce Super Ball Girls qui lui permet de mélanger à nouveau un réalisme très poussé dans les formes et les détails, mais constamment contrebalancé par une forte propension aux déformations dynamiques, aux expressions caricaturales et à la mise en forme outrées de fantasmes sur pattes. En l’occurrence quatre créatures de rêves sorties de balles rebondissantes et qui désormais occupent l’appartement et le quotidien de Eita, pauvre garçon à la vie sans relief et qui se considère lui-même comme un looser fini.
Dream Girls
Le rêve absolu, surtout que les donzelles ont tendance à être très peu habillées, à prendre constamment des positions douteuses (les amateurs d’Onlyfan reconnaitrons toutes leurs mimiques préférées) et à quémander câlins et bisous à chaque occasion… Mais attention, comme les Gremlins (ou presque) chaque patin provoque la naissance de nouvelles Super Balls Girls. Difficile de résister devant leur lascivité, tout autant que de garder son calme quand les locataires provoquent le chaos tout autour d’elles, dans le logement étriqué ou lors d’une tentative de sortie au supermarché. Il faut dire que ces créatures se montrent pour l’instant d’une intelligence très limitée qui n’a d’égale que leur grande curiosité, mais aussi dotée de la faculté de guérir de toutes les blessures, même les plus gores… Muneyuki Kaneshiro nous concocte dans ce premier tome une sorte de parodie des mangas romantiques pour adolescents masculins (les vieux reconnaitront quelques tics de Video Girl Aï ou Oh My Goddess !), jouant de la compétition entre les prétendantes, de l’embarras récurent du bien gentil garçon, de ses hésitations constantes tout autant que son sentimentalisme naïf face à des donzelles qui prennent effectivement beaucoup de place…
Mais en plus de refléter un japon contemporain et un monde du travail très loin d’être idéalisé, il dissémine déjà quelques indices sur le glissement que va sans doute connaitre la série dans les tomes à venir (quatre sont déjà parus mais la série est toujours en cours au Japon). Soit une tonalité beaucoup plus sombre et inquiétante reposant sur l’origine des filles, leur nature et les dégâts, bien réels là, qu’elles peuvent faire autour d’elle. Le gros lourd trop entreprenant du dernier chapitre l’a expérimenté de la plus cruelle des façons. Amusant, un peu bordélique, mais déjà intriguant…





