RURIDRAGON T.1

ルリドラゴン – Japon – 2022
Genre : Fantastique, Comédie
Dessinateur : Masaoki Shindo
Scénariste : Masaoki Shindo
Nombre de pages : 176 pages
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 2 juillet 2025
LE PITCH
Ruri Aoki, lycéenne, se réveille un matin avec des cornes sur la tête ! D’après sa mère, elle tient probablement ça de son père qui est en réalité… un dragon ?! Malgré cette situation inattendue, Ruri se rend au lycée… Bien évidemment, l’apparition de ces cornes attire l’attention de ses camarades, mais ce n’est pas tout : Ruri se découvre d’autres attributs de dragon ! Le quotidien de Ruri s’apprête à connaître bien des bouleversements !
Petite flamme
Nouvelle série phénomène de l’écurie Shonen Jump et classée parmi les titres les mieux notés de la revue et les meilleures ventes de recueils, Ruridragon débarque enfin en France. L’histoire d’une jeune fille qui se découvre des origines de dragon, mais qui curieusement ne devient pas une grande combattante des forces du mal, mais reste une vraie adolescente. Avec parfois quelques flammes incontrôlées.
D’une certaine façon, Ruridragon semble vouloir dans ce premier volume déjouer toutes les attentes des lecteurs de manga. Si un matin Ruri se réveille avec des cornes de dragon sur la tête, elle ne pique même pas de crise, hurlant de peur ou allant se cacher sous son lit en espérant que sa mère ait une explication. Mais elle en a une « ah au fait, ton père est un dragon ». Une information donnée avec une banalité confondante et dont le manque de surprise va se retrouver sur le chemin du lycée et dans la classe elle-même. Tout le monde voit la différence, s’en amuse, pose des questions, veut toucher les fameuses cornes, mais personne ne s’en offusque ou pousse la réflexion plus loin. Ces cornes sont juste le symbole d’une différence comme une autre, d’un changement presque naturel. A la manière du Alerte Rouge de Disney, Ruridragon symbolise à sa manière les métamorphoses et les bouleversements du corps par une authentique et spectaculaire transformation. Mais à la différence de ce dernier, pas de grande aventure à la clef, juste une petite remise en question. Même lorsqu’un éternuement se transforme en jet de flamme qui manque de cramer tous les cheveux de son voisin de devant, l’aspect purement fantastique de la situation est totalement normalisé.
Bête à corne
Un scénario plutôt étonnant qui n’use pour l’instant de ses bribes magiques qu’avec parcimonie (le fameux « papa » n’est visible qu’en silhouette dans un flashback) et prend surtout les allures d’une chronique lycéenne assez tendre où l’auteur Masaoki Shindo décrit finalement l’ouverture de la petite Ruri aux autres, à ses camarades de classe, à sa mère et pourquoi pas aussi un peu aux garçons, entre deux séances de révision au Starbucks du coin. Les pages se suivent avec une certaine délicatesse et même les situations les plus improbables ne font jamais dévier ou accélérer la narration qui se refuse à tomber dans la grande comédie fantastique ou le burlesque. Un ton presque égal et pour l’instant une quasi-absence de véritable relance qui pourrait en ennuyer certains, mais qui donne aussi ce petit charme modeste à Ruridragon, dessiné d’ailleurs avec tout autant d’économie. Le mangaka n’en fait pas beaucoup, brosse souvent les décors en quelques lignes, résume le tramage au minimum au profit d’un blanc omniprésent, mais maitrise déjà plutôt bien la nature et l’expressivité de ses personnages et en particulier sa gamine principale.
Pas renversant pour l’instant, mais effectivement très mignon.




