ROCKETEER : LA CARGAISON MAUDITE

The Rocketeer : Cargo of Doom – Etats-Unis – 2012
Genre : Aventure, Super-héros
Dessinateur : Chris Samnee
Scénariste : Mark Waid
Nombre de pages : 112 pages
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 2 juillet 2025
LE PITCH
Un navire accoste dans le port de Los Angeles depuis un lieu lointain et exotique – avec une étrange cargaison aussi mystérieuse que… vivante ! Le chaos ne tarde pas à se déclencher alors que notre héros se lance dans la mêlée !
à contre-vent
Un peu plus de dix ans après une première édition au sein d’une optimiste collection Les Nouvelles aventures de Rocketeer dont elle était le premier (et unique) tome, la mini-série La Cargaison maudite revient au format one-shot. Excellente occasion de déguster à nouveau ce prolongement idéal à la série culte de Dave Stevens.
On le sait, malheureusement le créateur du super-héros pulp et nostalgique, n’aura jamais eu vraiment le temps ni l’opportunité de développer son personnage au-delà de quelques aventures courtes et décoiffantes. Décédé en 2008 a seulement 53 ans, il laissait un terreau hautement évocateur, une certaine promesse d’aventures débridées, de décollages azimutés et de jolies donzelles à sauver. Détenteur des droits, IDW se sera alors essayé à l’anthologie en forme d’hommage, publié par Delcourt en mars derniers sous le titre Nouvelles aventures, mais c’est véritablement avec la mini-série en présence que l’éditeur fit mouche, entamant une petite vague d’aventures inédites et débridées. Alors présenté comme le récit le plus long dédiée à Rocketeer avec seulement (mais c’est déjà pas mal) quatre chapitres, La Cargaison Maudite n’a certainement pas pour ambition de remodeler le personnage et son univers, mais bien de l’étoffer et de l’entrainer vers une trame légèrement plus complexe, plus proche finalement du très réussi long métrage signé Joe Johnston, avec son terrible complot menaçant la belle ville de Los Angeles et les multiples quiproquos avec la sublime Sally qui empoisonnent la vie du Brave pilote / mécano Cliff Secord.
à fond les ballons
Scénariste prolifique mais toujours loué pour son respect des univers et des licences qu’il approche (on a pu re-déguster en format poche son excellent run sur les Fantastic Four), Mark Waid absorbe habillement les fondamentaux de la saga Rocketeer et les régurgite avec un bonheur communicatif multipliant les péripéties, les grandes scènes de poursuites et les dangers, les notes d’humour, les tension romantiques (seul l’érotisme s’est fait la malle) dans un grand divertissement popcorn endiablé et énergique. Il installe même un grand méchant bien moins manichéen que prévu, dissémine quelques ingrédients du serial pour disposer un futur ennemi plus inquiétant encore et greffe sur le tout une autre référence de la culture pulp : le royaume perdu de Skull Island. Rocketeer contre quelques dinosaures lâchés en pleine ville : il y a forcément de quoi donner la banane ! D’autant plus emballant que l’illustrateur Chris Samnee (Joanna, Fire Power, Captain America : La Patrie des braves) s’inscrit parfaitement dans la veine graphique de Dave Stevens renouant avec des designs délicieusement rétros et une reconstitution de l’Amérique de 1940 entre fantasme hollywoodien et vieux comics-strip, mais dynamité par son sens du rythme et des cadrage spectaculaires.
Une belle déclaration d’amour au personnage pour un album qui fait honneur au Rocketeer original. On espère vraiment que cette fois-ci le succès en France soit au rendez-vous afin de profiter, enfin, des mini-séries séries suivantes comme Hollywood Horror, The Great Race ou même son crossover avec le fameux The Spirit.




