RAT CITY T.1

Rat City #1-12 – Etats-Unis – 2024 / 2025
Genre : Science-Fiction, Action, Super-héros
Dessinateur : Zé Carlos
Scénariste : Eric Schultz
Nombre de pages : 288 pages
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 22 octobre 2025
LE PITCH
2107 – Un futur ravagé par la guerre où des soldats transformés en cyborgs mènent des combats aussi violents qu’inutiles. Peter Cairn est un ex-soldat, amputé des deux jambes. Il dispose cependant de pouvoirs inimaginables grâces aux nanites (des nano-robots) qui activent ses prothèses de jambes. Des nanites d’un genre un peu nouveau, puisqu’ils sont mus par des pouvoirs qui empruntent autant à la magie qu’à la science…
Mécha Spawn
Delcourt change de format pour l’univers Spawn avec désormais des volumes plus fournis, formats double, et des publications annuelles. Premier titre à ouvrir la voie, Rat City, souffre peut-être d’un titre quelques peu laconique pour un voyage quelques cent ans dans le futur de la création de Todd McFarlane. Un angle inédit pour la saga mais déjà doté de bases bien solides.
Se basant sur quelques éléments des numéros 300-301 de la série centrale Spawn (nul besoin d’avoir tout lu pour se lancer ici), Rat City montre comment en fracturant le temps et la réalité Al Simmons a comme projeté son pouvoir au-delà de ses propres aventures… Jusqu’en 2107 en l’occurrence où Peter Cairn, ex-soldat mercenaire reçoit à son tour la malédiction du Hellspawn et doit rapidement découvrir comment contrôler ses nouveaux pouvoirs destructeurs. Mais naturellement l’avenir décrit dans Rat City n’a rien de l’utopie lumineuse et joyeuse mais plutôt de la dictature globale dirigée par un ordre moral, religieux et militaire où la grande majorité de la population est plongée dans la pauvreté. Les soldats eux, instrumentalisés, ont depuis longtemps franchit la ligne rouge et sont utilisés ici, comme de simples cobayes pour quelques expériences sur les greffes de nanites. D’ailleurs le protagoniste a lui aussi subi ces greffes lui permettant de marcher, et plus, grâce à ses jambes artificielles. Le nouveau Spawn tient donc de la créature biomécanique, mais en définitive sa mission reste pour l’instant très proche de celle des autres titres Spawn : se venger, découvrir qui tire les ficelles et pourquoi et défoncer les fachos de son monde.
Spawn 2107
L’univers est sobrement mais efficacement posé, les premiers affrontements sacrément bourrins tournent au carnage attendu, alors que savants fous, créatures de Frankenstein 2.0 et illuminés religieux se bousculent déjà au portillon, mais se sont toujours les personnages qui porte le récit sur leurs lourdes épaules. Si Peter Cairn ne dévie pas trop du modèle Al Simmons, avec son passé de tueur torturé et sa quête de rédemption, c’est surtout son acolyte Quinlan qui apporte une certaine fraicheur au récit. Il est le narrateur de l’histoire et une figure qui n’a rien du héros classique, plutôt fragile, paumé et souvent totalement dépassé par les évènements, et permet d’apporter un peu d’humanité dans ce défouloir qui porte encore et toujours la marque de la première impulsion datant des années 90. Une grande tragédie SF violente et sombre, confié pour la première fois à une scénariste, Erica Schultz (M3, Laura Kinney : Wolverine, Forgotten Home…) qui offre une extension solide et rythmée à l’univers Spawn, soit à peu près tout ce qu’on attendait. Aucune déception non plus du coté de la prestation de Zé Carlos (Angel Season 11, The Amazing Spider-Man, The Scorched…) au travail sur les matières et les couleurs typique de l’école brésilienne, et qui se montre dès lors moins sombre que la plupart des artistes associés à la série. Mais les planches sont bien chiadées, fourmillent de détails, de décors bien brossés et de personnages typés. Son « Deviant » est d’ailleurs un croisement bien réussi entre les drapés infernaux et organiques et les structures plus mécaniques. Un « Spawn Beyond » qui a de la gueule.




