PANTAPOLIS T.1 : OPPRESSION

Italie – 2025
Genre : Science-Fiction, Erotique
Dessinateur : Walter Trono
Scénariste : Thomas Pistoia
Nombre de pages : 48 pages
Éditeur : Tabou BD
Date de sortie : 16 octobre 2025
LE PITCH
Pantapolis est une petite planète où l’obscurantisme compromet la liberté de conscience de ses citoyens. Mais quand cette théocratie s’en prend aux parents de Valentine Hild, un désir de vengeance conduit la jeune femme à rejoindre un groupe de rebelles, qui milite pour le droit au plaisir charnel et s’oppose au concept de péché qui limite le peuple. La lutte armée des insurgés arrivera-t-elle a essaimé la liberté de pensée qui fera tomber le régime ? À quel prix Valentine gagnera-t-elle son pari ?
« Siamo tutti antifascisti !»
Il parait que dans le monde qui nous entoure, tout est politique. Chaque acte, chaque parole, chaque création artistique… et le sexe aussi certainement. Une liberté parmi d’autres que certains voudraient régir et contrôler à l’instar de la dictature explorée dans les pages de la nouvelle série Tabou : Pantapolis.
Dans un futur pas si lointain donc, dans un pays qui n’est pas nommé mais qui ressemble très volontairement à quelques démocraties occidentales actuelles, l’histoire s’est de nouveau répétée et un régime dictatorial à pris le pouvoir. Une tyrannie qui ne fait bien entendu que reproduire, encore et toujours, les mêmes carcans liberticides, valorisant le travail, le mariage, la soumission et l’existence la plus normée qui soit. Le sexe en particulier est désormais interdit comme source de plaisir et ne doit être pratiqué que pour procréer. Bien entendu les personnes sortant légèrement des rangs, en particulier les homosexuels, sont impitoyablement pourchassés et envoyés dans des camps où ils deviennent esclaves pour les troupes sadiques. Joyeux programme où tout un chacun ne peut s’empêcher de faire quelques rapprochements évidents, en particulier lorsque la dirigeante du pays se lance dans un discours qui s’achève par « Je suis une femme ! je suis une mère ! je suis une croyante pratiquante ! ». Faut-il préciser que les auteurs sont italiens ? Romancier et scénariste de fumeti (Nathan Never, Zagor, Diabolik…) Thomas Pistoia dépeint un futur glaçant et terriblement crédible où tout le monde ou presque semble avoir accepté son sort, fermant les yeux sur les exactions des milices, acceptant la propagande et oubliant sa liberté dans un confort fictif.
Le corps est une arme
C’est dans ce cadre que l’on croise Valentine, jeune femme dont le père, journaliste, fut assassiné dans un attentat d’état, et la mère envoyés en camp de travail, et qui est devenue aujourd’hui militante usant de ses performances pornos pour financer la rébellion. On comprend dans les dernières pages, que les tomes à venir (Détention, Évasion, Rébellion, Punition) vont conter à la fois sa confrontation adolescente à l’injustice et son combat d’adulte convaincue et affirmée. Si l’univers est prometteur, l’album se met cependant un peu difficilement en place à cause, pour une fois, de scènes de fesses qui prennent parfois assez inutilement beaucoup de pages. La partie de jambes en l’air des parents de Valentine, qui avaient réussit à mettre la main sur un brouilleur, est effectivement torride mais n’apporte pas grand-chose, et celle d’une ancienne dictatrice avec sa garde rapprocher souligner effectivement le cynisme des puissants mais aurait pu se contenter d’une seule planche plus construite. Extrêmement précis, très réaliste avec ce qu’il faut d’exagérations plantureuses pour le genre (la première apparition de Valentin est whaou !), Walter Trono est un descendant de la fière école italienne de l’érotisme et se rapproche par son trait, ses poses et ses matières d’un certain photoréalisme. Baigné dans un bleu glacé omniprésent, l’approche est idéale pour crédibiliser l’univers SF de Pantapolis, tout autant que pour profiter de la plastique étourdissante des femmes et hommes visibles dans le plus simple appareil, mais ces fameux passages attendus s’étalent peut-être trop largement dans l’espace, réduisant l’impact d’un album de seulement quarante pages.
Un premier tome introductif plutôt intéressant, mettant en place un véritable manifeste pour l’amour libre et la lutte antifasciste et profitant pleinement des talents sexy de Walter Trono pour aguicher l’érotomane concerné. Espérons juste que la suite à venir muscle un petit plus l’histoire principale.



