ORGIES BARBARES T.1

Cuentos Prohibidos – Espagne – 2013
Genre : Érotique
Scénariste : Erich Hartmann
Illustrateur : Erich Hartmann
Editeur : Tabou BD
Pages : 64
Date de Sortie : 20 avril 2021
LE PITCH
Au cœur des Terres Légendaires des Temps Jadis, Orgies barbares raconte les aventures de sauvageonnes, de mercenaires et de créatures maléfiques. Les personnages principaux sont en quête de justice ou de fortune selon leurs prédispositions. Tous ont un point commun : ils considèrent que le pouvoir des passions charnelles est une arme bien plus puissante qu’un sortilège ou une épée acérée.
La communauté de l’an…
Corpulente série qui s’étale depuis longtemps déjà en sept tomes sans aucune pudeur, Orgies Barbares fait partie des bestsellers de Tabou BD. D’où la réédition du premier album, épuisé (lui aussi), avec une nouvelle couverture en prime. Bien soft cette dernière d’ailleurs par rapport à ce qui attend le lecteur à l’intérieur…
Comme très souvent dans la BD érotique, la question principale d’Orgies barbares est de contourner le rideau des convenances et d’aller voir derrière, le plus souvent par un œilleton dissimulé, et observer ce qui occupe les héros classiques entre deux épopées. Ici les grands mythes de la fresque médiévales, les envolées de l’Heroic Fantasy ou la sauvagerie de la Sword & Sorcery, sont systématiquement approchés par la croupe, et la moindre menace de duel à l’épée s’achève le plus souvent les jambes en l’air. Pour cet album inaugurale nos demoiselles sont tour à tour victimes des circonstances et des envoûtements, ou fières guerrières tenant les mâles benêts par les gonades. En l’occurrence une superbe voleuse (sans nom) qui tombera sous le contrôle d’un démon de la fertilité ou d’un seigneur dépravé, l’impressionnante et massive Zoia, guerrière venue du nord qui se prête aisément à toutes les coutumes locales et enfin Yevlen, inquisitrice qui extirpe le mal en se faisant du bien. Cette dernière, par son insaisissable perversité, son humour ironique face à son église et aux faiblesses bien humaines (et excusables) est certainement la plus séduisante et performante.
Par le glaive et le vît
Trois figures féminines qui alternent tout au long de la lecture puisque Orgies barbares est constitué de séries d’histoires courtes, plus ou moins inspirées, ou quelques héros et héroïnes ne vont cesser de se croiser, se passer la main et plus si affinités. Et comme album introductif, celui-ci place la barre déjà assez haute question situations incongrues, comme ce succube aux appendices caudales bien pratiques qui finit elle-même par devenir victimes de ses pulsions, mais aussi dans les pratiques exercés par tout ce petit monde. Du porno hard et dur (comment ça c’est la même chose ?) qui explore tous les orifices, les positions les plus athlétiques, le saphisme pas franchement délicat et le plus généreux gang bang. Pour lecteur très avisé donc, mais jamais désagréable à l’œil, loin de là, car l’espagnol Erich Hartmann sait y faire. Diplômé des beaux-arts, il manie un dessin qui s’inspire volontairement des textures de la peintures renaissance (toutes proportions gardées) et du coup se rapproche assez parfois des formes raffinées du grand Milo Manara. Avec ses couleurs douces et clairs, ses décors délicatement peints et ses créatures féminines aussi plantureuses que charmantes, délicates et avides, il retranscrit parfaitement ce mélange des genres, cette vision très en chairs de la Fantasy.
Les dessins affichent parfois encore quelques inégalités, les scénarios résonnent essentiellement comme des pitch prétextes, mais les lecteurs savent ce qu’ils sont venus chercher.