OLDMAN T.1

奧德曼 – Taiwan – 2013
Genre : Aventure, Fantastique
Dessinateur : Chang Sheng
Scénariste : Chang Sheng
Nombre de pages : 360 pages
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 11 février 2026
LE PITCH
Dans un pays lointain règne une Reine sur laquelle le temps n’a pas de prise. Au fond de ses geôles croupit Billy Oldman, un vieux magicien accusé de trahison et qui, derrière ses tours de passe-passe, cache une vérité tragique. Un destin auquel semble lié le secret de l’éternelle jouvence de la Reine… Mais aujourd’hui, l’heure est venue de rendre des comptes. Grâce à ses talents d’illusionniste, Oldman s’évade et délivre au passage une autre âme abîmée : Rebecca, une ancienne générale amputée qui retrouvera sa force d’antan grâce à l’art de Wilson, anatomiste excentrique et concepteur d’automates.
Ô vieillesse ennemie
Suite au succès de la dernière série de l’auteur, Yan, Glénat semble s’être lancé dans une réédition en règle des anciens grands titres de Chang Sheng. Reprenant le format du précédent Baby, Oldman autrefois distribué par Kotoji se présente désormais en deux volumes intégrale et grand format.
Ce tome 1 se structure alors en deux parties bien distinctes. La première sert véritablement d’introduction présentant les quatre personnages atypiques qui forment le groupe de protagonistes disparates de la série. D’un coté Billy Odlman, sorte de Comte de Monte Christo aux larges talents d’illusionniste qui profite de son évasion de prison pour délivrer Rebecca, guerrière autrefois réputée et craint mais aujourd’hui amputée de ses quatre membres. Ils vont s’allier avec le Dr Vincent, anatomiste et passionné d’automates qui dote la dame de membres articulés ultra-puissant. Ne reste plus qu’à attendre l’arrivée de Neleh, étrange jeune fille qui se dit détentrice d’information sur leurs avenirs. L’ennemi ici n’est autre que la reine du royaume, échappée d’un vieux conte de fée, dont la jeunesse semble éternelle. A la seconde partie du volume alors de révéler dans un long flashback les origines de la tragédie de Oldman et de lever le voile sur ses liens avec la souveraine, mais aussi avec cette adolescente qui le considère comme sa fiancée. Les évènements s’enchainent souvent très rapidement dans Oldman et on sent bien que l’auteur bouillonne d’idée, d’envie et de références pour construire cette étrange fable quelque-part entre le récit de magie façon Le Prestige, l’action médiévale et le délire pulp aux greffes parfois bien étranges.
Le maitre du temps
Ainsi, le royaume qui se présente comme une extrapolation moyenâgeuse période élisabéthaine (costumes de la cours, armures de chevaliers…), pioche allègrement aussi de nombreux éléments de l’ère victorienne (armes à feu, scènes au théâtre de magie…). On peut aussi se demande comment le si recherché Oldman peut se mettre en scène ouvertement un an seulement après sa fuite. Le scénario ne manque pas d’incongruités et il faut clairement être tolérant pour accepter les constants mélanges des genres, les ruptures de ton (du très grave à l’humour graveleux inutile), cependant les personnalités plutôt bien ancrée des personnages, et en particulier du très charismatique Oldman, maintiennent l’attention. Il faut dire que Chang Sheng, adepte d’un trait pointu, très détaillé et tirant parfois vers un hyperréalisme, finalement assez courant du coté de l’école chinoise, n’hésite pas à s’inspirer de figures réelles pour caractériser ses héros. Impossible en effet de ne pas reconnaitre chez Oldman, que ce soit dans les postures, les attitudes ou les traits du visage la noblesse impeccable de l’immense Sean Connery. D’où certainement la sensation parfois de lire une adaptation BD d’un film hollywoodien plutôt chaotique, blockbuster aux poursuites et scènes d’actions percutantes et carrées, et où chaque image semble léchée à l’extrême.
Même si Oldman n’est pas sans défauts, il y a une certaine élégance dans tout cela et les illustrations forcent le respect.




