MURDER FALCON

Murder Falcon #1-8 – Etats-Unis – 2018 / 2019
Genre : Action, Fantastique
Dessinateur : Daniel Warren Johnson
Scénariste : Daniel Warren Johnson
Nombre de pages : 272 pages
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 27 août 2025
LE PITCH
Le monde est attaqué par des monstres et la vie de Jake s’effondre : son groupe de musique est dissout, il n’a pas de copine et pas d’avenir… jusqu’à ce qu’il rencontre Murder Falcon. Il est envoyé par le Heavy pour détruire tout le Mal, mais il ne peut le faire que si Jake déclenche une tempête musicale. Et c’est alors un déchaînement total de kung-fu contre ceux qui cherchent à conquérir la Terre. Ça va déchirer grave !
Hell Yeah !
Désormais aux commandes du relaunch spectaculaire des Transformers, Daniel Warren Johnson mérite largement d’être re-re-redécouvert. Bonne nouvelle, pour ceux qui avaient raté la première édition à sa sortie, Delcourt ressort l’intégrale de Murder Falcon en version augmentée, avec de nombreux croquis et explorations de couvertures bien rock’n roll à la clef. Metal in not dead comme dirait l’autre !
Fans de This is Spinal Tape, Tenacious D and the Pick of Destiny et autre comics ensanglantés du groupe Kiss, cet album est pour vous. Une déclaration d’amour totale et sans barrière au hard rock sous toute ses formes, à la musique de l’enfer et au métal qui fait onduler les longues chevelures viriles. Une histoire improbable tout bonnement dans laquelle le guitariste Jack découvre que ses riffs de guitare peuvent invoquer un guerrier venu d’ailleurs, Murder Falcon, mi-oiseau, mi-homme, mi-machine, dernier rempart contre l’invasion de terribles forces du mal. Jack doit désormais, comme les Blues Brothers et d’autres avant lui, reconstituer son ancien groupe, eux aussi doté d’avatars totalement surdimensionnées, et sauver le monde. Auteur de Space Mullet, The Ghost Fleet, Extremity ou Do A Powerbomb n’est effectivement pas connu pour son sens de la mesure, adorateur de la musique qui crache, du catch et des actionner décomplexés, il s’amuse ici clairement à renouer avec l’esprit de l’âge d’or de la musique métal, à multiplier les clins d’œil fantasy et musicaux jusqu’à entrainer tout ce beau monde pour un concert final au Japon… avec une bonne dose de Kaiju et de robots géants en prime.
« God of Rock, thank you for this chance to kick ass »
L’artiste nous en met constamment plein la tronche jouant de son sens du mouvement, de sa dynamique excitée, de son melting-pot de blockbuster graphique pour embarquer le lecteur dans une aventure totalement excessive, énervée et toujours fun où les plus gros délires sont toujours agréablement câlinés par un second degré totalement assumé. Une BD qui ne se prend jamais au sérieux ? Oui et non. Car derrière ce délire des plus généreux se cache une œuvre profondément sensible qui aborde le lourd sujet de la maladie et de la résilience. Atteint d’un cancer irréversible, Jack avait fini par se couper des autres, perdre le contact avec sa jeune femme, la musique et finalement tout ce qui le faisait tenir à la vie. Cet ultime combat résonne alors comme une revanche sur celle-ci, une reprise en main de ces derniers jours, des retrouvailles avec sa propre flamme et un ultime pied de nez au désespoir ambiant. Au milieu des bastons martelées au percus et assénées à la basse, des massacres de démons géants par des dragons et des mammouths (et pourquoi pas ?) et d’une apocalypse aussi planétaire qu’intime, Murder Falcon cache sous son image de hardos bourrin un énorme cœur qui bat encore furieusement.
Daniel Warren Johnson ne cache pas dans sa postface s’être largement inspiré de moments difficiles qu’il a lui-même vécu et cette sincérité, autant dans l’exploration d’un univers musical et comics tonitruant que dans sa légère réflexion sur la condition humaine et son portrait déchirant d’un brave mec qui retrouve gout à la vie dans l’adversité, va droit au cœur. Les connaisseurs le savent : les métalleux sont de grands sensibles.




