MÉTAL HURLANT N°18 : TRANSHUMANISME, UPGRADE OU CRÈVE

France – 2026
Genre : Science-Fiction
Dessinateur : Collectif
Scénariste : Collectif
Nombre de pages : 276
Éditeur : Les Humanoïdes Associés
Date de sortie : 25 février 2026
LE PITCH
Ici, chez Métal Hurlant, nous sommes persuadés qu’à l’avenir, les modifications corporelles continueront d’évoluer de manière spectaculaire, intégrant de plus en plus les bio et nanotechnologies, ouvrant des possibilités telles qu’elles ne pourront que transformer profondément notre relation au corps. Ces innovations soulèveront sans doute des débats éthiques, de nouvelles questions d’identités individuelles, des évolutions culturelles, d’autres modes de vie, etc. En tout cas, Métal Hurlant n’hésite pas à vous proposer le meilleur, comme le pire, de ce futur cybernétique !
La révolte des hommes machines
L’équipe de rédaction de Métal Hurlant n’a pas fini de farfouiller dans les avenirs les plus sombres et délirants que le présent nous propose. Dans un grand élan d’optimisme Jerry Frissen invite même ses joyeux lecteurs à se réjouir des promesses du transhumanisme… avant que les pages de BD qui suivent ne viennent essentiellement le contredire. Une ironie très métal.
Les numéros de la revue travaillent donc régulièrement des thématiques qui, comme ici, son plutôt bien respectées par le pool d’auteurs sélectionnés. La notion primordiale est dons ce transhumanisme annonçant une transformation profonde de l’identité humaine grâce aux multiples avancées technologiques, mécaniques et informatiques. Un courant philosophique pour lequel l’esprit est le tout et la chair est bien faible. Andres Garrido Martin pousse cette logique jusqu’au bout dans Il faut qu’on parle où la nouvelle mode est justement d’effacer progressivement l’intégralité du corps pour ne plus laisser visible que le système nerveux, un cerveau et des yeux. Une opération qui se fait dans la douleur et dont on peut douter du résultat… Le superbe et baroque Déchets de Calors Dearmas met lui en garde, sous la forme d’un authentique cauchemar Body Horror, contre le devenir des restes de notre identité lorsqu’on choisit d’en évacuer toute laideur, toute imperfection, toute matière abimée. Une volonté de métamorphose qui est d’ailleurs le plus souvent liée à une peur de la vieillesse et de la mort, mais dont le résultat n’est jamais finalement celui qui était souhaité au départ. Dans Upgrade de Valentin Ramon, les machines en profitent pour se débarrasser du principal problème de la planète terre, c’est-à-dire l’humain, tandis que Cole Sanders ironise sur la mainmise des fabriquant sur leurs implants médicaux et les dégâts que cela peut provoquer dans une salle d’opération. Un travail punk et délirant mis en image par l’explosif Jonathan Watshak.
Pièces détachées
L’irone est sans doute encore plus tragique dans les gravures nuits noires de Nihilgene par Jacques Desprès, où la mort n’appartient plus qu’aux riches quand les pauvres eux sont promis à une éternité d’un travail abrutissant. Superbe et brillant. Cette notion de lutte des classes et de fractures qui ne ferait que s’élargir dans un avenir ravagé est aussi au centre de Le Champs des possibles, appel à la rébellion contre les paradis virtuels superbement mis en image par la découverte Constantin Zamfiresco. Une cuvée Métal Hurlant de très haute tenue qui passe allègrement de la poésie graphique sur les derniers instants après la mort (Période de grâce), la naissance d’une arme de destruction massive biologique (Chair à canon), l’avènement de deux entités IA dont l’affrontement pourrait mener à l’anéantissement final (Le Cerveau de dieu), une métaphore volontairement caricaturale de l’attrait du mâle pour la femme machine au détriment de la nature (La Froide étreinte) ou la naissance d’un nouvel univers space opera plus que prometteur dans le Entre chien et loup d’Alex Ristorcelli. Impossible non plus de ne pas évoquer le Ultime Assaut de R.L. Black, imaginant un Poutine maintenu en vie depuis des siècles, régnant sur son empire totalitaire et obnubilé par la guerre, mais désormais piraté par des terroristes pacifistes. Un pur délire aux contours undergrounds et méchamment rocks qui semble tout droit sorti des pages historiques de Métal Hurlant.
Programme particulièrement chargé donc pour ce 18eme numéro de la nouvelle formule de Métal Hurlant, qui bien entendu n’oublie pas ses rubriques habituelles avec les coups de cœurs très personnels d’Otto Maddox (ici on parle de Body Horror et de Schtroumpfs saucisse), le Mange-livres, le vidéo-club, les créations Cyberpunk et même le lancement d’incursions dans les coulisses de la production musicale avec Label. Coté interview, les invités sont ici Nick Bostrom, spécialiste de l’IA et du Transhumanisme et le fabuleux Paul Verhoeven, réalisateur de Total Recall ou Starship Troopers qui revient avec toujours autant d’humour et de distance sur certaines œuvres de sa période américaine, et en particulier la saga Robocop.




