LES ÂGES D’OR DE DONALD T.1

Etats-Unis / Italie – 1943 / 1988
Genre : Comédie, Aventure
Auteurs : Carl Barks, Tony Strobl, Freddy Milton, Giorgio Cavazzano
Nombre de pages : 216 pages
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 2 janvier 2026
LE PITCH
Créé en 1934, colérique, vantard et malchanceux, le canard au béret et costume de marin s’est imposé dans le cœur des lecteurs depuis plus de 90 ans ! Préférant souvent son hamac au travail, souffre-douleur de son oncle Picsou et de son cousin Gontran, Donald, sous ses airs de canard mal embouché, est un vrai gentil dévoué à l’éducation de ses neveux et amoureux transit de la belle Daisy.
Ma vie de canard
Suivant les traces de ses camarades Picsou et Mickey, le premier des canards s’installe à son tour dans la nouvelle collection Disney de Glénat : Les Âges d’or. L’occasion de redécouvrir 10 incontournables des comics consacrés à Donald produits par les meilleurs artistes Disney avec en tête bien entendu l’incontournable Carl Barks.
Auteur et illustrateur incontournable de la galaxie Dolnaldville pendant près de trente ans, signature à laquelle se comparent finalement toutes les suivants, Carl Barks débuta véritablement dans les comics maison en 1943 avec la courte histoire Des couacs et des crôôôôas ! après quelques années très productives du coté de l’animation et des cartoons Disney. Un récit d’autant plus important qu’à la différence de nombreux comics Disney celui-ci repose sur une histoire totalement originale dans laquelle Donald s’efforce vaille que vaille de préserver son potager de corbeaux voraces. L’argument pour une succession de gags autour de cet antagonisme alimentaire qui permet à l’artiste d’imposer immédiatement sa maitrise des nombreuses et explosives expressions du fameux personnage : surprise, colère, abattement, joie… Les cases s’enchainent avec une belle énergie et un dynamisme déjà éprouvé, ouvrant la voie à une véritable petite révolution dans la BD américaine. Un élan qui sera largement confirmé durant les années suivantes et les nombreuses publications qui firent de Donald l’un des comics les plus vendus des années 40/50 comme le prouvent les présents Pique-nique et patatras où les neveux saccagent le rendez-vous romantique de leur oncle avec sa fiancée Daisy, La Nuit du veilleur où malgré un gros souci de sommeil notre héros réussit à déjouer le cambriolage de méchants voleurs de soie dans un hangar, Charivari en délire ! et sa visite dans les coulisses rocambolesques d’un cirque où le plus fameux encore Bobos ou bonbons ? Ce dernier est l’adaptation plutôt fidèle d’un cartoon d’Halloween dans lequel Donald affronte une sorcière alliée à Riri, Fifi et Loulou pour obtenir une importante réserve de bonbons. Devenu rapidement l’un des favoris des connaisseurs, il fut ré-imaginé à partir des storyboards en parallèle de la production de la version animée, avec tout de même l’ajout d’une petite dizaine de page inédites tournant autant d’un cyclope à 6 bras, afin d’étendre l’histoire jusqu’à la trentaine attendue.
La foire aux Couacs
Les années s’écoulent et le talent de l’artiste persiste même si on note une légère évolution de son dessin de Donald, voyant son cou et son bec, au départ plus long que ceux des cartoons officiels, se réduire légèrement pour correspondre aux normes. Mais en 1966, c’est Carl Barks qui est devenu la norme justement, et lorsque Tony Strobl, son ancien assistant, reprend les commandes de la série, avec un titre comme Un si beau compte ! par exemple – énième chasse au trésor pour le compte de l’Oncle Picsou qui tourne inévitablement à la catastrophe – on sent bien que sa narration autant que ses contours renvoient continuellement à Carl Barks. C’est certainement encore plus frappant dans les pages du Grand éternuement, pourtant produit en 1988 et par l’artiste néerlandais Freddy Milton, et sa bien curieuse histoire d’île abritant une fontaine de jouvence (et des pommes de terre qui font vieillir) habitée par un dragon aux éternuement intempestifs, où le style graphique iconique renvoit directement au grand classiques d’autrefois. Au milieu de tout ça la prestation du déjà très atypique Giorgio Cavazzano saute encore plus aux yeux que d’habitude. Dessinateur à la dynamique explosive et déformante typique de l’école italienne, il délivre ici un récit rocambolesque et assez délirant autour d’un aviateur star amnésique laissant surtout l’opportunité à Donald et son cousin beatnick Popo de rappeler l’énergie cartoonesque imparable de leur duo.
Une première sélection sans doute assez homogène finalement, avec une hégémonie évidente du père Carl Barks mais qui ne manque pas de petits classiques du genre et qui ravira les nouveaux lecteurs. Les plus habitués, eux qui connaissent déjà sans doute la plupart de ces pages, pourront cependant trouver une édition de qualité (restauration et impression impeccable) accompagné de long textes de présentation revenant sur les évolutions visuelles et éditoriales, pour chaque épisode proposés.



