LEGION OF SUPER HEROES : THE GREAT DARKNESS SAGA & T.1 MILLENNIUM

Legion of Super-Heroes #287, 289-296, Annual #1, Legion of Super-Heroes Millennium #1-2, Legion of Super-Heroes #1-6 – Etats-Unis – 1982/1983, 2019
Genre : Super-héros
Scénaristes : Paul Levitz, Brian Michael Bendis
Illustrateurs : Keith Giffen, Ryan Sook
Nombre de pages : 280 et 224s
Editeur : Urban Comics
Date de Sortie : 23 octobre 2020
LE PITCH
Jonathan Kent, le fils de Superman est appelé au XXXIe siècle afin de devenir membre de la Légion des Super-Héros : l’équipe composée de jeunes justiciers qui défendent les Planètes Unies. Les rejoint également une immortelle nommée Rose qui a parcouru les époques et assisté de nombreuses fois à la destruction, puis à la reconstruction de la Terre…
Boogaloo dudes
Pas franchement la team la plus connue des lecteurs de comics français, La Légion des super-héros est cependant la plus vaste, enterrant sous le nombre les concurrents de n’importe-quel éditeurs. Une bande à part, venue d’un avenir lointain et lumineux qui est mise à l’honneur par Urban Comics avec la publication conjointe de la nouvelle série en date et d’un feuilleton historique. Le futur à portée de main.
Si son histoire éditoriale française est largement restée cantonnée à quelques tentatives timides du côté de Sagédition, Arédit et d’un volume inachevé chez Semic, La Légion des Super-héros est une institution aux USA où elle a rapidement su séduire les jeunes lectorats et nourrir l’imagination de ses auteurs. Apparus pour la première fois dans les pages d’Adventure Comics en 1958, au détour d’une aventure de Superboy, l’équipe se présente immédiatement comme la représentante d’un loin futur glorieux, à la technologie florissante, où la paix et la compréhension sont devenus la norme grâce à l’exemple historique laissé par l’icône Superman. Un 31ème siècle finalement assez proche des évocations littéraires de l’époque, des divertissements de SF un peu naïf, mais qui surtout va immédiatement parler au lectorat pré-adolescent. Ils se reconnaissent dans cette position affirmée de fans admiratifs, ainsi que dans leur émancipation à venir.
On a tous été ados un jour
Véritable complément de la série Superboy pendant de nombreuses années, La Légion des super-héros fait au départ office de grand divertissements débridés, où les nombreux jeunes super-héros aux noms aussi évocateurs que Saturn Girl, Karaté Kid (sans référence), Colossal Boy, Element Lad, Wildfie, Dream Girl ou Shrinking Violet affrontent quelques menaces cosmiques avec une décontraction typique de ces 60’s américaines encore propre aux fantasmes… Mais en 1980 apparaît dans les rayonnages la série New Teen Titans, véritable révolution éditoriale qui retrouve avec sincérité le lectorat adolescent en traitant ouvertement et frontalement de leurs sentiments et de leurs rapports conflictuels avec les générations adultes. Une métamorphose est en cours et elle est enfin perceptibles dans Legion of Super-Heroes grâce à l’arrivée de l’équipe formée par Paul Levitz et d’un jeune et encore inégal Keith Giffen, qui vont emporter ce sympathique soap-opera spatial (ça passe son temps à s’échanger les partenaires là-dedans) vers une fresque épique qui a depuis pris le nom de The Great Darkness Saga. Outre le fait d’utiliser tous, ou presque, les membres de la fameuse équipe, de se permettre d’en revoir certains costumes, certains avatars tout en jonglant avec leurs interconnexions pas toujours des plus simples, les chapitres savent faire monter graduellement la tension en distillant à coup de batailles de plus en plus grandioses, une menace obscure de plus en plus puissante et envahissante avant d’en révéler l’identité dans la dernière ligne droite seulement. Efficace, avec ce petit quelque-chose des grandes sagas des Uncanny X-Men, même si aujourd’hui l’effet est éventé (le spoiler est sur la couverture) mais qui démontre encore du fabuleux de cette légion, vintage, kitch parfois, mais au potentiel énorme.
New Generation
Une recette que s’efforce de retrouver ces derniers temps le scénariste Brian Michael Bendis qui comme enchaînement logique à ses épisodes de Clark Kent : Superman, faisant intervenir le nouveau Superboy (le fils Jon-El) et son copain Damian Wayne (alias le meilleur Robin), met en avant une nouvelle mouture rebootée de l’équipe. Nouvelle invitation pour Superboy à rejoindre en membre honoraire cette équipe de super-héros teen, mais avec cette fois une ambition beaucoup plus marquée, s’appuyant sur les quelques bonnes idées du crossover Doomsday Clock pour donner une place véritablement centrale à Superman et sa progéniture. Un concept exploré dans les pages de l’ouverture Legion of Super-Heroes Millenium usant de l’inconnue, mais immortelle, Rose et L’épine, pour traverser à vitesse grand V les différentes visions futuristes de DC Comics. Batman Beyond, Kamandi… les apocalypses et les renaissances se succèdent et vont devenir le point névralgique de la série on-going à venir. Intéressant pour le moins, pertinent sans doute aussi parce que Bendis réussit à retrouver du même mouvement la décontraction d’autrefois, ne perdant de vue ni l’âge de ses héros (tchatcheurs, poseurs, colériques…) ni les couleurs pops et flashy des origines qui siéent si bien d’ailleurs à l’illustrateur Ryan Sook. Une nouvelle série pleine de pep’ et d’énergie qui réussit le mariage entre l’esprit d’origine et une modernité (dans le ton et les thématiques parfois politique), ce qui est un peu devenu la signature de Bendis depuis son arrivée chez DC.




