LE DERNIER DES DIEUX T.1

The Last Gods #1-3 – Etats-Unis – 2019
Genre : Fantasy
Scénariste : Phillip Kennedy Johnson
Illustrateur : Riccardo Federici
Pages : 96
Editeur : Urban Comics
Date de Sortie : 12 mars 2021
LE PITCH
La légende disait la chute du Dieu du vide.
La légende chantait la victoire des Traquedieux.
La légende proclamait la libération de Cain Anuun.
Mais bien rares sont les légendes à dévoiler toute la vérité.
Chants perdus
Autre publication de la gamme grand format d’Urban, Le Dernier des dieux met en avant une grande quête de High Fantasy, un récit épique et glorieux dont la force réside essentiellement dans le travail graphique imposant de Riccardo Federici.
Un artiste italien d’envergure qui avait fait ses premières marques en reprenant la suite de Serpieri (excusez du peu) sur les deux derniers volumes de Saria avant de s’envoler assez logiquement du côté des Etats-Unis question de donner plus de prestance à des titres comme Aquaman Rebirth ou Batman Metal. Artiste de BD à l’ancienne, plus peintre qu’illustrateur, il démontre une nouvelle fois la richesse de son style dans Le Dernier des dieux, exploration assez classique de l’Heroic Fantasy, qu’il teinte à la fois d’une forme parfaite et anatomique influencée par les grands maitres de la renaissance, d’une dynamique iconique à la Frazetta et de débordements plus sombres et horrifiques faisant de nouveau le lien avec le mentor Serpieri. Un ouvrage magnifique, particulièrement impressionnant lorsqu’ils se jette au cœur de batailles épiques entre les quelques héros et des créatures mort-vivantes gigantesques. Entre les peintures bucoliques de paysages presque paradisiaques et la déliquescence d’un empire envahi par les rejetons d’un dieu contaminant le monde tel un virus (Druuna ?).
Enluminures
L’album se donne ainsi parfois des airs d’artbook, mis en valeur il est vrai par une très belle édition qui couple les planches avec des récits fondateurs en proses, des traductions de chants populaires et autres documents censés venir étoffer l’univers de la série. Un univers qui se veut foisonnant, complet et étendu par son auteur Phillip Kennedy (Last Sons of America) qui multiplie les références aux temps d’autrefois, aux légendes enfouies, et qui compose son récit sur deux temporalités parfaitement imbriquées. La bonne idée de Le Dernier dieux est ainsi justement de jouer sur les grandes lignes attendues d’une aventure à la Tolkien, avec sa communauté héroïque et le grand mal vaincu quelques décennies plus tôt, pour mieux venir en questionner la crédibilité, la réalité, et ainsi mettre à mal la légende. Plutôt intéressant dans les faits, mais un peu creux malheureusement dans la pratique tant le scénario reste constamment en surface des évènements et de ses personnages. Là où on aurait apprécié une fresque sur la culpabilité et la rédemption, une illustration frappante de la chute des grands héros, la lecture passe rapidement sur les motivations des seigneurs vieillissants et la perte des illusions du nouveau héros (on ne se souvient même pas de son nom) mélange entre la masse d’un Conan et la rébellion de Spartacus.
Atteignant ce mois-ci sont douzième chapitre aux USA avec l’annonce d’un probable second livre, Le Dernier des dieux prend peut-être trop ses aises pour laisser le temps au lecteur d’apprécier les planches de Federici.