LADY KILDARE T.1

Aria, the magic of Aria 1 à 4 + Aria & the Angel 1 & 2 + Aria, Midwinter’s dream – Etats-Unis – 1999/2002
Genre : Fantastique
Scénaristes : Brian Holguin, Brian Haberlin
Illustrateur : Jay Anacleto
Pages : 192
Éditeur : Delcourt
Date de Sortie : 14 avril 2021
LE PITCH
Imaginez un monde où les fées, les elfes, les démons et les magiciens existent vraiment. Ayant quitté les sous-bois de Faerie, ils se sont installés à New-York et mènent grand train dans les fêtes nocturnes qui animent la métropole, où la belle Lady Kildare – surnommée Aria – rayonne de mille feux. Un vrai conte de fée ?… Pas certain… C’est même l’horreur au pays des fées !
Joli brin de voix
Publié partiellement par Semic en 1999, la série The Magic of Aria est désormais rééditée par Delcourt sous le titre Lady Kildare. Un changement opéré afin de ne pas créer de confusion avec la série de Michel Weyland, mais qui n’a bien entendu en aucune façon diminué la beauté des peintures signées Jay Anacleto.
Quelques années avant l’explosion de Fables, mais aussi quelques mois avant qu’Alan Moore n’insuffle de la féerie dans sa Ligue des Gentlemen Extraordinaires, The Magic of Aria crée par Brian Holguin (Spawn Dark Ages) imaginait un monde tout ce qu’il y a plus de réel qui aurait connu de nombreuses incursions de créatures magiques (elfes, demi-dieux…) et en particulier des fées dont Lady Kildare serait l’une des plus fières représentantes. Une princesse soit, mais qui préfère le monde des humains, crasseux, violent mais vivant, à celui trop figé de son peuple. Une superbe héroïne, au port et à la stature de mannequin (Images Comics… les 90’s…mais sans le coté bimbo), certes extrêmement sexy, mais qui se donne surtout des allures de détective du surnaturel, pas bien loin en somme du modèle John Constantine. Un croisement un peu contre-nature entre Fantasy et polar aride, avec une belle pincée d’horreur satanique, qui donne à la première mini-série une tonalité particulière, séduisante et inquiétante.
Magies noires
Une atmosphère d’autant plus réussie qu’elle marqua la découverte du travail somptueux de Jay Anacleto (Marvels Eye of the Camera, Red Sonja, Warlord of Mars) qui justement tranchait avec le tout venant de cette amorce des années 2000. Des planches peintes comme des tableaux, un trait excessivement réaliste mais toujours assez doux et une colorisation directe qui permet de glisser constamment d’un monde à l’autre, d’une texture polar à un voyage plus libre dans des mondes rêvés. Si la trame principale rejoue la carte d’un esprit du mal sur le retour, menaçant d’anéantir les mondes, le travail visuel lui donne une portée bien plus mémorable et inscrit ce monde, et ces personnages, durablement dans les mémoires. Ces sensations sont encore plus vives sur l’inédit (en France) Aria / Angela, croisant les aventures de Lady Kildare avec celles d’une ange (la Angela de Spawn mais désormais anonyme pour des questions de droit) prisonnière d’un cirque des monstruosités. Un décorum évocateur, une montée en puissance vite réduite à une conclusion emballée en quelques planches, ne gâchera pas une rencontre détonante entre deux héroïnes aussi charismatiques, et particulièrement en beauté, où là encore les meilleurs effets viennent du dessinateur. Entamant ici une intégrale longtemps attendue par les fans, Delcourt achève fièrement son premier volume avec le hors-série Aria, Midwinter’s Dream, compilation de récits en prose consacrés à Lady Kildare, Pug ou Ondine, mettant surtout l’accent sur les contours oniriques de cet univers.