LA VÉRITABLE HISTOIRE DU WESTERN T.8 : O.K. CORRAL

France – 2025
Genre : Western, Drame
Dessinateurs : Thomas Tcherkézian, Scietronc, Rey Macutay
Scénariste : Jean-David Morvan
Nombre de pages : 56 pages
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 25 juin 2025
LE PITCH
Territoire de l’Arizona, 1881. Dans la petite ville de Tombstone, les instincts se libèrent et opposent bientôt deux factions rivales : les frères Earp, qui se sont érigés en défenseurs du maintien de l’ordre malgré une réputation sulfureuse, et le gang Clanton-McLaury, des cow-boys auxquels on attribue une série d’assassinats, de lynchages et de vols.
L’heure de gloire
Collaboration entre la maison Glénat et Fayard, la collection La Véritable Histoire du Western nous fait revivre les grandes heures et les grandes figures de l’ouest sauvage, ses héros, ses cowboys et ses desperados les plus célèbres comme Jesse James, Little Big Horn ou Calamity Jane. Pour son huitième volume, la série s’attarde, enfin, sur la plus célèbre fusillade du Far West : O.K. Corral.
Un gunfight entre la famille Earp et le gang Clanton-McLaury entré dans la légende et devenu le sujet de nombreux films, romans et autres BD. Tout le monde connait O.K. Corral, au moins de nom, le terme étant même devenu une expression symbolique de tension et de résolution dans le sang. Pourtant cette dernière n’a véritablement durée que quelques minutes, duel au soleil quelque peu improvisé, quelque peu précipité, qui n’aura d’ailleurs même pas totalement résolu cette guerre ouverte entre les deux clans. Peu importe, comme le raconte parfaitement Jean-David Morvan (créateur de Sillage et auteur de la récente adaptation de L’Armée des ombres) la légende s’est façonnée avec le temps mais aussi avec la persévérance du véritable Wyatt Earp qui aura épanché son récit dans une biographie officielle (qui ne sera finalement publiée qu’après sa mort) et n’aura eu de cesse d’essayer d’intéresser le petit monde d’Hollywood à son histoire. Alors conseillé technique sur quelques westerns muets, il rencontra ainsi John Ford et un tout jeune John Wayne. L’album s’ouvre d’ailleurs par ce biais avec une poignée de première page exposant de la manière la plus spectaculaire qui soit la grande fusillade, sans dialogue, brute, sauvage et spectaculaire, avant de révéler qu’elle n’était que le récit de Wyatt Earp lui-même.
Lawmen
La suite s’apparentera essentiellement à un long flashback basé effectivement sur quelques faits historiques connus, où l’auteur peut d’ailleurs se permettre de revenir sur les premières années moins glorieuses et plus chaotiques de l’homme de loi (chercheur d’or, petit truand, régisseur d’une maison de passe avec l’un de ses frères…), avant de débarquer à Tombstone, théâtre des évènements les plus connus, où le mythe ne cesse de se mélanger avec le réel, réécris par le point de vue de son narrateur tout à fait subjectif. On y reconnait quelques hommages aux adaptations cinés bien connus et leurs élans romanesque (Tombstone avec Kurt Russel, Wyatt Earp avec Kevin Costner…), mais ce O.K. Corral là est tout autant un témoignage historique comme vient le rappeler le cahier documentaire supplémentaire, avec de nombreuses photos d’époque, où vient se superposer une nouvelle fois sur l’image d’une époque et de figures souvent fantasmés. On aurait alors pu s’attendre à un traitement visuel plutôt réaliste, en forme de trait d’union avec les grands classiques de la BD western comme Bluebbery ou Durango, mais il s’agit ici d’un travail à six mains qui se dirige plutôt vers une certaine modernité, des contours semi-réalistes avec un accent certain vers la stylisation, les formes fluides et la dynamique. Scietronc (Le Moine mort, Magnum Generation (s)…)et Rey Macutay (Ravage) signent des illustrations tout à fait convaincantes et éloquentes, tandis que Thomas Tcherkézian (Missak, Mélinée et le groupe Manouchian) assure un découpage nerveux et resserré (les évènements s’enchainent souvent très rapidement) grâce à son storyboard.
Avec Jean-David Morvan, ils forment une belle équipe d’hommes de main de la BD en tous cas.




